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Centrafrique : « Journée mondiale de la liberté de la presse » : Silence inquiétant de la Minusca, de l’UE, des Etats – Unis et de la France sur le sort du journaliste indépendant Jean – Paul Naïba persécuté par le régime Touadéra

« Il ne saurait y avoir de pleine démocratie sans accès à une information transparente et fiable. La liberté de la presse est la pierre angulaire de l’édification d’institutions justes et impartiales ; elle permet aussi de mettre les dirigeants devant leurs responsabilités et d’exprimer la vérité face aux puissants.  »António Guterres, Secrétaire général de l’ONU .

Comme nous le savons, la liberté de la presse est un droit international inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et formellement consacré en son article 19, en ces termes : « tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Elle est l’un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques. En effet,  dans une démocratie, les médias sont libres. Les informations sont collectées et diffusées auprès du public par les différents médias (télévision, radio, presse, Internet) et font l’objet de libres commentaires et d’analyses. Elles donnent lieu à des débats dans lesquels s’expriment des idées différentes. Cette diversité illustre le pluralisme de l’information et consacre le contrôle de toute action publique par le citoyen ou le peuple détenteur du pouvoir souverain. Ils permettent à chacun de former son opinion, afin d’exercer librement ses responsabilités et de rendre des comptes de sa gestion de la chose publique.

Le 3 mai a été proclamé « Journée mondiale de la liberté de la presse » par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, suivant la recommandation adoptée lors de la vingt-sixième session de la Conférence générale de l’UNESCO en 1991. Ce fut également une réponse à l’appel de journalistes africains qui, en 1991, ont proclamé la Déclaration de Windhoek sur le pluralisme et l’indépendance des médias.

Fort de cela, tous les ans, la Journée mondiale de la liberté de la presse permet de célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, de l’évaluer à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias, de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession et de dénoncer vigoureusement les régimes réfractaires à tout débat citoyen et à toute contestation démocratique.

En République centrafricaine, membre à part entière  de l’Organisation des Nations Unies, la liberté d’expression et le droit d’opinion sur lesquels reposent les droits et devoirs du journaliste sont formellement définis et consacrés par plusieurs instruments juridiques internationaux et nationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 dont elle est  signataire comme la plupart des  Etats et  dont la France fut et demeure porteuse des valeurs dans le monde et les Pactes internationaux y relatifs, la constitution centrafricaine du 30 mars 2016 sur laquelle le président Touadéra a solennellement prêté serment, l’Ordonnance n°05.002 du 22 février 2005 relative à la liberté de la communication en République centrafricaine, pour ne citer que ceux-là.

Mais bien avant les dispositions de cette loi, les fonctions du journaliste ont été développées de manière plus ou moins exhaustive par l’Ordonnance du 22 février 2005 relative à la liberté de la communication en République centrafricaine. Les dispositions de cette ordonnance ont prévu et mis en place le Haut conseil de la communication (HCC) dont la mission consiste à réguler la communication et à connaitre des contentieux liés à l’exercice de la profession de journaliste. Les journalistes et professionnels des médias en Centrafrique ont eux-mêmes mis en place leur propre tribunal dénommé Observatoire des médias en Centrafrique, en abrégé OMCA.

Même si aujourd’hui  beaucoup reste à faire dans le cadre légal et règlementaire, en termes de renforcement des capacités, d’amélioration de la qualité du traitement de l’information et de sa diffusion, du développement de l’environnement du travail, et de la formation  pour la maîtrise de l’éthique et de la déontologie professionnelle, la journée mondiale de la liberté de la presse ne peut être célébrée dignement et fièrement , ce jour vendredi 3 mai 2019, en République centrafricaine, sans que la situation combien difficile, malheureuse, honteuse, inhumaine et dégradante du journaliste Jean–Paul Naïba ne soit une nouvelle fois évoquée et dénoncée,  au regard des  dispositions des textes internationaux et des lois nationales.

Pour rappel, et ce, afin que nul n’ignore, les faits se sont déroulés le lundi 1er  octobre 2018 aux environs de 9 heures du matin. Ce jour-là, le directeur de l’Office central de la répression du banditisme, en abrégé OCRB, le colonel de police Bienvenu Zokoué, flanqué de ses gardes du corps, débarque au siège du journal Le Démocrate en plein centre-ville. Il demande à voir le directeur de publication (DP), M. Ferdinand Samba. Celui–ci n’étant pas encore arrivé, il repart comme il était venu. Plus tard, une fois au bureau, le DP informera la rédaction qu’il l’a appelé, voulait avoir un entretien avec lui et repassera vers 14 heures. A l’heure convenue, il ne se présente pas et le DP part à la récréation. Mais, les minutes qui suivront seront riches en informations. Les détails de cette folle course – poursuite et de cette chasse à l’homme, dignes d’un film policier, ont été rapportés par le journal Médias+ dans sa parution n°1992 du jeudi 04 octobre 2018, et suivantes, et repris quelques jours plus tard par le journal en ligne burkinabé www.netafrique.net  https://netafrique.net/centrafrique-tentatives-et-velleites-arbitraires-darrestation-dun-journaliste-par-le-directeur-de-locrb-au-siege-du-journal-le-democrate/

Depuis ce jour, 1er octobre 2018 dans la soirée, c’est – à – dire un jour avant que le confrère saoudien Jamal Khashoggi ait été enlevé, torturé et dépecé sur ordre du prince MBS dans l’ambassade de l’Arabie Saoudite en Turquie, le journaliste est passé en clandestinité. Le 8 ou plus exactement le 11 octobre 2018, son journal en ligne dénommé La Voix des Sans Voix www.lavoixdessansoix.com a été piraté et censuré, selon des sources policières, constantes et concordantes par les Russes à la demande du président de la République, Faustin Archange Touadéra, qui lui reprocherait de l’avoir offensé, dans l’un de ses articles quand il était en mission en septembre 2018 à New – York.

En réalité, selon des minutieuses investigations et des témoignages de certains fonctionnaires et agents de l’Etat régulièrement instruits à cet effet, ce fonctionnaire du ministère des finances et du budget depuis le 27 octobre 1993, homme politique et 3ème personnalité en charge de la communication de l’UNDP, première force politique du pays, journaliste au journal « Le Démocrate », directeur de publication du journal en ligne « La Voix des Sans – Voix », www.lavoixdessansoix.com, non fonctionnel depuis lors, et actuellement directeur de publication du journal en ligne www.letsunami.net,  dont le salaire a été illégalement, injustement et arbitrairement suspendu, depuis fin juin 2017, en l’absence totale d’une quelconque décision, suite à une fiche mensongère et plusieurs réunions tenues par les proches du régime, est tout simplement  victime d’actes d’intimidations, de menaces très sérieuses  et de persécutions de la part du pouvoir de Bangui, à cause de ses opinions et de ses activités journalistiques. Le piratage et la censure de son site www.lavoixdessansoix.com – au motif qu’il est un site islamiste, donc terroriste –  et sa tentative d’enlèvement, en violation des dispositions légales sus – évoquées et du respect de la procédure de convocation, en constituent des éléments irréfragables et incontestables de preuve. Selon de gentilles indiscrétions à lui faites par un haut cadre de l’UNDP ayant de longues oreilles, s’il avait été enlevé ce jour – là, il aurait non seulement été torturé mais surtout exécuté.

Devant la dangerosité de ces graves menaces et la permanence de sérieux risques attentatoires à sa vie, à sa liberté et à l’exercice de ses fonctions, – la lettre de son avocat, relative aux faits de droit reprochés à son client, adressée au procureur de la République en date du 22 octobre 2018, est restée sans suite à ce jour – il a été obligé de saisir successivement, à compter du 8 octobre 2018, les ambassadeurs de France, de l’UE, des Etats – Unis, et le haut représentant spécial du secrétaire général de l’Onu pour demander des mesures de protection, conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et  la Convention de Genève de 1951. Ont également été tenues informées les associations de la société civile et de défense des droits humains que sont le GTSC, l’OCDH, la Ligue Centrafricaine des Droits de l’homme et l’UJCA.

Si la plupart des destinataires de ses correspondances n’ont pas réagi, l’Ambassade de France et la Section des Droits de la Minusca officiellement instruite par le haut représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, M. Désiré Parfait Onanga – Anyanga, ont immédiatement pris contact avec l’intéressé, et après avoir minutieusement mené des investigations et procédé à la vérification  des faits, à l’audition de certains témoins et aux recoupements des informations mises à leur disposition, ont documenté son cas et l’ont soumis à certaines procédures depuis janvier 2019. Mais pour avoir attendu vainement la suite réservée à ces procédures, il a jugé important de relancer le suivi de son dossier par une lettre adressée en date du 13 mars 2019 au nouveau représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, M. Mankeur Ndiaye. Elle sera suivie les jours suivants par deux autres correspondances régulièrement enregistrées par les services de sécurité dans les registres des courriers arrivés des Ambassades de l’UE et des USA. Toutes ces notes resteront fort étonnement  sans suite jusqu’à ce jour.

Ce silence combien assourdissant qui traduit implicitement le soutien de la Minusca, de l’UE, des Etats – Unis et de la France à un régime prédateur, autoritaire et liberticide, lui est premièrement  d’autant plus  préjudiciable que ses bourreaux et ses persécuteurs n’ont jamais desserré l’étau autour de sa personne, que chaque jour qui passe ne cesse de le  rapprocher plus d’eux qu’il ne l’en éloigne et que, depuis lors, privé de ses droits les plus élémentaires, à savoir celui d’aller et venir et celui d’exercer ses activités de journaliste afin de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille et de ses enfants, il est  obligé de survivre grâce à des subsides et  de changer d’endroit où mettre sa tête tous les deux ou trois jours.

Ce silence combien étonnant  qui peut tout simplement être interprété comme un acte de non – assistance à un être humain persécuté par son propre pays et exposé aux risques d’être torturé et exécuté sommairement lui est  deuxièmement d’autant plus inquiétant qu’en marge des festivités du 1er décembre 2018, un membre du gouvernement, en la personne de Monsieur Guy Francky Leffa a reconnu, devant témoins à l’hôtel Azimuts que c’est le gouvernement qui a décidé de son arrestation, à cause de ses articles jugés trop gênants et trop insultants  pour le président de la République, –  confirmant ainsi les révélations qui lui ont été faites, des mois plutôt, par l’actuel ministre de l’administration du territoire, M. Augustin Yangana – Yahoté, ci – devant président du Groupe Parlementaire de l’UNDP, au sortir d’une audience avec le président Touadéra –  et qu’une réunion a été tenue le 10 janvier 2019, au domicile du ministre de la justice, Monsieur Flavien Mbata, le concernant et au cours de laquelle des instructions ont été données au ministre des finances et du budget, Monsieur Henri Marie Dondra pour que son salaire soit suspendu ; ce qui a été effectivement exécuté le 14 janvier 2019, par la publication d’une décision lue sur les antennes de la Radio Nationale – une décision qui est venue en réalité légaliser une illégalité manifeste qui existait déjà puisque mon salaire a été suspendu, en l’absence totale  de toute quelconque  décision depuis juin 2017 – et qu’en date du 2 février 2019 vers 20 h 25, un lieutenant dénommé Giscard Kayaouili qui répond au 75032838, revenant d’une mission de Bérengo, l’a informé par un texto en provenance du numéro 72097820, que selon des informations en sa possession des éléments de la garde présidentielle seraient activement à sa recherche pour lui faire du mal  et que l’alerte lui a été lancée par un certain Bertin Benjamin Grékoi qui répond au 75500648. Une révélation qui est venue corroborer une information qui a déjà été portée à sa connaissance par son cousin qui l’a apprise, courant octobre 2018, en toute confidentialité d’un fonctionnaire de police en activité à l’OCRB.

La rédaction

 

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