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Centrafrique : ce que Touadéra redoutait s’est produit à Berbérati

«  Bozizé, Bada wala kpa ! Bozizé , Bada wala kpa ! »,  «  Bozizé, Kounda wala kpa ! Bozizé, Kounda wala kpa ! » C’est avec  ce refrain fétiche et ce slogan ravageur qui rappelle la période électorale de 2011 dont les résultats étaient jugés chaotiques pour les uns mais  sans bavure pour les autres que la délégation du KNK qui s’est rendue à Berbérati, chef – lieu de la préfecture de la Mambéré – Kadéi, a été triomphalement accueillie, à son arrivée.  Un accueil digne d’une  ambiance de campagne électorale avant l’heure !

Et pourtant, les ouvriers et les ouvrières n’étaient pas en campagne, comme l’enthousiasme le voudrait bien le laisser croire, mais plutôt en mission de visite, d’évaluation et de redynamisation de leurs structures de base dans cette partie de la République centrafricaine, sur invitation du conseil préfectoral. Mais, les militants et les sympathisants du KNK qui avaient gagné haut les mains les élections de 2011, dès le premier tour, et qui étaient oubliés, déconnectés des instances dirigeantes de leur parti, dont la plupart avaient perdu la vie, leurs parents et leurs biens, suite au coup d’état du 23 mars 2013, et qui sont aujourd’hui visiblement outrés par  le régime autocratique, clanique et prédateur de l’ouvrier Touadéra, ont  donné un cachet bien particulier à cette rencontre.

C’est ainsi qu’ ils se sont levés comme un seul homme, se sont organisés et se sont mobilisés pour réserver un accueil grandiose sur  leur terre au  secrétaire général de leur parti Bertin Béa, au fils du président – fondateur en la personne de Francis Bozizé, et à tous ceux qui les accompagnaient pour cette descente sur le terrain du 10 au 12 mai 2019. Après les réunions avec les différents organes de base du conseil préfectoral et un grand meeting, la journée du dimanche 12 mai 2019 a été consacrée à une messe d’action  de grâce à  la cathédrale de Berbérati en la mémoire des ouvriers et ouvrières disparus pendant les évènements tragiques de l’après 23 mars 2013 et à un repas fraternel offert par le parti à tous les chefs de villages et chefs de groupes.

Pour les observateurs avertis de la vie politique centrafricaine et certains professionnels des médias, cette descente sur le terrain du KNK, et ce, dans une région qui a toujours été considérée  comme l’un de ses fiefs, a montré au grand jour ce que redoutait tant le président Touadéra et 2ème vice – président du KNK : la popularité de son président – fondateur, le général François Bozizé et sa capacité de mobilisation.

C’est cette peur bleue qui explique la politique d’exclusion et du deux poids deux mesures qu’il a toujours utilisée vis – à – vis de son ancien patron et de celui qui a fait de lui ce qu’il est devenu aujourd’hui. Ainsi donc commettre l’erreur de faire revenir au pays l’ancien président de la République, l’ancien chef d’état – major du président Patassé et l’ancien inspecteur général des armées, c’est tout simplement accepter de se faire hara – kiri ou de scier la branche d’arbre sur laquelle lui et son clan sont actuellement assis. Il lui fallait donc trouver tous les subterfuges politiques pour le maintenir en dehors de l’arène politique et loin de la République centrafricaine. Mais, au lendemain de la signature de  l’accord de Khartoum et faisant suite à la nomination des assassins et des mercenaires étrangers à des hautes fonctions civiles, militaires et politiques, le cas Bozizé se révèle indubitablement comme un flagrant délit d’injustice qui ne saurait durer trop longtemps.

C’est pourquoi  l’ayant compris, l’homme de Benzambé s’agite ces derniers temps, hausse le ton par l’entremise de son parti, à travers  la dernière sortie médiatique de son secrétaire général, et  est in fine  résolument décidé à rentrer par tous moyens et occasions dans son pays. Jusques à quand Touadéra qui avait dit, lors des dernières élections, qu’il ne se présentera  pas si jamais celui – ci venait à rentrer,  continuera – t – il d’abuser  de la patience de son maître ?

Jean – Paul Naïba

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