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CENTRAFRIQUE: MINUSCA, AUTO-TRAHISON !

 «A partir d’aujourd’hui, à partir de maintenant et à partir de cette réunion, tout ce qui a été toléré jusqu’à maintenant ne le sera plus. (…) A partir d’aujourd’hui, nous ne pourrons plus tolérer des attitudes jusque- là qui ont été tolérées », dixit Mankeur Ndiaye.
Un adage populaire dit que « le ciel a promis à la terre que tous les secrets seront connus ». Et même dans la tradition africaine, la sagesse enseigne que le criminel finit toujours par s’auto-trahir ou avouer son propre crime. Judas qui avait trahi Jésus mais dont l’acte de trahison n’était pas connu de ses condisciples, a fini par se trahir lui-même par pendaison: une manière stoïcienne de regretter son forfait qui a entraîné la mort d’un innocent. Tout cela corrobore l’autre adage populaire bien connu en Afrique qui dit: « quelque soit la couleur de la nuit, le soleil apparaîtra ». Ces adages et anecdotes s’appliquent bel et bien à la Minusca, soi-disant Mission multidimensionnelle et intégrée des Nations unies pour la stabilisation de la Centrafrique.
En effet, contre toute attente, c’est par la bouche même du n°1 de ce machin onusien en Centrafrique, le Sénégalais Mankeur Ndiaye que le véritable masque de la Minusca est tombé pour la seconde fois le vendredi 23 août dernier lors de la rencontre gouvernement/groupes armés/partenaires internationaux qui étaient face à face pour le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre de l’Accord Politique de Paix et de Réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA). A l’occasion, le chef de la Minusca et non moins Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RCA déclarait ceci, sans sourciller: «A partir d’aujourd’hui, à partir de maintenant et à partir de cette réunion, tout ce qui a été toléré jusqu’à maintenant ne le sera plus. (…) A partir d’aujourd’hui, nous ne pourrons plus tolérer des attitudes jusque- là qui ont été tolérées », avait-il dit sur un ton péremptoire. (Source: RJDJ)
Voila qui est clair comme l’eau de roche et qui ne peut souffrir d’aucune interprétation.
Ce disant, Mankeur Ndiaye révèle de façon troublante s’il en est besoin que la Minusca a toujours toléré « jusque-là » les exactions, crimes de masse et graves violations des droits de l’Homme dont sont régulièrement auteurs les groupes armés.
De façon prosaïque c’est-à-dire terre à terre, Mankeur Ndiaye a dit que la Minusca a laissé faire sciemment ce que les groupes armés ont fait de mal dans ce pays contre les populations civiles, les humanitaires, les forces nationales, étrangères et onusiennes, contre les autorités locales ou nationales établies, contre les institutions et établissements des services sociaux de base publics et privés….
Donc, depuis l’arrivée de la Minusca en Centrafrique en 2015 jusqu’à cette « date historique » du 23 août 2019, soit pendant 4 années d’affilée, la Minusca a toléré ce qu’elle ne devait pas tolérer au regard de son mandat et aux devoirs de sa charge à savoir:
-les crimes de guerre et crimes contre l’humanité dont sont auteurs les groupes armés;
-la montée en puissance des groupes armés confirmée par leur multiplication, l’augmentation de leurs moyens logistiques, matériels et humains, et l’occupation grandissante d’espaces géographiques du pays allant jusqu’à occuper au bas mot 80% du territoire national;
Or, il est littéralement fait mention dans les multiples résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies concernant la Minusca et la RCA, que la Minusca a l’obligation de:
-réduire le nombre des groupes armés;
-réduire les capacités des groupes armés de se procurer des armes et matériels de guerre;
-empêcher les groupes armés de piller les ressources naturelles du pays en vue de renforcer leur position et moyen d’action;
-contraindre les groupes armés à respecter l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national;
-empêcher les groupes armés de commettre les exactions sur les populations civiles;
-empêcher les groupes armés d’entraver la libre circulation des personnes et des biens;
-empêcher les groupes armés d’entraver les activités des humanitaires et des services administratifs décentralisés de l’Etat.
«A partir d’aujourd’hui, à partir de maintenant et à partir de cette réunion, tout ce qui a été toléré jusqu’à maintenant ne le sera plus. (…) A partir d’aujourd’hui, nous ne pourrons plus tolérer des attitudes jusque- là qui ont été tolérées »
Point n’est besoin de démontrer par A+B que la Minusca n’a pas exécuté comme il se doit ou pas du tout sa mission si l’on s’en tient à des faits qui ont choqué la conscience universelle. La Minusca n’avait par exemple pas empêché l’UPC d’Ali Darass d’attaquer les sites des déplacés, la paroisse et l’évêché d’Alindao en novembre 2018. Et pourtant, la Minusca était bien informée de ce projet macabre ourdi par Ali Darass, selon les révélations faites par le Premier ministre, chef du gouvernement, Simplice Mathieu Sarandji à l’époque devant l’Assemblée nationale.
Des éléments de la Minusca basés à Alindao auraient même aidé les bandits de l’UPC à la commission de leur crime selon les rapports concordants qui ont été faits à la délégation de la mission d’information de l’église catholique qui s’était rendue à Alindao aux lieux des drames.
Tous ces crimes ont dû être possibles parce que la Minusca les avait tolérés si l’on n’en croit M. Mankeur Ndiaye qui ne dit que la vérité. Affirmer tout de go, avec un temps quasi-militaire que la Minusca n’accepterait plus ce qu’elle a toléré jusqu’à présent revient à dire simplement que la Minusca a failli à sa mission en tolérant l’intolérable. On aurait donc compris: c’est le feu vert de la Minusca qui a permis toutes les « bordelleries », les tueries, les campagnes meurtrières et tous les défis à la raison, au droit et à la morale dont les groupes armés sont auteurs depuis 2015, date de l’arrivée de la Minusca en RCA, jusqu’à ce 23 août 2019.
Mankeur Ndiaye donne ainsi raison mais tardivement à tous ceux qui, individuellement ou collectivement, dont les organisations de la société civile, les partis politiques, les confessions religieuses, les médias et les associations des victimes ont démontré et dénoncé la compromission de la Minusca avec les groupes armés.
Maintenant que la Minusca a avoué son irresponsabilité et sa complicité dans les multiples crimes et exactions commis par les groupes armés, il faudrait en tirer toutes les conséquences. A mon humble avis, si on avait un exécutif et un législatif responsables comme ceux de la République démocratique du Congo sous Joseph Kabila, le gouvernement aurait dû demander le départ immédiat de la Minusca purement et simplement de la RCA. Et si les organisations des droits de l’Homme et de la société civile centrafricaines en général étaient responsables, elles auraient dû, sur la base d’un tel aveu venant du chef de la Minusca, exiger deux (02) choses:
-engager des poursuites judiciaires contre les contingents de la Minusca qui ont failli ou qui se sont compromis pour non assistance aux populations en danger et complicité de crimes de guerre et crimes contre l’humanité;
-le retrait de la Minusca des contingents des pays qui ont toléré l’intolérable.
En tout état de cause, le patron de la Minusca Mankeur Ndiaye n’est pas un menteur; il n’a dit que la vérité. Il appartient donc aux Centrafricains de prendre leurs responsabilités face à cette haute trahison de la Minusca.
Cyrus-Emmanuel Sandy, de retour de Beijing
Source: MEDIAS+

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