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Centrafrique : Touadéra et Sarandji n’ont rien fait pour obtenir la levée de l’embargo

…… Avec Citoyens Debout et Solidaires Centrafrique, j’ai moi aussi demandé sa levée, à travers la lettre que nous avons adressée aux membres du Conseil de sécurité début décembre dernier. Ceci parce que je souhaite comme la plupart de nos compatriotes que nous soyons enfin maîtres de notre destin. Dans le même temps j’estime aussi que l’élémentaire devoir de redevabilité à notre égard sur ce dossier n’a pas été assumé par nos autorités. Je m’explique. Dans les résolutions, la levée de l’embargo est subordonnée à certaines conditions ou plus exactement à certaines garanties à apporter par notre pays : garantie de tracabilite, de destination exclusive à des FACA formés ou reformés, sécurisation du stockage, pour l’essentiel. Bien que figurant dans une résolution d’une organisation internationale, je considère pour ma part que ces garanties sont nécessaires dans une perspective purement nationale, pour la refondation d’une armée véritablement NATIONALE, en évitant les dérives qui ont conduit nos FACA dans l’état où elles sont. J’aurais préféré, de la part de nos autorités une interpellation citoyenne sur la base de l’argument : nous avons travaillé, notre pays présente désormais toutes les garanties que notre armée est nationale, pluriethnique, apolitique et dédiée à la stricte protection du territoire et de la population, des garanties aussi pour que les armes destinées aux FACA ne tombent pas dans de mauvaises mains, notamment celles des forces du mal comme par le passé, alors puisqu’il en est ainsi nous réclamons la levée de cet embargo et c’est notre droit le plus strict. Nous n’avons pas eu droit à cela. Pourtant, je le répète nous avons, moi y compris, appelé à la levée de l’embargo.
Autre point qui laisse le citoyen que je suis perplexe : nous avons assisté à la suite macabre des sites et villes/villages de nos provinces attaquées et de nos compatriotes massacrés, le tout sans réaction sérieuse et utile de la Minusca, mais aussi de nos autorités, sauf dernièrement à Bambari. Or en lisant les rapports du Comité des sanctions, du SG ONU et même notre presse il en ressort 1) que gouvernement actuel à hérité d’un certain arsenal de la Transition, 2) que des dons en matériels militaires et de sécurité ont êtes faits à notre gouvernement par la Chine, la Russie, les Usa, la France (sangaris), 3) que toutes les demandes de dérogation à l’embargo faites par notre gouvernement depuis la Transition ont été satisfaites jusqu’à la première livraison d’armes russes, 4) que des armes et munitions entrent presque chaque mois sous autorisation gouvernementale dans le pas hors embargo et sont même revendus en province (le dernier rapport au conseil de sécurité de déc 2018 contient en annexes des documents intéressants à cet égard), 6) que les filières de contrebande d’armes sont parfaitement identifiés, spécialement aux frontières avec le Cameroun, le Tchad et le Soudan (pays que nous avons choisi pour le dialogue), 7) enfin que, information d’origine gouvernementale, il y a une montée en puissance de FACA prêts à être déployés (entre 4 et 5000).
La question vient alors forcément : de cette force de frappe, toute insuffisante qu’elle soit, qu’a-t-on déjà fait qui garantisse qu’on fera plus demain, et a-t-on dénoncé auprès des Etats pourvoyeurs d’armes de contrebande, ou dénoncé ceux-ci auprès du conseil de sécurité avec preuves à l’appui (ces preuves sont disponibles), ou encore pour être plus positif, qu’a-t-on entrepris avec ces pays d’origine des armes du mal pour assécher les filières ?
Je sais qu’il n’est pas de bon ton de poser ces questions. Mais je persiste à penser qu’il est légitime que le citoyen se les pose si on veut bien croire dans l’existence de ce nouvel ordre constitutionnel. Sans doute ce citoyen ne pourra-t-il pas recevoir toutes les réponses à ses questions, pour des raisons évidentes, elles aussi légitimes, de sécurité nationale. J’ai cependant la faiblesse de croire que tout citoyen ne pourrait qu’ être favorablement touché de connaître les grandes lignes de ce qui est fait pour sa protection effective.
Ce n’est pas encore le cas, et pourtant nous, moi y compris, avons demandé la levée de l’embargo.
Tout ceci pour dire quoi ? Primo : Non à l’embargo au nom de notre souveraineté (autodetermination) externe. Secundo. Vivement qu’en même temps qu’on nous intéresse sérieusement aux questions de notre défense et de notre sécurité.
En conclusion : il y a une maxime que nous aimons bien en Centrafrique : « tout ce qui est fait sans nous est fait contre nous » . Nous le rappelons régulièrement et à juste titre à propos de nos rapports avec les pays étrangers. Ma conviction est que nous avons à appliquer le même principe dans nos rapports avec nos gouvernants… Ce n’est qu’alors qu’on pourra parler de retour EFFECTIF à l’ordre constitutionnel.

Par Jean-François Akandji-Kombé

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