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Centrafrique : « Collectif budgétaire 2019 » : vers l’utilisation des ressources du peuple centrafricain pour entretenir et payer les égorgeurs de la République !

Les élus de la nation ont été convoqués par un décret du président Touadéra pour prendre part à  une session parlementaire extraordinaire dont les travaux se dérouleront du 26 juin au 10 juillet 2019. La cérémonie d’ouverture de ces assises qui a eu lieu le mercredi 26 juin 2019, a été superbement boycottée par le premier ministre Firmin Ngrébada qui a été représenté par son ministre des finances et du budget, M. Henri Marie Dondra. Plusieurs projets de lois sont inscrits à l’ordre du jour parmi lesquels le projet de loi de finances rectificative 2019, communément appelé « Collectif budgétaire ».

Conformément aux termes de l’exposé des motifs dudit projet de loi dûment signé par le grand argentier de la République, le 12 juin 2019, et dont nous avons obtenu une copie, la révision de la loi de finances 2019 s’impose et se justifie par l’impérieuse nécessité de prendre en compte la loi de programmation militaire, la hausse du crédit alloué à l’organisation des élections de 2020/2021, l’évaluation et la prise en compte des besoins réels de fonctionnement des départements ministériels nouvellement créés et d’autres organes mis en place en application de l’Accord de Khartoum, signé le 6 février 2019, la prise en compte des axes stratégiques issus de la déclaration de politique générale du gouvernement, et la perspective d’une mobilisation des recettes jugées inférieures aux prévisions initiales afin de ne pas dépasser le solde primaire, l’ancrage des repères dictés par le FMI dans le cadre du FEC.

Si les événements sus – évoqués du fait de leur caractère imprévisible et inattendu pouvaient tout naturellement contraindre le gouvernement à recourir au collectif budgétaire, en vue de laisser transparaître une corrélation budgétaire entre les recettes et les dépenses, et de respecter les règles élémentaires de la transparence et de la bonne gouvernance en matière de gestion des finances publiques, il n’en saurait pas être de même pour les nouvelles structures créées au lendemain de la signature de l’Accord de Khartoum. Tout simplement parce que certains termes de ce fameux Accord dont se prévalent pourtant  le gouvernement, les GA, l’UA, l’ONU et tous les autres partenaires internationaux de la République centrafricaine, sont manifestement contraires à certaines dispositions de la constitution du 30 mars 2016. Il s’agit notamment des termes des articles 16 et 21 de cet Accord, relatifs respectivement à la création des unités mixtes et spéciales de surveillance du territoire et à la mise en place d’un gouvernement inclusif, d’une part, et des dispositions de l’article 28 de la constitution interdisant formellement  la nomination des rebelles et de leurs complices à des hautes fonctions de l’Etat, d’autre part.

Comme il fallait s’y attendre leur mise en application par le gouvernement Ngrébada qui a nommé les seigneurs de guerre, de surcroît des mercenaires étrangers, et leurs représentants au poste de conseillers militaires, de chargés de mission, dans le gouvernement, à la présidence et dans les entités périphériques, a  fait l’objet de vives critiques de la part des partis politiques, des élus de la nation, de la société civile et de certains professionnels des médias. Mieux, au lendemain des tueries du 21 mai 2019 survenues dans les villages de Koundjili, Lemouna, Djoumdjoum et de Bohong et commises par les éléments des 3R, les députés ont interpellé le premier ministre et ont formellement exigé pendant les débats et dans une recommandation  le limogeage de Siddiki Abbas de ses fonctions de conseiller militaire à la primature, son arrestation immédiate et sans condition et celle de tous les auteurs de ce crime crapuleux, et la dissolution de son mouvement.  Une recommandation qui est fort étonnement  restée sans suite jusqu’à ce jour et qui n’aura  d’ailleurs jamais  aucune réponse satisfaisante, au regard de la position solennellement exprimée par le président Touadéra, lors d’une interview à lui accordée par une chaîne étrangère, en marge d’une visite de travail à la Haye au Pays – Bas, et reprise  régulièrement comme un choriste par son premier ministre dans ses sorties médiatiques.

Quant aux partis politiques et les associations de la société civile qui n’ont pas hésité un seul instant à faire des exigences des représentants nationaux l’un de leurs points de revendication, après un ultimatum au gouvernement et au président, ils se sont regroupés dans le Mouvement dénommé « E Zingo Biani » et mènent désormais une lutte implacable pour plus de justice, de liberté, d’éveil de conscience des centrafricains et de sursaut patriotique. En dépit de l’arrestation de l’un des leurs, en la personne de M. Joseph Bendounga, président du MDRC, le 15 juin 2019, aux abords du terrain de l’UCATEX, mais libéré depuis lors suite à de très fortes pressions, et malgré  des filatures policières et de permanentes menaces des FDSI et de la garde présidentielle, ceux – ci sont déterminés à secouer le cocotier et à crever l’abcès pour le vider de toute sa puanteur.

Par conséquent, il serait fort étonnant que la prise en compte par le collectif budgétaire 2019 des besoins de fonctionnement des différents départements ministériels et d’autres organes créés en application de cet Accord ne pût pas susciter de nouvelles tensions et de nouveaux mécontentements. Non seulement, pour la simple raison que cette décision du ministre des finances et du budget, en sa qualité d’ordonnateur principal des dépenses de l’Etat, de garant du contrôle de la régularité budgétaire, de juge financier de la légalité, d’informateur et de conseiller du président de la République, du premier ministre et du gouvernement, ne saurait se justifier, mais surtout, en l’aidant dans cet acte de violation manifeste de la loi, par leur examen et leur adoption de ce projet de loi de finances, ils se seraient eux – mêmes rendus coupables de violation des dispositions de l’article 28 de la constitution qu’ils ont votée et dont ils sont tenus d’en être les chiens de garde. Et leur responsabilité passerait pour trop grande, inacceptable et impardonnable, devant l’histoire, devant le peuple centrafricain et  aux yeux de leurs électeurs, victimes de ces seigneurs de guerre et de leurs terribles, permanentes et criminelles exactions, et serait sans aucun doute la preuve palpable et irréfragable du crime de haute trahison dont ils sont  « in dies singulos » accusés depuis le début de cette législature, d’autant que le budget de l’Etat n’est que la  transcription littérale  en chiffres des politiques nationales  et  des contributions financières du peuple centrafricain au développement de la République centrafricaine, en tant qu’agents économiques, à travers le paiement de ses obligations fiscales que sont les impôts, droits et taxes.

En agissant de la sorte, c’est – à – dire, en prenant le risque de décider d’autoriser le gouvernement à collecter des recettes pour faire face aux dépenses inscrites dans ce projet de loi de finances rectificative, parmi lesquelles celles allouées à la prise en compte des nouveaux postes créés après la signature de l’Accord de Khartoum, ils auraient franchi sans ambages et sans fioritures  le Rubicon : soutenir le gouvernement Ngrébéda dans sa politique de capitulation devant les GA et d’asservissement du peuple centrafricain sur sa propre terre, celle de ses ancêtres et de ses aïeux, d’une part, et lui donner les pleins droits d’utiliser les ressources nationales, celles de leurs victimes, pour entretenir et payer des conquérants, des égorgeurs et des bourreaux, d’autre part.

Laurent Ngon Baba et tous les députés de la nation choisiraient – ils enfin d’être respectueux de la légalité et du côté du peuple centrafricain ou continueraient – ils une fois de plus  de se déculotter ou de se rabaisser devant  Henri Marie Dondra, Touadéra, Ngrébada et leurs complices, les seigneurs de guerre, les mercenaires et les coupe – gorges ?

Affaire à suivre…..!

Jean – Paul Naïba

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