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Nécrologie : Hugues Dobozendji, l’un des rares ministres à avoir démissionné de ses fonctions

RCA-NÉCROLOGIE: DÉCÈS DU PATRIARCHE ET PRÉSIDENT HUGUES DOBOZENDI, ANCIEN PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE
Son Excellence et Très Honorable Hugues Dobozendi, un des baobabs de la politique centrafricaine des trente dernières années, n’est plus. Il a quitté ce monde des bruits des groupes armés et de la démission nationale dans la matinée du samedi 29 décembre 2018, à l’âge 80 ans.
Né en 1938 à M’Baïki, chef-lieu de la préfecture de la Lobaye situé à 107 km au sud de la capitale Bangui, après des brillantes études primaires à M’Baïki et secondaires à Bangui sanctionnées par les certificats et diplômes de Certificat indigène (équivalent du CEPE), de BEPC, Baccalauréat série A, il a poursuivi des études de droit en France où il a obtenu une licence en droit avant d’entamer des études supérieures professionnelles en Finances publiques (Section Impôts).
Il a démarré sa carrière professionnelle sous le président Jean Bedel Bokassa comme Inspecteur des Impôts et gravira les échelons et grades inhérents à sa carrière. Il a occupé successivement les fonctions de chef de service, directeur, et Directeur général des Impôts.
Il a également occupé de hautes fonctions d’Etat tant au niveau du gouvernement que de l’Assemblée nationale. Il a été ministre des Finances sous le président Bokassa, et ministre de la Justice sous le président André Kolingba.
Démocrate et patriote convaincu et convaincant, Homme politique engagé, Hugues Dobozendi a mené la lutte pour l’avènement de la Justice et de la démocratie dans son pays à travers:
●le courage qu’il avait de démissionner du gouvernement du président Kolingba lorsque ce dernier lui avait imposé de rayer du barreau Me Nicolas Tiangaye, Avocat à la Cour, à cause des prises de position de ce dernier contre le régime anti-démocratique de l’époque. Dobozendi avait préféré démissionner du gouvernement que de s’accrocher à un poste dans le déshonneur et la trahison de la conscience;
●la signature, en 1990, de la Lettre Ouverte initiée par le magistrat patriote François Gueret, qui dénonçait les tares du régime Kolingba, exigeait du pouvoir en place la convocation d’une conférence nationale souveraine pour jeter les bases d’une démocratie véritable, et appelait à la mobilisation générale des fils et filles du pays pour une RCA réconciliée avec la démocratie, l’Etat de droit et sa propre histoire;
●son militantisme au sein de la plateforme de la société civile dénommée Comité de coordination pour la convocation de la Conférence nationale souveraine (4CN) dont il a été membre fondateur et militant actif;
●son action avec des compagnons politiques pour la restauration du multipartisme à travers la réanimation du parti MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain) dont il a été le président du Bureau politique provisoire qui a organisé à l’interne les élections ayant vu la victoire du candidat du MLPC Ange-Félix Patassé à la présidence de la République après les deux tours de 1993;
●son élection comme député de la circonscription de Bimbo 2 (commune de Bégoua) en septembre 1993;
●son élection par ses collègues députés au poste de président de l’Assemblée nationale, charge qu’il a assumée de 1993 à 1998 avec qualité, responsabilité, rigueur et pondération sans compromission.
L’histoire a retenu qu’il aura été le chef du parlement qui ne s’amusait pas avec l’intérêt supérieur de la nation, la dignité républicaine et la bonne gouvernance publique. Il est de ceux qui avaient fait tomber, à travers une motion de censure parlementaire, le gouvernement du professeur Jean Luc Mandaba, qui était pourtant son ami intime, son compagnon de lutte et camarade du parti, Vice-président du Bureau politique du MLPC qui avait porté Patassé et le MLPC au pouvoir. Dobozendi a préféré la patrie et la vérité au parti, à l’amitié, à la subjectivité… Comme le disait Aristote au sujet de Platon: «Platon est mon ami, certes; mais mon amour pour la vérité n’égale pas mon amour pour les amis». C’est tout à son honneur.
Hugues Dobozendi s’est battu contre la mort depuis un certain temps. C’est à 80 ans bien sonné qu’il a tiré sa révérence à la Clinique Sainte Blandine du Dr Moussa, située au croisement du 4è arrondissement de Bangui.
Selon sa volonté, il sera inhumé à M’Baïki, sa terre natale, aux côtes des siens.
Conformément à la tradition républicaine en Centrafricaine, il a droit à des obsèques officielles dont le programme sera communiqué ultérieurement.
Après Michel Adama-Tamboux, Hugues Dobozendi aura été l’un des rares présidents du parlement centrafricain qui ont terminé leur mandat en beauté et qui ne se sont pas compromis de quelque manière que ce soit. A son honneur.
Patriarche Dobs, que ton âme repose en paix!

Par Cyrus-Emmanuel Sandy

Source: MEDIAS+

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