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Affaire Charles Armel Doubane : médiocrité et absence d’autorité au plus haut sommet de l’Etat

Ancien séminariste et fervent chrétien catholique, Charles Armel Doubane, ci – devant ministre des affaires étrangères et des centrafricains de l’étranger et l’un des alliés politiques des premières heures du candidat indépendant Faustin Archange Touadéra, avait répondu, tel un soldat au garde – à – vous,  avec promptitude à l’appel de tous les  évêques de Centrafrique et du Cardinal Dieudonné Nzapalaïnga, demandant à tous les chrétiens de consacrer exclusivement la journée du 1er décembre 2018, date d’anniversaire de proclamation de la République centrafricaine, au jeûne et à la prière.

Et ce, pour  se souvenir de  la mémoire de toutes les victimes des dernières violences intervenues, ces derniers temps, à Batangafo, Bambari, Berbérati, Alindao, Bangui et ailleurs, d’une part, et dénoncer sans fioritures l’inertie et la complicité avérée de certains contingents de la Minnusca avec les groupes armés, et l’incapacité totale du gouvernement à assurer la protection des biens et des personnes et à sécuriser le pays, d’autre part.

Pour certains, c’est un acte d’inélégance outrancièrement caractérisé, au regard du  principe de la solidarité qui est censé guider tout gouvernement dans l’exercice de ses activités et auquel doit être obligatoirement assujetti tout ministre. Mieux,  pour les caciques du pouvoir, les thuriféraires du régime et leurs laudateurs, ce comportement n’est ni plus ni moins qu’un véritable  acte de rébellion qui mérite d’ être sévèrement sanctionné.

Mais, alors que Charles Armel Doubane, l’un des meilleurs juristes de sa promotion, enseignant à la faculté de droit et des sciences économiques à l’Université de Bangui, ancien ministre, ancien député et  précédemment haut représentant plénipotentiaire de la République centrafricaine près les Nations Unies, conscient des risques qu’il encourait en décidant de ne pas honorer de sa présence les festivités du 1er décembre, s’attendait tout naturellement à ce que le président Touadéra et le premier ministre Sarandji pussent prendre leurs responsabilités et le  démissent  de ses fonctions ministérielles, ceux – ci vont opter, comme ils l’ont préalablement fait  à un certain Jean Serge Bokassa, pour la méthode du  pourrissement de la situation.

D’abord, en instrumentalisant des  fanatiques et autres zélateurs à la solde du régime pour le dénigrer et le faire couvrir de honte sur les réseaux sociaux ; ensuite, selon des informations dignes de foi en provenance de la primature, en incitant des jeunes désœuvrés, payés aux frais de la princesse, c’est – à – dire sur des fonds extraits de la caisse du Trésor Public,  à organiser un sit – in devant le ministère des affaires étrangères pour exiger sa démission pour haute trahison.

En réponse à ces méthodes dignes  des Tontons Macoutes à l’époque de Papa Doc en Haïti dans les années 70, à des propos désobligeants, injurieux et même diffamatoires fusant de toutes parts et à ces manœuvres savamment orchestrées d’incitation à la démission et au suicide politique, l’étudiant de SAURA reste imperturbable :  « Touadéra et Sarandji doivent avoir le courage politique de prendre un décret me relevant de mes responsabilités de ministre », ne cesse – t – il de clamer haut et fort.

Ce qui signifie clairement  que, pour ce  ressortissant du pays des Zandé et descendant de Kpékao Zilolo, admis dans ce gouvernement, au nom de la réconciliation nationale et sur la base des critères de géopolitique,  ces avalanches de tant d’humiliations subies, de  tant de frustrations acceptées et de  tant de violations de la parole donnée  ne sauraient  être réglées aussi facilement  par une quelconque démission de sa part. Poussé donc au suicide politique, Doubane refuse de céder et de trahir tous les siens et ses lobbies dont il est censé être le porte – parole  et renvoie courageusement les deux (2) têtes de l’exécutif à leurs propres responsabilités. Et c’est à ce niveau du débat que le diplomate se montre plus stratège, plus fin et plus expérimenté que ses supérieurs hiérarchiques qui, pour des raisons que le peuple ignore, tardent à avoir le courage politique de prendre un décret pour le virer de là.

Or, comme le compatriote Henri Grothe l’a dit,  « un ministre est nommé par décret, en #Centrafrique ou ailleurs, avec la particularité chez nous que certains décrets soient #Muets, non-publiés.
Une fois le décret rapporté, la personne perd son statut de ministre. Cette décision relève du choix discrétionnaire de Faustin Archange Touadera, président de la République, chef de l’État Centrafricain. Ce Monsieur de #PR_CE n’a pas encore limogé son ministre des Affaires Étrangères, qui aussi, malgré les humiliations et autres pressions/tensions, se refuse de démissionner »
.

Mieux, il se murmure et se susurre que, lors du dernier conseil des ministres extraordinaire, c’est le ministre de l’économie, du plan et de la coopération internationale, M. Félix Moloua qui aurait été désigné pour assurer son intérim, sans qu’il n’ y ait une fois de plus un acte administratif dûment signé et diffusé, c’est – à – dire un décret en bonne et due forme abrogeant le précédent,  de nature à donner forme à ces folles rumeurs.

Finalement, les observateurs avertis de la vie politique centrafricaine et certains professionnels des médias ne peuvent que se rendre à l’évidence et comprendre que, dans cette affaire, le président Touadéra et son premier ministre Sarandji n’ont pas été  assez bien préparés pour être là où ils sont actuellement ou n’ont pas en un mot assez  de couilles pour gouverner. Car, non seulement ils  sont incapables de relever un ministre de la République de ses fonctions, mais surtout aux yeux du peuple et de la communauté internationale, ils apparaissent tout bonnement  comme des médiocres qui ne savent comment faire, qui manquent d’autorité et qui font plonger tous les jours par leur mutisme, leur indécision et leur hésitation,  l’image, l’honneur et la dignité d’un peuple et d’une République dans la boue de l’indignité et du déshonneur.

Il ne saurait donc  en être autrement tant le ministère  des affaires étrangères est la principale voie de communication d’un Etat à d’autres Etats, à des organisations internationales et non – gouvernementales, continentales, régionales et sous – régionales. Il ne saurait donc en être autrement tant la situation politique, institutionnelle, sécuritaire, socio – économique et humanitaire de l’heure est l’une des plus désastreuses de toute l’histoire de la République centrafricaine et nécessite qu’une attention particulière soit attachée à la diplomatie, au dialogue et à l’appui de tous les partenaires sans exclusive.

Sur ce, l’affaire CAD vient de prouver une nouvelle fois que Touadéra et Sarandji ne sont pas des hommes d’Etat mais plutôt des affamés qui  sont arrivés aux commandes de la gestion de la cité par effraction et qui n’en ont cure du peuple et de la République.

Jean – Paul Naïba

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