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PANIQUE DANS LE CAMP TOUADÉRA: DES VÉHICULES, MATÉRIELS ET APPAREILS DE VALEUR TRANSFÉRÉS AU CAMEROUN VOISIN

De sources concordantes dignes de foi, plusieurs proches et barons du régime de Bangui seraient en train d’évacuer depuis 48h vers le Cameroun leurs biens et notamment les véhicules gros et légers dans lesquels on peut voir les appareils électroménagers (appareils à gaz, congélateurs, postes téléviseurs et écrans géants, etc.) vers Béloko et Garoua-Boulaï, ville camerounaise frontalière à la RCA par l’ouest.
En effet, nombreux sont les douaniers, gendarmes, policiers et autres agents des services publics en poste tout le long de l’axe Pk12 Bégoua-Bouar-Garoua-Boulaï qui, voyant les grands et petits baobabs du régime Touadéra ainsi que leurs chargés de mission ad hoc en pleine évacuation de ces objets de valeur, n’hésitent pas à appeler leur connaissances de Bangui pour les informer de ce qu’ils ont vu ou voient. Et c’est parti pour tous les commentaires aussi bien osés que mesurés.
Pour un cadre de la police qui a requis le strict anonymat, ce comportement des prétendus «hommes forts du régime» signifie tout simplement que quelque chose de mauvais risque de se passer dans le pays. Raison pour laquelle ceux qui se reprocheraient quelque chose ou qui craindraient de graves troubles sociopolitiques préfèrent prendre le devant des choses en allant mettre leurs biens en lieux sûrs, afin d’éviter les actes de pillages, de vandalismes et de destructions qui sont monnaie courante lors des situations exceptionnelles et dramatiques que vit le pays.
Pour Sylvanus Touks-Pablo, ce sont les pilleurs de la République qui seraient en train de chercher à protéger les biens mal acquis. Et d’ajouter avec ces mots pleins d’ironie: «Nous qui n’avons rien volé, nous n’allons pas cacher à l’étranger ce que nous avons acquis honnêtement» (sic).
D’autres sources qui laissent à confirmer indiquent que des partisans du pouvoir auraient peur de la réaction des groupes armés face au retard pris par le président Faustin Archange Touadéra pour nommer un Premier ministre issu des groupes armés et dont le nom aurait même déjà été transmis au président de Bangui par les facilitateurs de l’Union Africaine et des Nations Unies. Les mêmes sources indiquent que le chef d’Etat aurait pris l’engagement de nommer le nouveau PM au plus tard une semaine après la signature de l’Accord de paix et de réconciliation en RCA. Cependant, c’est Sarandji qui serait à l’origine de ce retard parce qu’il aurait imposé que son successeur soit désigné par lui-même, au nom de quoi on ne sait. Ce qui courrouce le camp séléka qui menace de dénoncer ce non respect de l’Accord de Khartoum et de se retirer du processus de paix et de réconciliation, aux risques et périls du pouvoir Touadéra qui ne gouverne à proprement parler que la capitale Bangui moins le Km5.
A titre de rappel, l’Article 21 de l’Accord de Khartoum stipule que «Le Président de la République, chef de l’Etat, s’engage à mettre en place immédiatement après la signature du présent Accord un gouvernement inclusif». La question est donc de savoir: le terme immédiatement signe t-il « sans délai et sans condition », ou alors «dans un bref délai qui ne doit dépasser une semaine»?
Dans tous les cas, l’Accord de Khartoum a été signé depuis dix (10) jours pour les uns et neuf (9) jours pour les autres. Moralité: Tout l’art de se hâter lentement.
Mais il n’y aura rien. Que les gens ramènent les biens qu’ils sont en train de faire abriter au Cameroun voisin. Car Dieu est au contrôle.
Par Soter Magnificat, in: MEDIAS+ N°2082 du Vendredi 15 Février 2019

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