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Silence approbateur de Touadéra et des élus de la nation contre les propos blasphématoires de Sarandji

Simplice  Matthieu Sarandji, assumant les fonctions de premier ministre et considéré comme la 3ème personnalité politique de la République, au regard des dispositions de la constitution du 30 mars 2016, l’a dit le plus ouvertement et le plus clairement qui soit, sur les ondes de la radio nationale et dans une bande sonore ne dépassant pas deux (2) minutes.

Il a accusé  sans fioritures et sans ambages le Cardinal Dieudonné Nzapalaïnga et l’a traité ni plus ni moins  de menteur. Il l’ a agressé de cette manière, en réaction à l’appel de ce dernier, en sa qualité de la personnalité la plus suprême de l’Eglise Catholique Centrafricaine, à tous les chrétiens et tous les soldats du Christ à consacrer la journée des festivités du 1er décembre au jeûne et à la prière en mémoire des victimes de la recrudescence des violences intervenues ces derniers temps, à Batangafo, Bambari, Alindao, Berbérati, Bangui et ailleurs.

Si l’on était dans un autre pays, cette insulte du premier ministre à l’endroit de l’autorité religieuse la plus hiérarchisée de la toute puissante Eglise Catholique dont la présence dans la vie nationale, c’est – à – dire dans les domaines de la santé, de l’éducation et des œuvres caritatives et sociales, n’est plus à démontrer, aurait déjà non tantum soulevé un tollé général et généralisé, sed etiam provoqué son limogeage.

Malheureusement comme aimait si bien le dire feu Me Zarambaud Assingambi,  nous sommes en Centrafrique, le pays des paradoxes et de tous les records négatifs. Ainsi, plus de quatre (4) jours plus tard, ni le président Touadéra ni les élus de la nation n’ont osé ouvrir la bouche pour se prononcer sur cette offense publique à  l’égard de l’homme de Dieu et de tous ceux qui assument différentes fonctions spirituelles dans les multiples confessions religieuses dans ce pays. Un silence qui vaut acceptation, car qui ne dit mot consent.Seulement sans le savoir, ils se sont rendus complices, eux  aussi,  par leur mutisme le plus douillet et le plus couard, du péché le plus grave qui soit : celui du blasphème à l’Esprit saint.

En effet, le blasphème pour tout chrétien ou tout soldat du Christ n’est que l’art de tenir des propos injurieux et outrageants à l’égard de la divinité ou de tout ce qui est considéré comme sacré. En l’espèce, en traitant de menteur  le Cardinal Dieudonné Nzapalaïnga qui s’est rendu à Alindao, en sa qualité d’autorité religieuse et morale, au nom de sa foi et en respect à la doctrine et aux dogmes de l’Eglise Catholique, qui a vu de ses propres yeux l’apocalypse qui s’est abattue sur l’évêché d’Alindao et les 26.000  personnes du site des déplacés, et qui en a fait témoignages à la nation tout entière et aux autorités légales et légitimes dont la mission première consiste à assurer la protection des biens et des personnes, il s’est délibérément fermé à la manifestation de la vérité ; il s’est personnellement  opposé au message de l’Esprit saint par la voix de son prophète  sur les malheurs et les souffrances de ses semblables et de son peuple. En un mot, le diacre qui est Simplice Matthieu Sarandji a commis le péché de blasphème contre l’Esprit saint et n’obtiendra jamais le pardon, selon l’évangile de Marc 3, 29.

Dans l’évangile de saint Matthieu la même réalité est exprimée de la façon suivante : « Si quelqu’un s’oppose au Saint-Esprit, il ne recevra pas le pardon, ni dans la vie présente, ni dans le monde à venir » (Matthieu 12, 31-32). Comment rendre compte de ce blasphème contre l’Esprit saint ? C’est ce que Père Jean – Paul Sagadou, assomptionniste, de nationalité burkinabé, a devéloppé en ces termes :

«  En fait, c’est le contexte qui permet de comprendre cette phrase. Que se passe-t-il ? Jésus vient de chasser les esprits mauvais. Il vient d’opérer des miracles qui attestent qu’Il est l’Envoyé de Dieu. Or, les scribes et les pharisiens cherchaient toutes les occasions pour  le « coincer ». Leur réaction est donc  manifeste et immédiate : « Tu es toi-même possédé ! C’est avec la force de Satan que tu chasses les démons ». Autrement dit, le bien que Jésus fait est considéré par les scribes et les pharisiens comme mal.

Après leur avoir démontré le caractère illogique de leur raisonnement, et le vrai sens du signe qu’il accomplit, Jésus les avertit des conséquences de leur mauvaise foi : si en toute connaissance de cause, ils refusent de croire en lui, en s’opposant au témoignage intérieur de l’Esprit de Dieu en eux, alors, c’est qu’ils ont choisi de refuser la vérité. Dieu respecte toujours profondément la liberté de l’homme. Jésus peut comprendre qu’on ne reconnaisse pas sa mission divine. Mais appeler mal, le bien qu’il fait, cela est impardonnable. Confondre volontairement le bien et le mal paraît diabolique.

Blasphémer, c’est refuser de dialoguer avec Dieu

Ainsi, le péché contre l’Esprit saint consisterait dans le fait que, contrairement à ce que l’on sait pertinemment, on attribue à Satan une action qui vient de l’Esprit de Dieu. Et ceci est un signe que l’on ne veut pas changer sa vie, et que l’on préfère poursuivre sans vergogne son chemin dans le péché. Le blasphème est donc une insulte à Dieu. C’est le refus de dialoguer avec Dieu. Ce péché est impardonnable parce que, si Dieu voulait me le pardonner, dans la même logique, je dirais encore qu’il me pardonne poussé par le mal. C’est comme un enfant qui dirait à ses parents en train de lui pardonner : « Vous me pardonnez, mais vos intentions sont mauvaises ». Dès lors, l’enfant est vraiment incapable d’accueillir le pardon de ses parents.

Si le blasphème contre l’Esprit saint est impardonnable, c’est parce qu’il procède d’une attitude déterminée de l’esprit de l’homme qui se ferme totalement à la lumière qui vient de Dieu. C’est comme si je disais : « Dieu ne peut pas me pardonner ». C’est un blasphème profond, une injure à Dieu, dans la mesure où, par ce genre de propos, on nie l’essentiel même de Dieu : son amour et sa miséricorde envers les hommes. L’homme se barricade contre la vérité. La particularité de ce péché, c’est qu’il refuse la repentance, il refuse la conversion.

Dieu seul connaît le coeur de l’homme

Bref, le péché contre l’Esprit saint est le blasphème suprême, car il est le refus conscient de Dieu. Le désir profond  de Dieu est de pardonner. Il ne ferme jamais son cœur. Mais l’homme est capable de fermer son cœur. La lumière est toujours proposée, mais l’homme peut préférer les ténèbres, le pardon est toujours offert, mais l’homme peut librement toujours s’y fermer.

La pédagogie de Jésus est exigeante, mais c’est  ainsi que se manifeste son amour. Son propos est clair, mais nous, nous ne sommes pas autorisés à juger notre prochain. Seul Dieu pourrait dire d’un homme : « Son refus est coupable, il blasphème contre l’Esprit saint », parce que seul le regard de Dieu peut sonder ce qu’il y a dans le cœur de l’homme (1 Corinthiens 2, 11). Seul Dieu est capable de juger, parce que son amour va plus loin que sa connaissance ».

Jean – Paul Naïba

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