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TOUADÉRA TROP PRESSÉ DE SE DÉBARRASSER DE SARANDJI?

De sources introduites, le président Faustin Archange Touadéra serait trop pressé pour former un nouveau gouvernement dit inclusif avec surtout la participation des représentants des groupes armées conformément à l’Article 21 de l’Accord de Khartoum qui stipule que «Le Président de la République, Chef de l’Etat, s’engage à mettre en place immédiatement après la signature du présent Accord un gouvernement inclusif».
Le président centrafricain mènerait lui-même les consultations dans la plus grande discrétion en mettant à l’écart le Premier ministre sortant, Simplice Matthieu Sarandji et les barons de son parti, le M.C.U, à qui il reprocherait déjà leur légèreté et inconsistance dans la manière qu’ils ont de lui présenter la situation du pays et les suggestions conséquentes.
Quelques « initiés » de la MINUSCA et de ses partenaires Russes l’aideraient dans le travail de casting afin d’avoir le quota attribué aux groupes armés, le portrait robot des candidats au gouvernement, leur liste nominative, ainsi que les départements sollicités ou à eux affectables.
C’est dans ce cadre que de gentilles indiscrétions font état de ce que le chairman Touadéra ne verrait pas d’un mauvais œil qu’un musulman proposé par les groupes armés soit nommé Premier ministre, chef du gouvernement, « pourvu qu’il soit compétent, intègre, rassembleur, patriote, maitrisant les institutions financières internationales et capable de coordonner l’action gouvernementale pour la mise en œuvre effective, dynamique et ordonnée du Plan de relèvement et de consolidation de la paix (RCPCM) et de l’Accord de Khartoum, et bien préparer les prochaines élections générales, y compris les municipales, les régionales et les sénatoriales», rapporte une source digne de foi.
Sur ce point précis, d’autres sources indiquent que les groupes armés avaient déjà commencé le débat à Khartoum lors de leur rencontre avec le gouvernement du 24 janvier au 5 février dernier. Abakar Sabone qui se croit le plus malin du groupe aurait proposé Moustapha Mahamat Sabone pour la Primature, et aurait commencé à battre campagne auprès des facilitateurs et des groupes armés pour que ce nom soit retenu. Mais c’était sans compter avec ses propres frères d’armes qui lui avaient répondu négativement en lui reprochant son népotisme, parce que celui qu’il a proposé n’est que son propre frère. De surcroît, c’est un Tchadien d’origine dont le père avait immigré en Centrafrique.
Certains leaders des groupes armés avaient avancé le nom de Chaibou Ali, un jeune économiste et banquier qui aurait fait ses preuves à la BPMC depuis l’époque de Kolingba où il avait gravi les échelons jusqu’à occuper le poste de Directeur général Adjoint de ladite banque jusqu’en 2013, année ou il était nommé Directeur National de la BEAC (Banque des Etats d’Afrique Centrale), poste qu’il occupe jusqu’à ce jour avec sérieux, compétence, et de nouvelles initiatives à la satisfaction générale. «Ali présente trois avantages et atouts par rapport à Moustapha Sabone: il n’est pas intriguant, il maîtrise le domaine financier et a un carnet d’adresse fourni, il est pragmatique et a le sens de l’obligation de résultats. C’est pourquoi nous préférons Ali Chaibou qui est resté au pays pendant toute cette période de crise et partage les mêmes difficultés et souffrances que nous par rapport à Moustapha Sabone et les autres qui sont toujours prêts à fuir pour le Cameroun, le Canada, la France… quand ça chauffe à Bangui», déclare une source ayant vécu les tractations de Khartoum.
D’autres sources indiquent que trop pressé pour occuper le poste de Mathieu Sarandji, le nommé Moustapha Sabone ce serait fait inviter par un de ses amis à Addis-Abeba en pleines négociations de Khartoum et il a fait croire que c’est le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, l’Ambassadeur Smaïl Chergui, qui l’aurait invité au siège de l’organisation continentale pou discuter avec lui du poste, ce qui est absolument faux.
Certains avancent que M. Herbert-Gotran Djono-Ahaba, président du groupe armé RPRC et actuel ministre du développement de l’Energie et de l’hydraulique, serait aussi un candidat sérieux au fauteuil éjectable de Sarandji.
Pour les postes ministériels, les consultations auprès des groupes armés seraient déjà bouclées en ce qui concerne les ex-sélékas. Il est certain et quasiment sûr que Mohamed Moussa Dhaffane de la Séléka rénovée, Abakar Sabone du MLCJ, Herbert Gotran Djono-Ahaba du RPRC représenteront chacun son groupe dans le tout prochaine gouvernement.
Par ailleurs, Marcel Bagaza y fera son entrée pour le compte du FDPC de Martin Koumta-Madji alias Abdoulaye Miskine, et Armel Sayo Ningatoloum reviendra dans le gouvernement au nom de son groupe Révolution et Justice (RJ-Sayo).
En ce qui concerne les Antis-Balakas, les 4 représentants aux négociations de Khartoum qui ont signé l’Accord de paix le 6 février à Bangui seraient en train de tout faire pour que ce ne soit qu’eux qui entrent dans le gouvernement au nom de leurs branches respectives, arguant qu’eux seuls seraient à même de veiller au niveau du gouvernement à la stricte application des décisions de Khartoum. La fonction de ministre étant devenue banalisée en Centrafrique depuis le temps de Bozizé, un métier de boubanguéré ouvert à n’importe qui, que dire alors!
Une source proche de la Présidence de la République indique que le prochain gouvernement comporterait au trop 40 membres dont 15 représentants des groupes armées, 15 de la majorité présidentielle, 5 de l’opposition démocratique et 5 de la société civile.
La même source indique que le président Touadéra serait personnellement déçu des prestations des représentants des Anti-Balakas dans le gouvernement, y compris celles des ex-sélékas qui dirigent les ministères des Travaux publics et des Eaux et Forêts.
A peine six (6) membres de l’actuelle équipe gouvernementale sortante pourrait voir leurs noms être reconduits dans le prochain gouvernement qui pourrait voir l’entrée de Firmin Ngrébada, actuel ministre d’Etat, directeur de cabinet à la Présidence de la République, chef de délégation gouvernementale centrafricaine aux négociations de Khartoum, au poste de ministre d’Etat aux Affaires étrangères, ou à l’Intérieur chargé de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire.
Affaire à suivre.
Mesmin Madidé-Aladila, in: MEDIAS+ N°2079 du Mardi 12 Février 2019

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