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Ministère des Affaires Étrangères : des Tontons Macoutes au service des plus hautes autorités

Plus d’une cinquantaine de  jeunes désœuvrés, manipulés et instrumentalisés par la présidence de la République, la primature et le secrétariat général du MCU, selon des informations dignes de foi, ont été lâchés très tôt ce matin à l’assaut de la devanture du ministère des affaires étrangères.

Tels des chiens enragés et dressés, ils avaient comme message à passer dans l’opinion :  exiger le départ du ministre Charles Armel Doubane. Son seul tort : avoir obéi à l’appel du Cardinal Dieudonné Nzapalaïnga demandant à tout chrétien et à tout soldat du Christ de consacrer exclusivement la journée des festivités du 1er décembre au jeûne et à la prière. Au nom de sa foi et conformément à la doctrine et aux dogmes de l’Eglise Catholique, il a accepté tel un soldat, répondant à l’ordre de son haut commandement, de déférer le plus fidèlement possible aux injonctions du Cardinal, l’autorité suprême de l’Eglise Catholique Centrafricaine. Et en homme libre, il l’a fait savoir sur son mur Facebook. C’est en réponse à cette réaction et à son absence constatée, lors des différentes cérémonies des festivités du 1er décembre, que des jeunes gens ont été mobilisés et payés pour aller dénoncer cet acte de haute trahison, selon eux, devant son lieu de travail.

De ce qui s’est passé ce matin, dans la capitale, le journal en ligne « La Voix des Sans – Voix » retient deux (2) choses : D’abord, l’absence de courage politique, à degré ascendant, de la part de la part de nos dirigeants, d’une part, en ce qui concerne le ministre Charles Armel Doubane, et d’autre part, s’agissant des plus hautes autorités de la République ; ensuite, l’utilisation des jeunes désœuvrés comme groupes de pressions et moyens de règlements des conflits politiques ou sociaux.

En effet, en sa qualité de membre du Gouvernement Sarandji et au nom de la solidarité devant fonder et guider toute activité ou toute décision  gouvernementale, le ministre Doubane se devait de ne pas ignorer qu’en répondant à l’appel du Cardinal, il se mettait automatiquement en dehors du Gouvernement. Dès lors, il se devait de s’assumer et d’assumer en toute indépendance et en homme libre ses responsabilités : démissionner. Malheureusement, pour des raisons qui lui sont propres, il ne l’a pas fait et doit être contraint d’accepter aujourd’hui que toute collaboration avec ses anciens amis n’est plus possible. Alors, que faire ? Attendre que le président de la République et son premier ministre puissent  se résoudre à prendre d’un commun accord un décret pour le relever de ses fonctions. Une éventualité. Mais une éventualité qui tarde à venir, parce que, tout comme lui, les deux n’ont pas le courage politique de le démettre de ses fonctions de peur de se mettre à dos ses parrains, au premier rang desquels la toute puissante Eglise Catholique Centrafricaine. D’où leur recours à la méthode de la rue dans le seul but de le pousser à faire comme Jean Serge Bokassa et in fine à partir de lui – même.

Cependant, cette méthode de communication, d’incitation au suicide politique, et de règlements de conflits politiques ou sociaux, à travers des jeunes gens, manipulés, instrumentalisés, drogués et payés, et donc par des voies extra – légales, extra – règlementaires et  extra – administratives, comporte de graves risques pour la survie de notre démocratie et de notre nation.

Pour être plus explicite, il faut souligner qu’ en vue de  couvrir leurs propres faiblesses et leur incapacité notoire à diriger et asseoir leur autorité, Touadéra et Sarandji font appel désormais à un service de fait, c’est – à – dire à ces jeunes gens, dont la mission ressemble étrangement à celle dévolue à des Tontons Macoutes à l’époque de Duvalier, en Haïti, qui s’érigent à des justiciers, se substituent à des officiers de police judiciaire et qui usurpent les nobles fonctions des magistrats pour dire le droit et rendre la justice au nom du pouvoir en place. Ce faisant, ils  apparaissent, en dehors de toute légalité, comme des bras armés du régime.

Alors, adieu la démocratie pour que vivent et règnent ad aeternam vitam le désordre public, l’anarchie, le pouvoir personnel et la guerre civile !

Jean – Paul Naïba

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