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CENTRAFRIQUE: LE PRÉSIDENT TOUADÉRA DE PLUS EN PLUS DÉTESTÉ PAR LES TRAVAILLEURS: 2 ASSEMBLÉES GÉNÉRALES SYNDICALES PRÉPARENT SON DÉPART COMME AU TEMPS DE KOLINGBA

CENTRAFRIQUE: LE PRÉSIDENT TOUADÉRA DE PLUS EN PLUS DÉTESTÉ PAR LES TRAVAILLEURS: 2 ASSEMBLÉES GÉNÉRALES SYNDICALES PRÉPARENT SON DÉPART COMME AU TEMPS DE KOLINGBA
La Bourse de travail était bourrée de monde ce matin du samedi 07 septembre 2019. A l’unissons et comme un seul homme, les travailleurs, ceux du secteur public remarquablement majoritaires, ont pris d’assaut leur lieu de réunion et de concertation. Et contre toute attente, c’est deux Assemblées générales (AG) syndicales qui se sont tenues concomitamment: celle de l’Intersyndicale de Centrafrique (ISYCA) et celle de l’intrépide Groupement syndical des travailleurs de Centrafrique (GSTC) qui passe pour être l’unique centrale syndicale patriotique et représentative des aspirations profondes et réelles des travailleurs de la République centrafricaine.
En toile de fond, les revendications sociales légitimes pourtant aux yeux des autorités centrafricaines, mais négligées par les princes qui nous gouvernent. Pour preuves balancées par les travailleurs et les observateurs de la vie publique centrafricaine:
-le refus du gouvernement de payer les arriérés de salaires de 2001 et 2002 pour lesquels la totalité de la somme due a pourtant déjà été décaissée au gouvernement par les partenaires financiers bien connus;
-le refus du gouvernement de donner suite aux revendications des travailleurs contenues dans le rapport final des négociations gouvernement/syndicats, rapport remis au gouvernement depuis mai 2019;
-les menaces de sanctions qui pèsent sur les travailleurs au motif de refus de rejoindre leurs lieux d’affectation, alors que ni les magistrats ni les forces gouvernementales ne sont présents sur les lieux pour garantir la sécurité des travailleurs, notamment dans les zones confiées aux chefs des groupes armés par le président Touadéra et le gouvernement, et que nombreux sont les travailleurs qui sont dans les couloirs et donc en attente d’affectation.
Face à ces situations, les travailleurs ne se font pas prier pour dire ce qu’ils pensent, dénoncer l’irresponsabilité du gouvernement et faire des révélations troublantes. Ainsi, tout a été dit et tout, ou presque, est sorti de la Bourse du travail ce samedi 7 septembre, comme bien avant cette date d’ailleurs.
Concernant les arriérés de salaires, les travailleurs sont formels et catégoriques: « L’ARGENT REMIS AU GOUVERNEMENT PAR LES PARTENAIRES INTERNATIONAUX DONT LE FMI ET LA BANQUE MONDIALE, A ÉTÉ PLACÉ DANS LES BANQUES DE LA PLACE PAR LE PRÉSIDENT TOUADÉRA, SON ANCIEN PREMIER MINISTRE SARANDJI ET LE MINISTRE DES FINANCES DONDRA, POUR GÉNÉRER DES BÉNÉFICES Á LEURS SEULS PROFITS », déclare un syndicaliste des Finances.
Cela sonne si vrai que les délégués des fonctionnaires retraités disent à qui veut entendre qu’ils ont été reçus plusieurs fois par les représentants des bailleurs de fonds qui leur ont dit que le gouvernement a déjà reçu tout ce qu’il faut pour payer les arriérés de salaires des années 2001 et 2002, mais qu’il n’appartient pas à ces bailleurs de fonds de faire pression pour que cela soit liquidé en faveur des ayants-droit.
«ILS ONT DÉTOURNÉ L’ARGENT EN LE PLAÇANT Á INTÉRÊT POUR LES PROCHAINES ÉLECTIONS. ILS VONT ATTENDRE LA VEILLE DES ÉLECTIONS POUR PAYER CES ARRIÉRÉS POUR EN FAIRE UN ARGUMENT DE CAMPAGNE ÉLECTORALE, MAIS NOUS NE SOMMES PAS DUPES. NOUS FAIRE SOUFFRIR AVANT DE NOUS REMETTRE NOS DUS ET CONDITIONNER ENCORE CELA AUX ÉLECTIONS ALORS QUE NOUS AVONS DES PROBLÈMES URGENTS Á RÉSOUDRE, C’EST UNE MANIÈRE DE NOUS NÉGLIGER MAIS ÇA NE VA PAS SE PASSER COMME ÇA. LES TRAVAILLEURS NE VOTERONT PAS POUR LES PRÉDATEURS, LES ALLIÉS DES GROUPES ARMÉS ET LES MALTRAITEURS DU PEUPLE. NOUS SAVONS TOUT CE QUI SE PASSE DANS CE PAYS MAIS QUE TOUADÉRA SE RAPPELLE DE CE QUI ÉTAIT ARRIVÉ Á KOLINGBA: CELUI-CI ÉTAIT AU POUVOIR, IL AVAIT DE L’ARGENT DONT CELUI DES PIERRES PRÉCIEUSES, LES MILLIARDS DE TAÏWAN ET L’ARGENT DU DVA QU’IL AVAIT DÉTOURNÉS; IL AVAIT LES FORCES PUBLIQUES AVEC LUI, IL AVAIT SES PROTECTEURS FRANÇAIS DONT LE COLONEL MANSION; IL AVAIT SON TOUT PUISSANT PARTI, LE RDC, INSTALLÉ PARTOUT SUR LE TERRITOIRE; IL AVAIT DES MINISTRES, PRÉFETS, SOUS-PRÉFETS, MAIRES, CHEFS DE GROUPES ET CHEFS DE VILLAGES ET QUARTIERS ACQUIS Á SA CAUSE. MAIS IL A ÉTÉ BATTU DÈS LE PREMIER TOUR DEUX FOIS DE SUITE, EN 1992 ET EN 1993. IL N’ÉTAIT MÊME PAS CLASSÉ 3è. C’EST CE QUI VA ARRIVER Á TOUADÉRA MÊME S’IL A AVEC LUI LES RUSSES RÉPUTÉS GRANDS FRAUDEURS DES ÉLECTIONS », déclare sans ambages un des délégués des fonctionnaires réputé une des figures emblématiques de la lutte syndicale des années Kolingba.
Si le gouvernement n’a pas donné suite au Rapport des négociations entre le gouvernement et les syndicats déposé sur sa table depuis plus de trois mois déjà, c’est que ni le Premier ministre ni le chef d’Etat n’ont la volonté d’améliorer les conditions de vie des travailleurs, puisque ce sont les deux têtes de l’Exécutif qui doivent décider, martèlent Oumarou Sanda-Bouba et Firmin Zoh-Ponguélé.
Les deux leaders syndicaux disent par ailleurs qu’ils ne peuvent plus maîtriser leurs bases qui sont très mécontentes et qui ne veulent qu’aller à une grève générale illimitée, tant que le gouvernement ne répond pas favorablement avant le 14 courant à leurs principales revendications, à savoir:
1-augmentation des salaires de 40%;
2-apurement des arriérés de salaires et de pensions avec l’argent déjà disponible;
3-publication des nouveaux Décrets d’application des lois portant Statut général de la Fonction publique et du Code du travail;
4-révision en hausse du smig et du smag;
5-revalorisation des taux de pensions et des allocations familiales;
6-intégration massive des jeunes diplômés dans la Fonction publique.
La politique entre dans le débat lorsque des travailleurs disent ouvertement qu’ils ont déjà commencé à se mobiliser et à sensibiliser contre Touadéra et son parti le MCU par rapport aux prochaines élections. « SI TU N’EXTIRPE PAS CE QUI TE PIQUE OU TE FAIT DU MAL, TA DOULEUR ET TON MALHEUR NE FINIRONT JAMAIS », défend un des partisans de la campagne électorale anti-Touadéra.
« NOUS LES TRAVAILLEURS, NOUS SOMMES LE PEUPLE. SI NOUS DISONS NON, LE NON VA L’EMPORTER MALGRÉ LES MILLIARDS POUR LA CORRUPTION ET LES PRATIQUES FRAUDULEUSES QUI SONT EN TRAIN D’ÊTRE MISES EN PLACE », dixit un syndicaliste fort en thème.
On le voit, entre le régime Touadéra et le monde du travail, les rapports ne sont plus au beau fixe et la situation risque de perdurer jusqu’à la fin du mandat de l’homme du 30 mars.
Damoclès Diriwo, MEDIAS+

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