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Centrafrique : L’Accord politique et le faible engagement des signataires 5 mois après…

Il ne se passe pas un jour sans qu’on ne puisse parler du fameux Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine (APPR-RCA) signé le 6 février 2019 à Bangui.

5 mois déjà que des tentatives de mise en œuvre sont lancées par le gouvernement – la MINUSCA-l’Union Africaine et des organisations de la société civile.
14 groupes armés ont signé l’Accord – mais le respect des engagements traine. Le paradoxe est le fait que certains groupes signataires s’en fichent du document et font ce qu’ils veulent. Les crimes orgueilleux et prémédités commis par des éléments du mouvement 3R en mai dernier dans 3 villages de la sous-préfecture de Paoua sont la preuve flagrante de la violation de l’APPR-RCA.

Des associations fictives se créent pour propager l’accord et ce à but lucratif. Dommage que ces mauvaises pratiques sont encouragées par le gouvernement et la MINUSCA. Une simple lecture de ce document de 30 pages avec des commentaires non-fondés ne suffisent pas – il faut des analyses profondes du contenu pour faciliter la compréhension aux citoyens centrafricains – au lieu de s’attarder sur le superficiel avec un enjeu électoral pour endormir la conscience de ceux qui sont conviés aux séminaires et autres manifestations publiques soi-disant de vulgarisation de l’accord politique de paix. A qui doit réellement bénéficier cet Accord ?

Des blocages.

La mise en œuvre effective de l’accord est confrontée à un blocage à deux dimensions : La dimension interne et la dimension externe.
Au niveau interne, le gouvernement qui est mis pied au mur n’a pas les moyens adéquats pour la mise en œuvre de l’accord (Cf. Article 4). A cela s’ajoute la mauvaise foi des alliés du parti au pouvoir (MCU) et de certains groupes armés (Cf. Article 5).
Au niveau externe, il y’a le problème du contrôle géopolitique du territoire centrafricain. Les bailleurs de fonds posent encore des conditions par rapport à la réalité sur le terrain (recrudescence des violences – barrières non encore démantelées dans certaines zones – absence des services déconcentrés de l’Etat dans la majorité des villes sous contrôles des groupes armés etc.)
L’Unité Spéciale Mixte de Sécurité (USMS) tarde à se constituer pourtant elle devait être en fonction 60 jours après la signature de l’APPR-RCA (Cf. Article 17).

L’engagement du FPRC et des autres groupes armés

Le Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC) est prêt pour intégrer l’USMS mais c’est au niveau du gouvernement et de la Communauté Internationale qu’il y’a une lenteur inexpliquée jusqu’à ce jour. Le FPRC adhère totalement à l’esprit de l’Accord Politique et s’est déjà engagé dans sa mise en œuvre – une descente sur le terrain est nécessaire pour constater des faits liés à l’accord.

A en croire le Porte –Parole du FPRC, Aboubakar Siddick Ali, son mouvement définit la paix comme la concorde nationale, la tranquillité intérieure, la quiétude, la cohésion sociale, … tout ce qui ne divise pas, tout ce qui unit les peuples. Il se pose alors la question de savoir
comment penser paix et sécurité en République Centrafricaine : le processus de paix tel que consacré dans l’APPR-RCA ne nécessiterait-il pas une analyse paradigmatique et une révision méthodologiques distinctes des celles habituelles utilisées ? Quels critères de sortie de crise et les perspectives d’avenir ?
Géopolitiquement, quel serait le rôle de la communauté internationale et des Etats amis de la RCA ? Un tel engagement mériterait une attention particulière.
L’opération de Désarmement et Démobilisation et Réinsertion (DDR) est enclenchée – des groupes armés y adhèrent (FDPC – 3R – antibalaka) avec un faible effectif tout juste pour rendre un fusil- une grenade et autres effets militaires – c’est déjà l’essentiel. D’autres groupes restent sceptiques car ils pensent que s’ils adhèrent totalement au DDR ils vont être affaiblis – ils attendent voir clair d’abord. Pour certains bailleurs du pays, ils préfèrent que le DDR se fasse d’abord avant la mise en place de l’USMS.
Il faut donc trouver une méthode plus adaptée pour rassurer les groupes armés afin que tous acceptent le désarmement volontaire avant leur intégration dans l’Unité Spéciale Mixte de Sécurité.

La fin d’un conflit ou d’une guerre ne signifie la paix immédiate mais la fin de la guerre c’est d’abord la transformation des violences.
A suivre

Térence Gavenne …

Journal « Les Autres Nouvelles de Centrafrique » -Lanoca

 

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