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Le coup de massue de Macron sur la tête de Touadéra

Tant annoncée par les professionnels des médias et  les communicants du pouvoir de Bangui, sa tenue effective était aussi tant attendue tant par toutes les forces vives de la nation que par le peuple centrafricain dans sa large majorité. Elle a finalement eu lieu, à Paris, le 5 septembre 2019.

Cette rencontre entre le président Macron et le président Touadéra, faut – il le rappeler pour bien comprendre les enjeux géopolitiques et géostratégiques ayant conduit à la programmation de l’audience à lui accordée, a été fort étonnement précédée deux jours plutôt par une autre entre le même hôte du centrafricain et le président congolais, Dénis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine qui dure depuis le 10 décembre 2012. Selon des informations de sources indépendantes et crédibles, l’ordre du jour de cette rencontre qui a duré plus d’une heure, portait essentiellement sur l’Accord de Paix de Khartoum, les élections de 2020, les relations avec les Etats de la sous – région d’Afrique centrale et la présence des mercenaires du Groupe Wagner en Centrafrique.

Abordant le premier point, le président Macron ne serait pas allé avec le dos de la cuillère pour faire endosser la responsabilité de l’échec actuel de l’Accord de Paix de Khartoum du 6 février 2019, conçu à la demande du gouvernement centrafricain, validé par les Etats de la CEEAC,  le président centrafricain et 14 groupes armés, le 17 juillet 2017 à Libreville et porté par l’UA, l’ONU et tous les partenaires de la République centrafricaine dont la France, au mathématicien de Boy – Rabé, du fait tout simplement de sa politique de filouterie, d’hypocrisie et de propension inouïe à vouloir se jouer de tout le monde, d’une part, et à ne jamais tenir ses engagements, en tant qu’homme d’Etat, d’autre part. Comme solution à la reprise des hostilités à Paoua, Mingala et Birao par les groupes armés tout dernièrement avec plusieurs morts et plus de 8.000 personnes déplacées, au retrait de certains signataires et aux revendications de certaines parties non signataires, à savoir les forces vives de la nation et certains nouveaux mouvements de rébellions, il lui aurait été exigé de reprendre langue avec tout le monde sans exclusive, toutes les forces vives de la nation y comprises, et dans les meilleurs délais.

Intervenant sur le deuxième point relatif aux élections de 2020, le président Macron aurait demandé sans fioritures à son hôte de prendre toutes les mesures politiques et non militaires  qui s’imposent pour que les armes se taisent avant d’entrevoir la possibilité de convoquer le corps électoral. En un mot, l’on ne peut pas organiser des élections que la France souhaite véritablement libres, inclusives, transparentes, incontestables et démocratiques, tant que les armes continueront de siffler et que les groupes armés auront toujours sous leur contrôle plus de 85% du territoire national et garderont intactes leurs importantes capacités de nuisances, de mouvements et d’agressivité.

Evidemment, la réponse la mieux appropriée et la plus adaptée à cette situation serait non seulement d’engager de nouvelles négociations, telles que évoquées ci – dessus, avec toutes les parties impliquées dans la résolution de cette crise, mais surtout d’y mettre à contribution tous les Etats de la sous – région, en réactivant les commissions mixtes par une diplomatie de relations de bons voisinages, de sécurité transfrontalière et d’échanges d’informations entre les différents Etats, en temps réel, sur la circulation des biens et des personnes.

Enfin, le dernier point de l’ordre du jour, ayant trait à la présence de la Russie,  aurait été plus une communication qu’un sujet de débats à proprement dit. En effet, sur cette question sur laquelle le président Macron voulait plus d’actes que de simples paroles tant dites mais jamais tenues de la part de son interlocuteur, il aurait été enjoint, une fois de plus et pour la dernière fois, au président centrafricain de cesser toute collaboration avec les mercenaires du Groupe Wagner dont la présence en Centrafrique profite beaucoup plus à un groupuscule d’individus, en termes d’importantes rétro – commissions contre l’octroi et la signature de plusieurs contrats miniers et forestiers, qu’au peuple centrafricain, en la méconnaissance totale des dispositions de l’article 60 de la constitution centrafricaine. En l’espèce, la France n’est pas contre la diversification des partenaires pour le développement socio – économique de la République centrafricaine. Porteuse des valeurs du multilatéralisme,  elle est plutôt contre l’implantation des puissances paramilitaires criminelles, mafieuses et terroristes, dans le pays de B. Boganda, en flagrante violation des principes de la transparence et de la bonne gouvernance.

En conclusions et afin de donner forme à toutes ces injonctions, il est prévu dès la semaine prochaine, une autre rencontre entre le mathématicien de Boy – Rabé et les présidents tchadien et congolais, avec lesquels il serait en froid depuis des mois, dans le but d’élaborer le calendrier pour les tout prochaines nouvelles négociations entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés, toutes les forces vives de la nation y prenant part cette fois – ci, sous l’égide de l’UA à Addis – Abéba. Ce sera alors la réunion de la dernière chance où de grandes décisions seront, une nouvelle fois et pour la dernière fois, selon des sources diplomatiques, prises pour sauver l’Accord de Paix de Khartoum et préparer de nouvelles échéances électorales avec la participation de toutes les parties, dans la paix, la quiétude et  la concorde nationale.

Comme nous pouvons aisément  le constater, les jours à venir vont être très difficiles pour le président Touadéra. Car, non seulement, il lui est vertement impossible de ne pas se soumettre à ces directives, à lui copieusement administrées par ce si terrible et si lourd coup de massue sur sa tête, qui sonnent et résonnent plus que des injonctions et des diktats, venant du « Maître des Lieux » et de l’Hexagone, mais surtout y aller signifierait sans ambages pour lui avoir rendez – vous avec sa légendaire et trop impopulaire politique de filouterie et d’hypocrisie et être contraint de se retrouver en face de ceux qu’il croyait à jamais avoir roulés dans la farine. Quelle serait alors leur réaction ? Que dirait – il à ses homologues tchadien et congolais dont les implications dans la résolution de la crise centrafricaine ne sont plus à démontrer, mais envers qui fort curieusement  il a  toujours manqué de respect et à l’endroit de qui il a toujours fait montre de mépris et d’indifférence ? Aura – t – il seulement le courage et l’honneur de regarder, lors des prochaines négociations, en face le général Abdoulaye Miskine du FDPC et tous les autres représentants des groupes armés à qui beaucoup de promesses ont été faites mais jamais tenues ?

Tout cela, à un moment où tous les leaders des principaux partis politiques siégeant à la haute représentation nationale, à l’initiative du KNK du président François Bozizé et concomitamment aux manœuvres de la diplomatie sous – régionale et continentale déjà en cours, ont convenu de le destituer régulièrement et légalement pour le crime de « Haute Trahison », en actionnant, dès la rentrée parlementaire d’octobre prochain, sur le levier des dispositions des articles 124 et 125 de la constitution du 30 mars 2016, sur laquelle il a solennellement prêté serment, au stade 20.000 places. Sans compter la rentrée dans cette danse macabre, au lendemain de leur prochaine grande assemblée générale,  de toutes les différentes centrales syndicales qui veulent en savoir davantage sur ce que le gouvernement et un certain Dondra ont fait de l’aide financière du FMI, destinée à l’apurement de toutes les dettes intérieures de l’Etat !

Jean – Paul Naïba

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