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Cérémonie du lancement du projet Tamboula 2 : aucune compassion de la part de Touadéra à la mémoire de la soeur Inès, du chef de secteur scolaire de Kabo, du directeur de l’école Lémouna et de ses 2 maîtres – parents !

DISCOURS DE SON EXCELLENCE LE PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DE L’ÉTAT

A L’OCCASION DE LA CÉRÉMONIE DU LANCEMENT DU PROJET TAMBOULA 2

BANGUI, 25 MAI 2019

Mesdames et Messieurs ;

Je me réjouis de présider aujourd’hui la cérémonie officielle de lancement du Projet TAMBOULA 2.

Comme vous le savez, la crise que traverse notre pays depuis 2012 a sapé les bases de l’administration centrafricaine, démotivé les cadres dirigeants de la fonction publique et entamé les capacités d’analyse des fonctionnaires et agents de L’État, confinant ainsi la fonction publique à des tâches de routine.

Pour relever ces défis, j’ai fait de la modernisation de l’administration centrafricaine un impératif catégorique ; car j’ai la ferme conviction que la modernisation de L’État passe forcément par la formation de ses agents.

C’est fort de cette conviction que j’ai demandé et obtenu du Président Emmanuel MACRON, l’appui de la prestigieuse École Nationale d’Administration de Paris, le renforcement des capacités de 200 hauts fonctionnaires centrafricains.

Ce projet, dénommé Tamboula, commencé l’année dernière, va se poursuivre et s’amplifier au cours des prochaines années.

Je saisis cette occasion pour réitérer mes remerciements au Président Emmanuel MACRON et au Gouvernement français pour cette précieuse contribution à la modernisation de l’administration centrafricaine.

Je voudrais aussi remercier l’ENA et le Ministère des Affaires Etrangères français, pour la poursuite du projet Tamboula qui nous réunit aujourd’hui.

Je tiens ici à relever qu’il s’agit d’un succès incontestable car il a initié une nouvelle forme de coopération basée sur le respect, le dialogue et la responsabilisation.

Les Experts de Tamboula se sont mis à l’écoute du pays ; ils ne sont pas venus dire aux Centrafricains ce qu’il fallait faire, mais ont su impulser de nouvelles dynamiques.

Je tiens aussi à féliciter les fonctionnaires de la promotion Tamboula qui portent aujourd’hui ces dynamiques de réforme indispensables à notre pays.

Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs ;

Ce projet TAMBOULA nous montre la voie à suivre dans un pays qui, enfin, se stabilise. Il nous faut aujourd’hui oublier les divisions, surmonter la haine et un passé douloureux, pour aller de l’avant, pour construire l’avenir.

L’enjeu est celui de la réconciliation nationale grâce au dialogue et à la participation de tous les Centrafricains au relèvement de notre pays.

Le temps n’est plus aux mots, mais à l’action. Il faut reconstruire la Centrafrique. Notre peuple, notre jeunesse attendent des actes concrets pour améliorer leur vie quotidienne et leur donner des perspectives d’avenir.

J’ai donc instruis le Premier Ministre, Chef du Gouvernement d’élaborer une feuille de route précise et complète pour garantir la justice, la paix et le développement économique qui constitue une priorité essentielle.

Pour mettre en œuvre cette feuille de route, le gouvernement doit se mobiliser, renforcer son efficacité et sa cohésion, se sentir investi d’objectifs communs et partagés.

C’est dans ce but que j’ai demandé au Premier Ministre, Chef du Gouvernement d’organiser un Séminaire Gouvernemental qui permettra d’accélérer les actions de relèvement de notre pays.

Et dans le même esprit de collégialité et d’efficacité, sera bientôt lancé un cycle de formation pour les Directeurs de Cabinet qui sont aussi des acteurs clés de l’avenir de la République Centrafricaine.

Dans cette feuille de route du Gouvernement, la réforme de l’administration tient une place centrale, déterminante car elle doit constituer un exemple, une fierté pour notre pays et ses habitants, un moteur pour les transformations à entreprendre.

Notre administration doit se moderniser pour devenir toujours plus efficace, plus professionnelle, plus attentive aux besoins de tous les Centrafricains.

Plusieurs projets contenus dans le programme Tamboula vont dans ce sens et je tiens à leur apporter ici mon plein soutien.

Le premier d’entre eux est la rénovation de l’ENAM qui doit redevenir la grande école de tous les fonctionnaires centrafricains, avec une gouvernance modernisée ainsi que des programmes et modes de fonctionnement dignes de cette ambition.

J’invite donc les responsables de l’ENAM à mettre en œuvre le premier projet que nous propose l’ENA de France, celle de créer un nouveau concours de haut niveau pour recruter les jeunes les plus compétents du pays.

Notre administration a besoin de talents et elle doit recruter et promouvoir les meilleurs pour se moderniser et constituer le point d’appui dont le gouvernement a besoin.

Il est aussi indispensable de poursuivre le travail visant à éradiquer les mauvais comportements et à promouvoir le sens de l’État et la déontologie des fonctionnaires.

La promotion Tamboula a rédigé l’an dernier une Charte des droits et des devoirs à laquelle j’ai apporté mon soutien et qui a été diffusée dans plusieurs ministères. Il faut aujourd’hui aller plus loin et généraliser ce processus.

Je demande à la Haute Autorité chargée de la Bonne Gouvernance de se saisir de ce dossier prioritaire et d’aller dans tous les ministères présenter cette démarche, organiser des débats et me faire remonter les difficultés rencontrées ainsi que des suggestions d’amélioration.

Une étude pilote sera aussi bientôt lancée à l’Hôpital Communautaire de Bangui pour analyser son modèle économique et identifier les dérives inacceptables.

J’en tirerai les conclusions nécessaires car je le répète, c’est le service de l’intérêt général, le dévouement au bien commun qui doivent guider tous les fonctionnaires et non la poursuite d’intérêts particuliers.

J’attends aussi des propositions concernant la promotion des femmes et des jeunes dans l’administration et dans le pays, car nous savons tous qu’une société inclusive et ouverte à tous les talents est plus efficace et harmonieuse.

Une autre priorité est d’améliorer les relations entre nos administrations et les citoyens. Il faut expliquer mieux le sens des actions engagées par les ministères, diffuser plus efficacement les réglementations qui impactent la vie quotidienne des habitants.

J’insiste, il faut écouter, débattre et dialoguer avec les citoyens pour que l’action administrative soit plus efficace et mieux comprise, pour que la démocratie se renforce.

Dans cette perspective, je demande au Premier Ministre, Chef du Gouvernement, de créer un Service d’Information du gouvernement qui sera chargé de renforcer notre politique de communication au service de tous les Centrafricains.

Dans le même esprit, je soutiendrai l’organisation d’Assises de la démocratie locale à Berberati et je souhaite qu’elles puissent avoir lieu rapidement car il est impératif de renforcer le dialogue entre le gouvernement et la population sur l’ensemble du territoire.

Comme vous le constatez, les projets de réforme administrative sont nombreux et variés, et je souhaite qu’ils le soient toujours plus. Car notre pays a besoin d’initiatives multiples, d’engagements dans tous les domaines. Nous devons être toujours plus volontaires et plus actifs pour construire l’avenir de la Centrafrique.

J’ai accepté la Présidence d’Honneur de la future association Tamboula créée avec nos amis français, parce qu’elle s’est fixée pour objectif de conforter cette dynamique en soutenant tous les porteurs de projets, toutes les innovations, parce qu’elle veut diffuser les bonnes pratiques et rassembler tous ceux qui veulent faire progresser notre pays.

Je tiens d’ailleurs à féliciter ici le Conseil Economique et Social qui s’implique activement dans cette démarche et qui contribuera, j’en suis persuadé, à faire remonter les préoccupations de la société civile en organisant des réunions et des débats.
Mesdames et Messieurs ;

Construire notre avenir dépendra de notre capacité à agir et à inventer, pas en paroles mais en actes, en travaillant, en étant solidaires et rassemblés.

C’est ainsi que nous résorberons les tensions que nous venons de traverser, que nous refermerons les abîmes qui nous ont séparés, que nous remettrons notre pays sur le chemin de la paix, de l’espérance, de la fierté, de la reconnaissance internationale.

Avant de conclure, je voudrais inviter les bénéficiaires de ce projet à en tirer tous les bénéfices pour le bien de l’administration centrafricaine.

Je vous remercie.

La renaissance

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