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Bambari : Quand Touadéra négocie avec un chef rebelle l’organisation des festivités de la JMA

Dans une bande sonore d’une durée d’environ 20 minutes qui circule actuellement sur les réseaux sociaux, il a été révélé à l’opinion nationale et internationale le contenu d’une conversation téléphonique entre deux (2) personnalités de haute importance.

La  première personnalité qui répond à l’appel dont la voix ressemblerait fort étrangement à celle du président de la République Faustin Archange Touadéra à qui le peuple a décidé de confier, dans les urnes, la gestion de sa destinée et qui a , de ce fait, l’obligation constitutionnelle d’assurer sa protection et de sécuriser le pays ; et une autre personnalité qui est, en réalité, un chef rebelle et dont la voix serait inconnue du grand public.

De cet important entretien, il est ressorti ce qui suit :

Répondant sans aucun doute à une question à lui posée par le chef rebelle, la première personnalité qui se présente comme Touadéra, en sa qualité de président de la République et de tous les centrafricains qui l’ont élu de Ndélé à Nola en passant par Obo et Bambari, s’est tout d’abord évertué à rassurer son interlocuteur de ce que le redéploiement progressif des Faca ne vise pas à attaquer les positions des groupes armés et à faire la guerre avec les éléments de la Séléka qui sont des centrafricains ; ce qui se dit à ce propos ne vient pas de lui, en tant que président de la République qui a toujours prôné la paix, le dialogue et la réconciliation entre tous les centrafricains. Ce ne sont donc que des manipulations des blancs tendant à les pousser à s’entretuer et à nous entretuer.

Ensuite, rétorquant à une réaction de la part du chef rebelle, il s’est appesanti sur les missions spécifiques dévolues à la Minusca, et notamment aux éléments portugais, qui leur recommandent d’intervenir en cas de menace à la paix et de trouble à l’ordre public. A ce niveau de responsabilité, il ne peut en aucun cas leur donner  formellement des instructions pour tirer sur des éléments de la Séléka qui tenaient une barrière.

Après avoir tenté de le convaincre de l’impérieuse nécessité pour le gouvernement d’organiser les festivités de la JMA à Bambari, en vue de relancer les activités agricoles et de restaurer l’autorité de l’Etat, et ce, dans le cadre de la politique de la réconciliation nationale, il a demandé au chef rebelle de prendre contact avec les éléments de la Minusca, non sans l’avoir préalablement rassuré une fois de plus de la possibilité qui est offerte à tout élément de la Séléka de rentrer dans les Faca, pour ouvrir sans délais les discussions sur les incidents intervenus, et s’est engagé à donner les instructions aux responsables de la Minusca.

A tous ces différents éléments de réponse donnés par le président de la République à ses inquiétudes, le chef rebelle qui était à Ndélé et qui a été instruit par sa hiérarchie de descendre à Bambari, a commencé par dénoncer l’attaque d’une barrière tenue par treize (13) éléments de la Sélaka par des soldats portugais de la Minusca. Selon ce dernier, cette attaque qui s’est soldée par des pertes en vies humaines dans le rang des portugais mais qui n’avait fait aucun blessé parmi ses éléments, n’était que l’application des ordres  donnés directement à la Minusca  par le président Touadéra. S’agissant de la question de l’organisation des festivités de la JMA à Bambari, le chef rebelle n’est pas passé par quatre (4) chemins pour y opposer une fin de non – recevoir catégorique, du fait des tergiversations et d’absence du consensus entourant la tenue du dialogue, la mise en œuvre effective du processus  DDRR et mieux le redéploiement progressif des Faca sur le terrain, sans l’accord préalable de tous les groupes armés. Pour conclure, il est disposé, après en avoir discuté avec ses supérieurs hiérarchiques, à rentrer en contact avec les responsables de la Minusca, conformément aux instructions du président de la République.

Ceci étant dit, alors que l’opinion se perdait encore en des conjectures sur l’authenticité de cette bande sonore, la grande surprise est venue du côté du conseiller spécial du président de la République, M. Fidèle Gouandjika. Comme à son habitude, à la manière de Donald Trump, l’homme coupe court aux folles rumeurs, recadre les uns et les autres et publie ce qui suit sur sa page facebook :

 » MISE AU POINT RELATIVE AUX CONVERSATIONS TÉLÉPHONIQUES DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Président de la République est à l’écoute de tout le monde et surtout des enfants de la Patrie, dubitatifs ou déterminés à le suivre, pour la réparation pacifique Flèchette du Pays. Tout le monde connaît son #numéro_direct et l’appelle à #volonté. Il répond à tout le monde quand il est disponible même tard dans la nuit.

Dans le cas de cette #conversation téléphonique, comme tous les autres, #enregistrée par nous mêmes, c’est le chef du groupe armé dont je tais le nom qui a appelé le Chef de l’Etat pour se plaindre du comportement des soldats onusiens et de la montée en puissance des Forces Armées Centrafricaines.
#Quiconque peut appeler le Président de la République et le #sermonner aussi, et il l’écoutera avec toute son attention et lui donnera son point de vue et sa vision pour la conduite pacifique du pays.
Sommes toujours au service du Peuple Souverain.Vive la République. Fidele #Gouandjika ».

La lecture fait révéler qu’il est donc incontestable et incontesté que c’est bel et bien le président de la République Faustin Archange Touadéra qui a décroché l’appel de ce chef rebelle, l’un des bourreaux du peuple centrafricain, et a échangé avec lui pendant une vingtaine de minutes, dans cette bande sonore. Et ce, quelques jours seulement après les horreurs apocalyptiques d’Alindao et l’attaque de l’Eglise Catholique Saint Xavier et du site des déplacés de la ville d’Ippy.

Que dire alors, de cette attitude de Touadéra, en sa qualité de garant de la République et de chef suprême des armées, affichée  vis – à – vis d’un bandit de grand chemin  et de cet échange truffé de propos pleins de  duplicité, de promesses fallacieuses, de faux – fuyants  et de démission de ses responsabilités ? Ne sommes – nous pas là devant un flagrant délit de violation des dispositions des articles 1er, 23, 28 et 38 de la constitution du 30 mars 2016 sur laquelle il a solennellement prêté serment ? En l’espèce, toutes les conditions prévues à l’article 124 de la constitution ne sont pas désormais réunies  pour que sa procédure de destitution soit engagée devant la haute cour de justice pour haute trahison ?

Pour Touadéra, la défense de ses petits intérêts doit passer avant la satisfaction de l’intérêt général, quitte à marcher sur des cadavres des  milliers des centrafricains et même à pactiser  avec les pires ennemis de la République et les marchands de la mort. C’est ce qui a justifié cette conversation : obtenir un accord avec ce chef rebelle afin d’organiser les festivités de la JMA 2018. Non seulement parce que des centaines de millions de Francs CFA extraites directement de la caisse de l’Etat doivent être empochées et renflouées des comptes privés et personnels, mais surtout parce que la tenue de ces festivités permettrait de tromper l’opinion de sa volonté à restaurer l’autorité de l’Etat, dans cette partie du pays occupé par les éléments de l’UPC d’Ali Darass, où les populations civiles ne sont pas abandonnées à elles – mêmes et livrées à la merci des bandes armées, où personne n’a le droit d’aller et venir, où les sites des déplacés sont systématiquement incendiés et rayés de la carte et où les  paysans ne peuvent pas vaquer à leurs occupations quotidiennes.

C’est tout simplement scandaleux !

Jean – Paul Naïba

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