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CENTRAFRIQUE: TOUADÉRA, CHAMPION DU MONDE DE DÉCRETAGE DES JOURS DE DEUIL NATIONAL

Facile à vérifier, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra est le seul et unique chef d’Etat au monde qui a le plus signé des décrets instituant des jours de deuil national à l’occasion des évènements dramatiques qui se produisent dans son pays, mais sans prendre des dispositions pour éviter la répétition desdits drames ni inquiéter leurs auteurs pourtant bien connus. Au niveau national, les jours de deuil décrétés par le chef de l’Etat ne disent plus rien aux Centrafricains parce que « ça ne change rien » (sic). Rituel politiquement correct ou fausse compassion?
Samedi 15 octobre 2016, à peine 6 mois et demi seulement après sa prise de fonction, une « Journée nationale de deuil et de prière » est annoncée par le président Faustin Archange Touadéra dans un discours à la nation la veille, suite à la flambée de violences qui a fait au moins 30 morts dans la ville de Kaga-Bandoro, chef-lieu de la préfecture de la Nana-Gribizi située à 342 Km au centre-nord du pays.
Les 22, 23 et 24 mai 2017 ont été décrétés jours de deuil national par le même Touadéra suite aux événements survenus à Bakouma, Bangassou et ses environs dans la préfecture de M’Bomou située à plus de 700 Km au sud-est du pays.
Le 2 mai 2018, un décret présidentiel tombe instituant trois jours de deuil national (les jeudi 3, vendredi 4 et samedi 5 mai 2018), en mémoire des victimes de l’attaque à la grenade et autres armes de destructions massives qui a visé la paroisse Notre Dame de Fatima située dans le 6è arrondissement de la ville de Bangui le 1er mai 2018, fête du travail et de Saint Joseph le patron des travailleurs, faisant plusieurs morts et blessés, dont l’Abbé Albert Toungoumalé Baba.
La même année 2018, des jours de deuil national ont été décrétés pour les événements de Bambari et Batangafo ainsi que ceux d’Alindao de novembre 2018 où deux prêtres ont été sauvagement tués et les corps calcinés. Il s’agit notamment de l’Abbé Blaise Mada, curé de la cathédrale et vicaire général du diocèse d’Alindao, et de l’Abbé Célestin Ngoumbango, curé de la paroisse de Mingala, toutes ces villes se trouvant dans la préfecture de la Basse-Kotto à 508 et 659 km de la capitale Bangui.
Pour l’année 2019 qui a démarré dans la douleur avec les dramatiques événements de Bambari des 09 et 10 janvier marqués par l’attaque armée menée par les éléments UPC d’Ali Darass et son chef d’état-major Amadou Bi-Aliou contre les forces nationales de défense et de sécurité et les contingents népalais et portugais de la Minusca qui ont entrainé la mort de deux policiers et de plusieurs civils habitants de Bambari, un deuil national a été décrété, comme d’habitude.
En mai 2019, suite à l’assassinat aux origines inconnues de la missionnaire religieuse catholique franco-espagnole, la Sœur Inès Sancho et le massacre des habitants de certaines localités et villes de la préfecture de l’Ouham-Péndé notamment Bocaraga et Paoua au nord-est du pays le mardi 21 mai dernier, trois jours de deuil national ont été encore décrétés par la même autorité. Les drapeaux ont été mis en berne du 23 au 25 mai mais les trois jours de deuil ne sont pas déclarés fériés.
Ce qui est surprenant et qui donne à réfléchir dans cette situation est le fait que:
-le moi de mai ne se passe jamais dans ce pays depuis la transition sans qu’il n’y’ait une attaque d’un ou des groupes armés contre la population civile. Cela s’est passé d’ailleurs trois fois à Fatima et ses environs: à une place mortuaire en début mai 2014, et à la paroisse Notre Dame de Fatima le 27 mai de la même année. L’abbé Paul-Emile Nzalé y avait trouvé la mort; puis à Bakouma et Bangassou en mai 2017, des violences ayant entraîné mort d’hommes, pour la plupart des innocents, ont été enregistrées;
-en mai 2018, un prêtre a été tué à Bambari et des habitants de Batangafo dans la préfecture de l’Ouham au nord du pays ont été également tués;
-le 1er mai 2018, fête du travail et fête de saint Joseph le saint patron des travailleurs, la paroisse Notre Dame de Fatima a été encore attaquée par les terroristes musulmans du km5;
-le même scénario du mois vient de se répéter en 2019 dans l’Ouham-Pendé.
Ce qui est sûr c’est que les mêmes événements meurtriers vont se reproduire en mai 2020, parce que le régime Touadéra n’est pas prévoyant et anticipatif. Déjà avec les événements de Fatima et ses environs des années 2014 à 2017, l’administration Touadéra aurait dû mettre en place des stratégies idoines pour éviter que ces événements se reproduisent. Malheureusement, les années 2018 et 2019 n’ont pas échappé au schéma et tout porte à croire que la sécurité de la population centrafricaine est le dernier souci des princes amateurs qui nous gouvernent actuellement.
En effet, il est de tradition mondiale reconnue et scientifiquement établie que la prévention est la meilleure manière pour garantir la paix, assurer la sécurité et la protection des personnes et des biens. Malheureusement, le pouvoir de Bangui est non seulement allergique à tout ce qui est prévention (sur les plans sécuritaire, économique, politique, diplomatique, social, éducatif, administratif, etc.) mais encore non proactif face à des drames qui frappent les populations. Comme si la mort des Centrafricains et notamment ceux des provinces était devenue leur fonds de commerce, soi-disant pour mettre en œuvre le DDRR, former les forces de défense et de sécurité, apporter l’assistance humanitaire aux victimes, etc. Mais en réalité, une bonne partie de l’argent décaissé par la communauté internationale va dans la poche de certains dirigeants du pays.
La crise centrafricaine enrichit donc des dirigeants centrafricains. Ces derniers ne veulent donc pas que la crise termine. Raison pour laquelle ils font traîner le processus du DDRR et refusent l’usage de la force pour ramener à la raison ou mettre hors d’état de nuire les groupes armés qui continuent de tuer sans raison.
Plus grave encore, les princes qui nous gouvernent refusent de faire arrêter les chefs des groupes armés et leurs éléments qui commettent régulièrement des crimes même au su et au vu des forces onusiennes. Les victimes sont abandonnées à leur triste sort.
A quoi servent alors les jours de deuil national si les populations ne bénéficient pas des mesures préventives, actives et proactives de leur propre sécurité et celle de leurs biens?
Ces jours de deuil national décrétés ne vont pas ressusciter ni réveiller les morts. C’est même une insulte à leur mémoire parce que, après l’Accord de Khartoum, le gouvernement centrafricain était censé être plus fort pour protéger les populations civiles en imposant la cessation des hostilités et des exactions par la force, en pourchassant et en arrêtant les auteurs des crimes en vue de leur traduction devant la justice, et en mobilisant les forces internationales et les forces gouvernementales pour une croisade contre tous ceux qui continuent de rendre la vie difficile.
La RCA doit demeurer la République CentrAfricaine et non la République des Crapauds à Abattre(RCA) ni la République des Cadavres Abandonnés(RCA).
Les jours de deuil national ne sont pas la solution au problème sécuritaire auquel les Centrafricains sont confrontés. Ils démontrent l’incompétence du Président de la République, garant constitutionnel de ma sécurité et du bien-être de tous sur toute l’étendue du territoire national. Sinon, qui dit mieux?
Damoclès Diriwo
Source: MEDIAS+

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