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Centrafrique : Comment le directeur général des marchés publics Alain Modeste Konzi cache son incompétence et induit en erreur le ministre Dondra

Dorénavant,  il est formellement interdit aux administrateurs des crédits et leurs gestionnaires d’user  des pratiques illégales mais courantes et de fait légitimées d’éclatement des crédits, communément appelées « saucissonnages », pour engager leurs dépenses de fonctionnement. Tel est le contenu d’une note circulaire que le directeur général des marchés, M. Alain Modeste Konzi, vient de soumettre à la signature du ministre des finances et du budget, M. Henri Marie Dondra, ordonnateur principal du budget général de l’Etat.

Une décision qui fait suite à une importante réunion de cabinet, tenue le 24 juin 2019, au cours de laquelle, après avoir constaté que les dépenses de fonctionnement ne respectent pas les procédures de passation des marchés publics et que les montants des factures qui les accompagnent sont généralement et artificiellement gonflés, le grand argentier de la République n’a pas hésité un seul instant à instruire le directeur général des marchés publics d’attirer par une note l’attention de tous les  départements sectoriels sur cette situation, d’une part, et le directeur du contrôle financier de veiller scrupuleusement à l’exécution du contrôle de la moralité des dépenses, d’autre part.

Si l’adoption de cette mesure qui, sans ambages et sans fioritures, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de réformes de nos finances publiques, engagée par le gouvernement et qui vise tout naturellement à rassurer les différents partenaires au développement de la République centrafricaine de la détermination et de la volonté de ses dirigeants à asseoir leur gestion sur les valeurs de la bonne gouvernance et de la transparence, constitue à n’en point douter, pour le ministre et ses collaborateurs, la thérapie la plus appropriée à administrer aux fins de juguler les irrégularités et les anomalies sus – mentionnées, son efficacité ou plus exactement son efficience, en tenant compte de la discipline budgétaire et de l’allocation stratégique des ressources pour une meilleure prestation des services publics, en temps réels, demeure cependant le souci majeur de certains experts en droit budgétaire, de certains observateurs avertis de la vie socio – économique du pays et de certains professionnels des médias qui s’y connaissent en finances publiques.

Selon ces derniers, ce ne sont tant à ces phénomènes d’éclatement des crédits ou de saucissonnages qu’il faut s’attaquer qu’à leurs principales racines qui ont pour noms incompétence notoire, non – maîtrise réelle de la technicité, absence d’une politique de vulgarisation, de dissémination et d’appropriation de la loi portant code des marchés publics, non – assimilation des procédures de passation des marchés publics par les administrateurs des crédits et leurs gestionnaires, faute de manuels de procédures disponibles, utilisation systématique et systémique des dispositions de l’article 46 relatives à l’entente directe, existence des réseaux mafieux dans la chaîne des engagements des dépenses, incapacité totale de la direction générale des marchés publics à élaborer les plans de passation des marchés publics et à lancer les avis d’appels d’offres y relatifs, absence de publications et de publicité, etc.

La responsabilité de toutes ces faiblesses et de toutes ces laideurs dont la liste n’est pas exhaustive, incombe fondamentalement au directeur général des marchés publics, M. Alain Modeste Konzi. Car, quoique l’on dise et puisse clamer haut et fort, c’est à lui, assisté de ses plus proches collaborateurs, en sa qualité d’autorité politique et administrative de cette si importante direction générale, et à la manière d’un véritable chef d’entreprise, de prendre toutes les dispositions pratiques et réglementaires, indispensables au respect scrupuleux des procédures de passation des marchés publics, d’engagement des crédits de l’Etat, conformément aux règles prescrites par l’article 2 de la loi portant code des marchés publics et délégations de service public en République centrafricaine et de proscrire à jamais les méthodes du contrat de gré à gré. C’est à lui d’initier un projet de vulgarisation, de dissémination et d’appropriation du contenu de cette loi par tous les administrateurs des crédits et leurs gestionnaires, à travers l’organisation de stages d’imprégnations de courte durée et de formation des cadres, des fonctionnaires et des opérateurs économiques ou des fournisseurs de l’Etat à la maîtrise des techniques de préparation des plans de passation des marchés publics, et de consommation des crédits par engagements mensuels. C’est à lui et à lui seul de veiller, au nom des valeurs de la bonne gouvernance et de la transparence, à la publication trimestrielle ou semestrielle de la liste de tous les appels d’offres, de tous les marchés publics financés par le BEC, d’une part, et par les ressources extérieures, d’autre part, de l’état d’avancement de leur exécution, suivi de la présentation des difficultés rencontrées. C’est à lui et à lui seul, en sa qualité de contrôleur des grands travaux dans lesquels l’Etat est engagé, d’informateur et du conseiller du ministre des finances et du budget, d’attirer son attention, par des notes de manière régulière et constante, sur l’incompétence de certains administrateurs des crédits et de leurs gestionnaires, leur incapacité à engager leurs dépenses et à consommer leurs crédits, et sur les probables irrégularités constatées ça et là dans les procédures de passation des marchés publics.

Malheureusement, M. Alain Modeste Konzi n’a ni le profil, ni les qualifications requises, ni la compétence et ni l’étoffe politique et administrative pour assumer toutes ces belles et si nobles missions, difficiles mais combien exaltantes. En effet, certes fonctionnaire, de grade inspecteur des impôts, mais tout de même simple taxateur et collecteur d’impôts comme un certain Zachée à l’époque du Christ, il y a aujourd’hui plus de 2.000 ans, qui en mettait trop dans la poche et trop de côté et à qui le Grand Maître avait demandé de vendre tous ses biens acquis illégalement et illicitement pour le suivre, l’homme a été bombardé à ce poste si hautement sensible et si stratégique, sur la base des critères opaques, douteux et parentologiques, au lendemain de la nomination de M. Henri Marie Dondra, comme le grand argentier de toute la République. En conformité, pensait – il, aux habitudes de ses prédécesseurs qui avaient maladroitement fait de la direction générale des marchés publics la propriété exclusive de ces « petits voleurs d’impôts », et qui y avaient nommé successivement M. Bernard Godouama et un certain Gonengao.

Ignorant donc tout de l’histoire du service des marchés publics en République centrafricaine, de l’indépendance à nos jours, de la loi y relative, des différentes techniques des procédures de passation, et de surcroît n’étant pas un expert des questions budgétaires, encore moins un contrôleur financier, rompu à l’école du contrôle de la régularité budgétaire et du contrôle a priori qui englobent les notions plus vastes et plus étendues du contrôle de la moralité des dépenses, de leur exactitude, de leur matérialité, de leur imputation, de leur opportunité et de surtout de leur légalité, on ne pouvait pas tout naturellement attendre grand – chose d’un tel parachuté si ce n’est la perpétuation des pratiques irrégulières de saucissonnages des crédits.

Des pratiques d’extractions frauduleuses des fonds publics des caisses de l’Etat, de détournements et de faux et usage de faux – puisque dans la plupart des cas, les dépenses sont engagées et payées, avec des factures dont les montants sont généralement et artificiellement gonflés, sans que leur objet n’eût été livré et exécuté et que les créances ne fussent devenues nettes et exigibles – qui ne sont ni plus ni moins que la résultante directe de son incompétence notoire et de son incapacité à élaborer les plans de passation des marchés, à préparer les DAO, et à lancer les avis d’appels d’offres, dans les délais requis.

Pendant ce temps, alors que fort étonnement notre inspecteur des impôts recourt systématiquement et systémiquement à l’usage de la procédure d’entente directe, consacrée par les dispositions de l’article 46, en délivrant à tour de bras des avis de non – objection, aux responsables des réseaux mafieux du MCU dont il est membre, à certains opérateurs économiques qui lui font régulièrement graisser les pattes en le gratifiant des sacs de banco pleins de billets de banque, et à ses collègues fonctionnaires devenus tous curieusement administrateurs – gérants de la majorité des sociétés habilitées à traiter avec l’Etat, au vu et au su et en violation des dispositions de la loi portant statut général de la fonction et accordant des garanties fondamentales aux fonctionnaires et agents de l’Etat, un grand nombre de départements ministériels et leurs services tant centraux que déconcentrés, dont les administrateurs des crédits et leurs gestionnaires attendent en vain la consommation de leurs dépenses par la procédure d’appels d’offres, manquent cruellement de rames de papier, de stylos, d’encre pour leurs ordinateurs et de consommables, indispensables à leur fonctionnement. Et cela dure et même perdure des mois et des mois.

C’est donc pour contourner cette bien triste situation et combien difficile et éviter que leurs crédits ne puissent tomber dans la masse, comme on le dit, que certains administrateurs des crédits et leurs gestionnaires, aidés en cela par les fournisseurs de l’Etat qui se sont régulièrement acquittés de leur patente et qui ont des charges à exécuter mensuellement mais qui ne peuvent pas soumissionner, faute d’appels d’offres disponibles, n’ont aucune solution que de recourir à la méthode du saucissonnage qui s’impose en soi comme un palliatif de l’incompétence de ce Monsieur.

Une incompétence dont il a déjà fait la démonstration, lorsqu’il avait fait signer par le ministre des finances et du budget, une mercuriale des prix des fournitures de bureau et des matériaux de constructions, sur la base des prix à lui fournis par des informels, au détriment des formels qui créent de l’emploi et participent à la création des richesses. Une honteuse incompétence dont il vient une fois de plus d’en faire la démonstration, en soumettant à l’appréciation et à la signature de son parent une note interdisant l’éclatement des crédits destinés aux dépenses de fonctionnement.

Gageons que ce dernier s’en rende finalement compte et se résolve à continuer à lui donner à manger en l’affectant ailleurs et sur un autre juteux poste dans un autre service où il ne pourra plus le faire couvrir de honte tous les jours !

Affaire à suivre….. !

Jean – Paul Naïba

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