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Conférence de presse : le président Touadéra a trahi la nation et n’est plus digne d’assumer sa responsabilité, selon le 1er SG du Mouvement ITA

Centrafricaines, Centrafricains,
M. les professionnels des médias et journalistes,
Chers Invités, Chers Compatriotes,

L’heure est extrêmement grave, car la situation politique et socio – économique du pays, au moment où je m’adresse à vous, est l’une des plus désastreuses et calamiteuses que la République Centrafricaine, le pays de B. Boganda, n’ait jamais connues. Et si, en tant que leader du parti politique dénommé « Mouvement ITA » et jeune patriote résolument engagé comme vous, je ne m’étais pas déterminé résolument à venir vers vous aujourd’hui pour vous en entretenir, je me serais aussi, sans aucun doute, rangé du côté de tous les ennemis de la patrie et ne serais plus jamais digne de me considérer comme un homme, né d’une pauvre femme, ayant la responsabilité d’accomplir ma mission et mon devoir vis – à – vis de mon pays.

L’heure est grave, disais – je, pour la simple raison, aujourd’hui, 30 mars 2019 pendant que lui et ses fanatiques fêtent l’an trois de son accession à la magistrature suprême de l’Etat, le président Touadéra s’est montré, on ne peut pas plus clair, incapable d’assurer la défense de l’intégrité du territoire national, la protection des biens et des populations et la préservation des intérêts fondamentaux de l’Etat.

A sa propre demande et s’étant lui – même rendu compte de ses limites avérées d’être un homme d’Etat et de travailler à la réalisation de toutes ses promesses, celles du candidat des pauvres, celles de l’homme de la rupture et celles du pacificateur, du rassembleur, du protecteur et du défenseur des faibles, il avait demandé à tous ses pairs des Etats de la CEEAC d’organiser un dialogue entre son gouvernement et les GA. Sous l’égide de l’UA, soutenue par toute la communauté nationale et internationale, cette rencontre a eu lieu à Khartoum et un Accord de Paix a été signé à Bangui. Mais, au lieu de tenir compte des recommandations du Forum de Bangui, refusant formellement toute compromission et tout retour des bourreaux du peuple aux affaires, d’une part, et de respecter scrupuleusement la constitution, d’autre part, le président Touadéra et son premier ministre Ngrébada ont préféré conclure un marché de partage de pouvoirs avec leurs partenaires.

Conformément aux termes de ce deal, ils viennent de nommer leurs représentants, contrairement à l’article 28 de la constitution, à des hautes fonctions de l’Etat, dans le gouvernement, à la présidence de la République, à la primature, à la tête mais aussi dans les rangs de nos vaillants FACA et bientôt à la tête des sociétés d’Etat et des entités périphériques. Des hors – statuts, des bourreaux du peuple, des médiocres qui doivent hélas donner des ordres à des fonctionnaires formés pour servir  l’Etat, dicter des conduites à tenir à des militaires de carrière, et se pavaner dans la capitale, à bord des grosses cylindrées, chèrement acquises sur les impôts du contribuable centrafricain, et augmentant ainsi allègrement les maigres ressources de l’Etat, dans un pays où l’eau potable n’existe pas, où l’électricité est un luxe, où les fonctionnaires n’arrivent plus à remplir le panier de la ménagère, où les pensions des retraités, payées désormais mensuellement, stagnent et sont insignifiantes, où les militaires sont brimés, humiliés et déshonorés tous les jours, où les fournisseurs de l’Etat doivent passer par des combines pour gagner des marchés et se faire payer et où le taux du chômage des jeunes constitue l’un des plus élevés du continent. Il n’y a pas assez de mots forts pour qualifier cette politique, si ce n’est de la haute trahison et de la forfaiture d’Etat !

Par conséquent, comme à l’époque du Christ, nous devons nous substituer aux Pharisiens pour reconnaitre que le président Touadéra vient de blasphémer la constitution, de trahir le peuple et de brader la République.

En effet, n’ayant aucun programme politique cohérent et n’ayant aucune vision pour son pays et son peuple, le président Touadéra n’a été, depuis le 30 mars 2016 jusqu’à ce jour, guidé que par le sentiment d’user des voix du peuple à lui données dans les urnes à des fins personnelles, familiales et partisanes, n’a toujours fait preuve que de la politique d’exclusion et de fourberie et n’a de cesse utilisé ses pouvoir régaliens aux fins de manipuler, d’infantiliser les institutions républicaines et toutes les forces vives de la nation, selon le gré de ses humeurs et pour le compte de ses petits intérêts.

C’est au nom de ces anti – valeurs qu’il vient de partager le pouvoir avec les Groupes Armées qui ont tué, volé, violé nos mères, nos femmes et nos sœurs, incendié des villages et greniers, brûlé des lieux de culte et assassiné des religieux, détruit des biens publics et privés et profané les symboles de l’Etat, enfouissant à leur passage l’autorité de l’Etat dans la boue de l’indignité la plus abjecte et humiliant de cette manière tous les fonctionnaires et agents de l’Etat, les retraités, les opérateurs économiques, les paysans, nos vaillants et valeureux FACA et les jeunes dont les activités de l’association dénommée « Conseil National de la Jeunesse Centrafricaine », CNJCA, ont été maladroitement suspendues, il y a quelques jours.

Fort de tout ce qui précède, le Mouvement ITA, respectueux de la constitution, épris des valeurs de l’unité, de la dignité et du travail, soucieux de paix, de justice, d’égalité, ne peut que vous demander, à vous fonctionnaire, retraité, opérateur économique, commerçante, chômeur, soldat, ancien combattant, société civile, parti politique, victime, femme et jeunes, de vous lever comme un seul homme pour reconnaitre que le président Touadéra a trahi la nation et n’est plus digne d’assumer sa responsabilité, en tant que président de la République.

Vous pouvez le faire, car c’est à vous qu’appartient le pouvoir souverain ! Vous pouvez le faire à partir de cet instant par des moyens pacifiques, sit-in, concert de casseroles, désobéissance civique , marches, ville morte… comme nos pères, nos mères et nos aînés l’avaient fait héroïquement pour l’avènement du pluralisme démocratique, dans les années 1990 ! Vous pouvez le faire, non seulement parce que la Constitution du 30 mars 2016 vous en donne les pleins pouvoirs, mais surtout parce que, lorsque l’injustice est érigée en droit, la résistance devient un devoir sacré !
Seul le peuple peut défaire ce qu’il a lui-même fait.
Je vous remercie.

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