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Révélations : Touadéra et Dondra accusés par les travailleurs d’avoir détourné 72 milliards de Fcfa de la communauté internationale destinés à l’apurement des arriérés de salaires

CENTRAFRIQUE: DÉTOURNEMENT PRÉSUMÉ DE 72 MILLIARDS DE FCFA DON DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE POUR APURER LES ARRIÉRÉS DE SALAIRES PAR LE RÉGIME TOUADÉRA: LES TRAVAILLEURS EN COLÈRE DÉCIDENT D’ENTRER EN GRÈVE
Le samedi 14 septembre dernier, on a encore assisté à 2 assemblées générales parallèles des travailleurs à la Bourse de travail: celle de l’Intersyndicale de Centrafrique (ISYCA) dirigée par Oumarou Sanda-Bouba et celle du Groupement syndical des travailleurs de Centrafrique (GSTC) dirigée par Firmin Zoh-Ponguélé. A l’unanimité, les bases des deux organisations syndicales respectives ont décidé d’un mot d’ordre de grève à exécuter le lundi 16 septembre comme initialement retenu lors des précédentes assemblées générales, mais les leaders syndicalistes de l’ISYCA sont divisés à propos alors que leur propre base est pour et déjà partante. Reportage.
LE GSTC ENTRE EN GRÈVE
Pour le GSTC, la décision de la grève de 3 jours du lundi 16 au mercredi 18 est maintenue, surtout que la rencontre des leaders syndicaux du vendredi 13 septembre avec le Premier ministre, chef du gouvernement, « a accouché d’un cafard » (sic). En effet, du compte rendu fait par le bureau du GSTC à l’AG concernant la rencontre des leaders syndicaux avec le PM à la demande de ce dernier, il ressort que:
-le Premier ministre aurait déclaré aux leaders syndicaux que le chef de l’Etat respectera la promesse qu’il a faite de payer graduellement trois (3) mois des arriérés de salaires de 2002 d’ici la fin de cette année, et qu’un (1) mois sera bientôt payé;
-le Premier ministre aurait demandé aux leaders syndicaux de lui laisser du temps avant de donner la position du gouvernement par rapport aux autres points de revendications;
-le Premier ministre aurait demandé aux leaders syndicaux de conscientiser leurs bases pour ne pas perturber la rentrée scolaire prévue le lundi 16 septembre, de ne pas faire des enfants et de la jeunesse les éternelles victimes, de « ne pas hypothéquer leur avenir »;
-sur tous les points de revendications des centrales syndicales déposés sur la table du gouvernement en mai, Firmin Ngrébada n’aurait donc retenu que le point relatif aux arriérés de salaires et voudrait ne payer qu’un (1) seul mois des arriérés de 2002 restants, ce à quoi les leaders ont été unanimes pour dire NIET. « Au moins trois (3) mois cash ou rien !» (sic), auraient rétorqué les hôtes du chef du gouvernement, lesquels voulaient aussi être fixés sur les autres points des revendications apparemment bottés en touche par le gouvernement.
« Le PM n’a pas parlé de nos revendications point par point. Il n’a même pas évoqué ou proposé une simulation sur l’augmentation des salaires par exemple. Plus grave, il nous a renvoyés à un nouveau round de négociations. Puisqu’il n’a pas fait de propositions concrètes, nous avons compris qu’il n’a fait que du baratin et des manœuvres dilatoires», a balancé Zoh-Ponguélé.
Après avoir entendu ce compte rendu, la base du GSTC n’a pas caché sa colère face à leur « négligence par le président Touadéra » (sic) et a décidé d’entrer en grève d’avertissement de 3 jours les lundi 16, mardi 17 et mercredi 18 septembre 2019. Entre temps, des interventions des participants ont révélé que:
-les partenaires internationaux que sont le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM) et l’Union européenne (UE) ont contribué à hauteur de 72 (SOIXANTE DOUZE) MILLIARDS DE FCFA pour l’apurement des arriérés de salaires et pensions en République centrafricaine. « Le président Touadéra et les gouvernements Sarandji et Ngrébada doivent des explications au peuple sur ce qu’ils ont fait de cette manne financière. Cela s’apparente à un détournement » (sic);
-le gouvernement aurait ponctionné une partie des fonds destinés à (i) apurer les arriérés de dettes intérieures dues aux agents publics (salaires) et fournisseurs de l’Etat, et à (ii) mettre en œuvre le Plan de relèvement et de consolidation de la paix en Centrafrique (RCPCA) pour financer les activités du parti MCU et de ses milices (Mouvement des requins et autres), ainsi que des groupes armés, dans la perspective des prochaines élections;
-«le président Touadéra et ses ministres voyagent trop, avec des caisses d’avance et frais de missions exorbitants, alors qu’il y a des urgences sociales et sécuritaires à résoudre » (sic);
-il y a trop de discriminations dans le traitement des fonctionnaires et agents de l’Etat au niveau de l’Administration publique où seuls les militants et cadres du parti MCU et les parents des hautes personnalités du pays ont voix au chapitre;
-l’absence de décrets d’application des lois portant Statut général de la Fonction publique et du Code du travail crée une insécurité juridique chez les travailleurs du secteur public comme du secteur privé. Et bizarre que le Premier ministre, chef du gouvernement, qui est pourtant un Inspecteur de travail et des lois sociales, ne se rend pas compte de cette énormité.
Autant de révélations qui ont fait monter la colère au sein des participants à l’Assemblée générale.
Il convient aussi de signaler que beaucoup de travailleurs non syndiqués et syndiqués, membres des autres centrales syndicales, ainsi que les leaders des syndicats autonomes comme ceux des conducteurs des taxis et bus, ont participé massivement aux côtés de leurs camarades travailleurs du GSTC à l’assemblée générale présidée par l’intrépide Firmin Zoh-Ponguélé. Ils sont tous repartis avec une seule décision et une seule idée en tête: la cessation du travail du lundi au mercredi prochain. En guise d’avertissement au gouvernement qui a été traité de tous les noms d’oiseau au cours de cette assemblée générale.
L’INTERSYNDICALE DÉPHASÉE
La « grande assemblée générale » de l’Intersyndicale de Centrafrique (ISYCA) convoquée par les leaders de 19 centrales syndicales réunies, pour donner la parole à la base de se prononcer sur le comportement du gouvernement face aux points de revendications déposés sur la table du gouvernement depuis le mois de mai dernier, n’a pas porté satisfaction à tous les syndicalistes et singulièrement la base qui voulait absolument aller en grève sans attendre un quelconque préavis.
Dans ses propos liminaires, le coordonnateur M. Oumarou Sanda-Bouba, a rappelé les points de revendications qui ont fait l’objet de négociations avec le gouvernement et consignés dans le Rapport remis au gouvernement en mai 2019, à savoir:
-augmentation des salaires de 40%;
-publication des décrets d’application du Statut général de la Fonction publique et de la loi n004/09 portant Code du travail;
-intégration massive des jeunes diplômés dans la Fonction publique;
-revalorisation des taux de pensions;
-révision à la hausse du smig et smag.
« C’est la désolation quant au silence du gouvernement face à ces points de revendications », a déclaré d’emblée l’orateur. Pour Sanda Oumarou en effet, c’est depuis quatre mois que les leaders syndicaux attendent la position du gouvernement sur ces points précis.
« Si nous n’avons pas voulu réagir tôt face au comportement du gouvernement qui brille par son silence vis-à-vis des préoccupations des travailleurs centrafricains, cela n’est pas un signe de faiblesse. Il était simplement question pour nous de laisser le temps au gouvernement de s’organiser afin de prendre en compte le social des populations. Mais le gouvernement a assez démontré sa mauvaise volonté face à nos légitimes revendications », a lâché le leader syndical. Comme toute patience a des limites, le but de la rencontre de ce jour est de donner la parole à la base pour décider face à une telle situation. Car tout porte à croire que l’attention du gouvernement n’est focalisée que sur la sécurité, et que les groupes armés sortent toujours vainqueurs. Le gouvernement néglige le côté social de la crise qui, pourtant, concerne également toute la population.
Des interventions de la base de l’ISYCA, il appert que:
-depuis le retour à l’ordre constitutionnel, tout baigne dans la mal gouvernance en RCA. L’argent donné par les bailleurs de fonds ne sert qu’à faire pousser les maisons et villas comme des herbes dans la capitale et sa périphérie, à engraisser et à enrichir une oligarchie cupide et prédatrice aux commandes de l’Etat. « Le régime ne fait que brouter sur le dos des pauvres Centrafricains qui ploient sous la misère noire» (sic);
-le gouvernement a assez roulé les travailleurs dans la farine. Il persiste dans sa politique de mensonge, prétextant ne pas disposer de moyens alors qu’il en a qu’il ne fait que dilapider;
-le gouvernement est dans la démagogie parce qu’à chacune des rencontres, c’est le même son de cloche du genre: «Vos revendications sont légitimes. Mais on ne peut pas tout prendre en compte. Il s’agit d’aller progressivement pour trouver des solutions à toutes vos revendications» (sic);
-il est temps d’agir car la politique du gouvernement n’est pas pour résoudre les problèmes des travailleurs parce que ceux-ci ne disposent pas d’armes comme les groupes armés;
-le Premier ministre insulte les fonctionnaires lorsqu’il déclare qu’il ne voudrait pas voir « les gens dans la rue pour la grève» (sic);
-l’homme a trois juges: la conscience, la loi et le Dieu. Or, «le régime Touadéra n’agit pas sur la base d’un de ces trois juges. Sinon, on n’insulterait pas les retraités en les taxant d’improductifs. Ils ont travaillé et méritent une récompense sur le fruit de leur labeur. Malheureusement, certains sont allés à la retraite avec des arriérés de salaires et aujourd’hui, ils ont encore des arriérés de pensions alors qu’à la Présidence de la République, à la Primature et à l’Assemblée nationale, les gens vivent dans l’opulence pour ne pas dire au paradis terrestre. Le gouvernement excelle dans le mensonge et la duplicité » (sic);
-le président dit qu’il va payer 3 mois d’arriérés de salaires d’ici décembre. D’ici là, combien vont mourir avant cette date sans voir cette promesse se réaliser? Non, il doit payer cash
Il convient de signaler que dans cette vague des dénonciations de la mal gouvernance du régime en place, les syndicalistes ont prouvé en pleine AG un cas de mal gouvernance et de népotisme patent, en présentant en public un ordre de paiement (O.P) signé le 08 février 2018 au nom de dame Dondra à qui le Trésor public a payé les arriérés de salaires avant tous les autres fonctionnaires, pour un montant de plus de 2.000.000 (deux millions) de FCFA. La copie de l’O.P a été remise au bureau de la coordination comme preuve.
Un travailleur militant de première heure de l’USTC partisan de la grève à tout prix casse l’œuf et déclare, avec un ton gravissime: «Cessons de tourner autour du pot. L’injustice est criarde et insupportable. Car, pendant que le bas peuple souffre, les princes de ce pays se régalent allègrement sur le dos des pauvres. Les arriérés de salaires de 2002 payés à Mme Dondra avant tout le monde prouvent suffisamment que les 72 milliards de FCFA alloués pour l’apurement des arriérés ont subi un siphonnage, ils ont été détournés à d’autres fins. Certains ont déjà perçu leurs arriérés. Nous devons nous aligner tous derrière le GSTC pour la grève le lundi pour que nos droits soient respectés. Même si nous ne sommes pas du GSTC, nous avons l’obligation morale de ne pas travailler les lundi, mardi et mercredi pour que le gouvernement sache que nous sommes aussi des êtres humains dignes de respect» (sic). Applaudissements nourris dans la foule.
Sur ce, la base de l’ISYCA dans son écrasante majorité a décidé d’aller en grève ensemble avec le GSTC dès le lundi. Mais pour le bureau de la coordination de l’ISYCA, il ne s’agit pas de « faire le suivisme » (sic). Car, la «RCA est un Etat de droit. Si grève il y a, nous devons la mener dans la légalité en déposant au préalable un préavis de grève et attendre la réaction du gouvernement. Le préavis de grève sera déposé le lundi 16 septembre 2019. Je ne suis pas contre la grève, mais je refuse de drainer les foules dans le désordre et le suivisme sans repère», a réagi Oumarou Sanda-Bouba, coordonnateur de l’ISYCA. Ces propos ont été critiqués par la base qui l’a hué.
Parmi la foule, certains ont traité les membres du bureau de la coordination de l’ISYCA de « traitres », de « corrompus », de « vendus », etc. L’AG est terminée en queue de poisson.
Interrogé hier dimanche 15 septembre par notre rédaction, le coordonnateur Oumarou Sanda-Bouba a confirmé que le préavis de grève de l’ISYCA sera déposé ce matin du lundi 16 septembre, jour où le GSTC soutenu par les travailleurs des autres centrales est censé être en grève qui va durer 3 jours.
Affaire à suivre.
Jacques Emmanuel Ngue, MEDIAS+

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