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Ippy : complicité manifeste et avérée de Touadéra, Sarandji et de la Minusca

Vingt (20) jours après les pires horreurs et l’apocalypse qu’il a laissées derrière lui à Alindao, le seigneur de guerre et mercenaire nigérien, Ali Darass, continue royalement la conquête de toute la région Centre – est de  la République centrafricaine en vue d’un espace vital  pour  créer  son  grand empire peuhl et vient  une nouvelle fois de frapper à Ippy, dans la Ouaka. Comme toujours, au vu et au su de Touadéra, de Sarandji et de la Minusca. En un mot, avec leurs totales bénédictions.

Leur responsabilité dans cette attaque de l’Eglise Catholique Saint Xavier et du site des déplacés ne saurait cette fois – ci être mise en doute, en l’espèce, tant les uns et les autres ont été préalablement tenus informés de ce qui allait se passer  ou devait arriver. Mais, au lieu d’anticiper sur l’évènement et prendre des mesures rigoureuses de prévention et de sécurité, rien n’a été curieusement  fait ni du côté du gouvernement ni de la part de la Minusca. Il n’y a pas ici  un mot si fort et si expressif  pour qualifier cette attitude de démission collective, d’immobilisme et de non-assistance à personne en danger que la complicité.

Les faits qui ont commencé le mardi 4 décembre 2018, dans la matinée, ont été fidèlement rapportés  par RJDH et Fides en ces termes :

« Un camp de réfugiés géré par l’Église catholique, à Ippy, dans le sud-est de la Centrafrique a été attaqué, mardi 4 décembre, par l’Unité pour la Paix en Centrafrique, un groupe armé musulman. Cette attaque intervient trois semaines après l’attaque meurtrière d’un premier camp à Alindao, dans le centre de la Centrafrique, où au moins 60 personnes ont été tuées. L’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) s’en est de nouveau prise à un camp de réfugiés géré par l’Église catholique.

Mardi 4 décembre, des éléments de ce groupe armé musulman ont tiré à bout portant sur le camp de réfugiés d’Ippy, dans le sud-est du pays, géré par l’Église catholique. Le 15 novembre, l’UPC s’était violemment attaqué au camp de réfugiés d’Alindao, dans le centre de la Centrafrique dont il soupçonnait les habitants de cacher des antibalaka – une milice armée à majorité chrétienne.

Deux versions

Concernant les événements qui se sont déroulés à Ippy, deux versions sont données. La première, relayée le Réseau des journalistes pour les droits de l’Homme (RJDH), est celle d’un habitant de la localité juste après l’attaque. « C’était ce matin à partir de 10 heures que le chef de l’UPC d’Ippy a ordonné l’attaque, rapporte-t-il. Aussitôt, les éléments ont encerclé le site et ont commencé à tirer sur les personnes qui étaient là. Un enfant a reçu une balle, un vieil homme a été touché à la tête et son cas est grave et une fillette de 5 ans a été piétinée dans les bousculades, elle aussi est évanouie. Il y a d’autres cas de blessures par balles qui ont été admis au centre de soins de la ville ». Le diocèse de Bambari dont dépend ce camp de réfugiés a confirmé l’attaque sans préciser le nombre de victimes.

La deuxième version est celle de la Mission de Nations unies pour la Centrafrique (Minusca) qui parle d’un « accrochage » entre antibalaka et troupes de l’UPC. « Cela a provoqué un mouvement de panique au sein du site. Mais à l’heure actuelle, la ville est calme. Je puis vous assurer qu’il n’y a eu aucune perte en vie humaine même si l’on n’a pas encore tout le bilan », a rassuré Vladimir Monteiro, porte-parole des forces onusiennes. Une source locale jointe par l’agence missionnaire Fides a vivement critiqué l’inaction des casques bleus durant l’attaque.

Ces derniers avaient déjà été critiqués par l’Église, il y a trois semaines après l’attaque du camp de réfugiés d’Alindao. « Le contingent mauritanien n’a rien fait lors des exactions d’Alindao, pas un seul coup de feu, s’était indigné le cardinal Dieudonné Nzapalainga, dans une interview accordée à La Croix Africa. Le mandat de la Minusca affirme pourtant qu’elle doit protéger les populations ».

Seulement, alors que tous s’attendaient tout naturellement après le carnage d’Alindao, suivi de la vive réaction de dénonciation et de condamnation de la part de tous les évêques et de toutes les forces vives de la nation, à savoir les partis politiques et la société civile, à ce  que des mesures de renforcement de sécurité dussent être immédiatement et vigoureusement  prises afin d’assurer la protection des biens et des personnes vivant sur ce site, contre toute attente rien n’a été fait. Cette absence de réaction et de mesures dissuasives, plus de 24 heures plus tard,  a été interprétée par conséquent  comme un appel de pied aux agresseurs qui n’ont pas hésité un seul instant à passer à l’action par la méthode des razzias  : brûler toutes les huttes  et rayer le site de la carte d’Ippy. Au vu et au su du contingent mauritanien de la Minusca.

Si le bilan en pertes humaines au jour d’aujourd’hui  est celui qui a été déjà mentionné dès le début de l’attaque dans la matinée du 4 décembre, les conséquences de cette attaque sur les biens mobiliers et immobiliers sont beaucoup plus déplorables, à l’exemple des bâtiments de l’école des sœurs entièrement incendiés et du bloc 6 de l’Eglise où se trouvent des réserves, brûlé et pillé.

Pendant ce temps, tout comme les éléments de la Minusca qui regardaient et laissaient ces exactions et ces actes de graves atteintes aux droits humains se commettre, sous leurs yeux,  Touadéra et Sarandji ont convoqué un conseil des ministres extraordinaire, le premier de tout leur mandat, non pas pour décider de l’arrestation d’Ali Darass et de tous les seigneurs de guerre, ni pour ordonner le  déploiement des Faca avec leurs Russes en renforts à Ippy, ni pour répondre à la demande des partis politiques de l’opposition démocratique, relative à la dissolution du Gouvernement, ni pour prendre une décision convoquant toutes les forces vives de la nation à une rencontre avec le président Touadéra, mais, selon des informations dignes de foi en notre possession, pour adopter le projet de loi portant amendements et modifications du code électoral et pis, relever le ministre Charles Armel Doubane de ses fonctions.

Alors, qui est con ? Touadéra et Sarandji, avec la complicité de tous les élus de la nation,  ne sont pas venus pour défendre les intérêts du peuple, mais plutôt pour s’enrichir quitte à marcher tous les jours sur des cadavres des milliers de Centrafricains.

Jean – Paul Naïba

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