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LA GOUVERNANCE EST EXECRABLE : SIMPLICE MATHIEU SARANDJI DOIT DEMISSIONNER POUR INCOMPETENCE NOTOIRE ET INCAPACITE AVEREE

La question sécuritaire absorbe totalement le chef de l’Etat. Il s’y emploie de nuit et de jour. Les coups de gueule des bandes armées sont au quotidien. De ce point de vue, la gouvernance revient au premier ministre, le manager de l’administration centrafricaine. Malheureusement, la gouvernance est exécrable. Les mauvaises pratiques se sont amplifiées. Les détournements laissent indifférent un premier ministre. Et pourtant, dès son investiture, le chef de l’Etat a lancé un mot d’ordre : LA RUPTURE. Pourquoi la rupture ? Avec qui ? Avec quoi ? Les nominations de complaisance remplacent les nominations de compétence. On ne favorise que ses proches et les gens de sa région. Alors que Touadéra a été élu sur l’ensemble du territoire national. Aucune rigueur, aucune transparence dans la gestion de la chose publique. Selon nos investigations, c’est le premier ministre qui propose les nominations.
La démission du Secrétaire Général du RCPCA est un coup dur pour le régime Touadéra. Démissionner n’est jamais centrafricain. Il faut avoir une haute culture de la probité, le sens de l’honneur, de la crédibilité, pour dire non et démissionner. Le premier ministre Sarandji va faire couler à pic le mandat de Touadéra. On ne gouverne jamais un Etat avec des sentiments, le copinage, l’amitié. Tous les régimes en RCA ont en commun cette déformation congénitale. Or, le cas Kagamé au Rwanda doit inspirer Touadéra et son premier ministre, qu’il faut la carotte et le bâton en même temps. Touadéra va échouer lamentablement à cause d’un premier ministre effacé, inexistant, incompétent, dépourvu de toute vision de la gouvernance. Touadéra le maintient contre vents et marées, à ses risques et péril.
Il suffit de faire un tour au sein des administrations pour se rendre compte que les agents et fonctionnaires de l’Etat ne travaillent pas comme il se doit. A partir de 12 heures, les bureaux se vident au profit des Nganda ou Yabanda, Kpété, brochettes deviennent les claviers du ventre. Les salaires sont payés à terme échu à des gens qui ne font rien, à peine deux (2) heures au bureau et cinq heures dans les lieux de détente. Les détournements sont légion, mais cela ne fait ni chaud, ni froid à un chef de gouvernement, responsable devant le Chef de l’Etat et l’Assemblée Nationale, de toute l’administration centrafricaine. Les ministres, dans la grande majorité, font du pilotage à vue. Si feuille de route il y a, les ministres doivent être évalués, pour plus de résultats, plus de visibilité, plus de concret dans les actions gouvernementales. Personne ne rend compte, personne ne communique, c’est un laisser-aller suicidaire pour Touadéra qui aura des comptes à rendre au peuple centrafricain. Si Touadéra poursuit sur le chemin des sentiments, du copinage, les carottes sont cuites pour toujours.
L’Etat centrafricain fait cinq (5) millions d’individus, d’âmes, parmi lesquels les électeurs. L’individu s’efface devant la gouvernance de l’Etat. C’est ce que fait le président Rwanda Paul Kagamé. Sankara a réduit de manière drastique le train de vie de l’Etat, pour relancer l’économie du Burkina Faso. Il n’y a pas que la guerre à gérer. Beaucoup de projets, déjà financés ne sont nullement mis en œuvre. Personne ne s’interroge, personne ne bouge, alors que c’est le premier ministre et son gouvernement qui doivent rendre compte de l’état d’avancement des projets. Si Touadéra a l’ambition de briguer un second mandat, qu’il se réveille maintenant pour détecter l’oiseau rare, un vrai chef d’orchestre du gouvernement, qui peut harmoniser et donner un son agréable à entendre, c’est-à-dire une bonne musique.
Dès sa nomination, Sarandj faisait des incursions dans les départements ministériels. Nous avions cru que c’était l’homme de la situation, mais hélas, la RCA est très vite retombée dans ses péchés originels. Les instances de contrôle de l’Etat ne sont pas activées et motivées pour assumer la transparence, la gestion saine des affaires publiques. Quelqu’un détourne les deniers publics ici, on le nomme là-bas. Que devient donc la rupture ? Après trois ans de gouvernance, la rupture n’est toujours pas une réalité concrète. Qui doit traduire la rupture en culture, en mode de gestion, dans les faits et gestes des agents et fonctionnaires de l’Etat, depuis le ministre au planton, jusqu’aux cultivateurs, éleveurs et artisans de tous bords ? La rupture est-elle un concept sans contenu ? Touadéra doit expliquer en quoi consiste la rupture, quel est son contenu. Est-ce faire pire que par le passé ? Cultiver la médiocratie à l’exponentiel ?
En termes de gouvernance, les signaux sont au rouge. Il faut un premier ministre capable de révolutionner la gouvernance, de mettre les Centrafricains au travail, de communiquer avec le peuple, de moderniser les esprits et d’imprimer la culture du progrès. Un second mandat est tributaire de la vraie rupture, de la rigueur, de la main de fer, de la transparence. Si sur le plan sécuritaire, il y a un objectif à atteindre, à savoir la paix, sur le plan de la gouvernance interne, il doit y avoir des objectifs fixés à atteindre. Personne ne sait où le gouvernement Sarandji nous entraîne. Tout porte à croire qu’il n’y a dans ce pays que la présidence, l’Assemblée Nationale et les nouvelles institutions. Le gouvernement n’existe pas. Les projets financés fonctionnent selon les caprices des entreprises qui ont gagné le marché. Aucune pression du gouvernement pour faire avancer les choses. Le premier ministre ne sera jamais devant le peuple pour rendre compte d’un mandat de cinq ans. Touadéra seul sera dans la balance et le peuple verra et jugera de quel côté penche la balance. Il y a quelques grammes de vérité dans les propos de l’opposition qui doivent sonner comme un avertissement.

Julien BELA

CM N°2877 du Mercredi 16.01.2019

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