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Assemblée nationale : Méckassoua se laisse lui aussi aller à des actes de diversions

Décidemment, la République centrafricaine, ses dirigeants officiels ou occultes, ses représentants nationaux siégeant à l’assemblée nationale, ses travailleurs, ses élites et la presse qu’ils inspirent – ou qui les inspire – ont abandonné le peuple centrafricain à son triste sort, depuis la prise de pouvoir du président Touadéra, le 30 mars 2016. Tous ne font qu’user tous les jours que Dieu fait sur cette terre des hommes, des pouvoirs à eux donnés par ce peuple dans les urnes pour s’enrichir et assouvir des desseins machiavéliques, personnels, égoïstes, partisans, matériels, terrestres et mortels.

Pendant ce temps, alors que tout autour d’eux dégage l’odeur pestilentielle de la mort et que  la vie politique n’est véritablement rythmée que par des révélations de sales affaires de scandales financiers, de détournements des maigres ressources de l’Etat et de malversations financières, d’une part, et mouvementée par des actes de dépravation des mœurs, de déchéance morale et d’inculture politique, d’autre part, plus de 85% du territoire national est occupé par des seigneurs de guerre, des bandes armées et des mercenaires tchadiens, soudanais et nigériens qui tuent impunément, pillent des biens publics et privés, incendient des habitations et des greniers, contrôlent et exploitent des zones minières et lèvent l’impôt.

Les conséquences de cette ignominieuse et irresponsable insouciance dans la vie de la nation, sur l’honneur et la dignité du peuple centrafricain et sur l’image de la République centrafricaine dans le concert des nations dignes et humaines, ne sont plus à démontrer. Le peuple centrafricain se meurt en silence ; la République telle que définie dans ses limites des frontières héritées de la colonisation n’existe plus ; des villages jadis prospères, florissants et débordés de vie ont disparu, plus d’âmes qui vivent, plus d’écoles, plus de familles le soir assises près du feu, plus de chants et des pas de danses au clair de la lune pour célébrer le retour triomphal des chasseurs ou des pécheurs, etc. Contraints de trouver refuge en brousse ou sur les sites des déplacés, du fait des exactions et d’actes de graves atteintes aux droits humains dont sont responsables des seigneurs de guerre, des bandes armées et leurs mercenaires, leurs habitants sont condamnés à vivre de l’humanitaire, dans la promiscuité la plus sordide et inhumaine et exposés à des risques d‘intempéries, de calamités et  de maladies. La cohésion sociale, le vivre ensemble et le partage entre des communautés musulmanes et chrétiennes liées par plusieurs années d’histoires, de traditions et de cultures communes, ont volé en éclats, tel un pot d’argile qui s’est brisé, sous l’effet de la conspiration des comploteurs de la crise et leurs suppôts. Et cela fait déjà plus de 5 ans que dure cette dramatique situation à laquelle tout le monde reste fort étonnement insensible.

Et pourtant, en accédant à la magistrature suprême de l’Etat, le président Touadéra s’était engagé à y trouver des solutions idoines et pérennes : sécurisation et pacification du pays, restructuration de l’armée et  redéploiement de l’administration civile et militaire, retour des milliers des personnes et familles déplacées et réconciliation nationale, et ce, sur la base d’une politique de rupture. Telles étaient ses promesses de campagne.

En réalité, ce n’était que des promesses démagogiques, électorales et à caractère propagandiste, sans lendemain. A leur place ont réapparu deux années plus tard les vieux démons du passé, la mal gouvernance administrative et financière, la corruption généralisée, la médiocrité, le clanisme, la violation délibérée de la constitution, la signature des accords et des conventions de partenariat à tour de bras, des attributions de marché de gré à gré même dans les domaines stratégiques, etc…

Au vu et au su de toutes les forces vives de la nation, c’est – à – dire les partis politiques, les élus de la nation, les syndicats des travailleurs, les élites nationales et les médias. Personne n’ose ouvrir la bouche pour dénoncer cette descente aux enfers et faire des propositions d’une sortie de crise, même si à la demande du mathématicien de Boy – Rabé, l’UA en a élaboré une qui peine à faire l’objet d’un débat public entre centrafricains et centrafricaines. Des propositions de solutions ? Il y en a pourtant eu : celle des partis politiques de la majorité parlementaire présidentielle et d’opposition, et surtout l’initiative parlementaire remise  personnellement à qui de droit par son président Abdoul Karim Méckassoua.

Mais, toutes ont été soigneusement enfouies par les ennemis de la paix et les proches du président Touadéra dans les placards des différents services de la présidence de la République. Et personne n’en parle ou n’ose en parler et avoir le courage politique devant l’histoire et toute la nation d’en débattre directement et officiellement avec le peuple, en convoquant un meeting, comme cela se fait sous d’autres cieux et dans toute société démocratique comme la nôtre. Il ne faut pas avoir peur de le dire : tous ont démissionné et tous sont démissionnaires. Michel Amine, Anicet Georges Dologuélé, Martin Ziguélé, Alexandre Ferdinand N’guendet, Mboli – Goumba et autres dont les représentants siègent à l’assemblée nationale et dont l’une des missions se résume à faire entendre les cris de détresse de leurs électeurs et porter sur la place publique leurs chants d’espoirs, ont abandonné par leur silence complice et coupable la République et le peuple centrafricain à leur triste sort. Quant à la société civile qui avait joué un rôle éminemment historique dans l’avènement de la démocratie dans ce pays, par le combat mené jusqu’au prix du sang par le syndicat des travailleurs et la ligue centrafricaine des droits de l’homme, elle est préoccupée plus à l’interne par des guéguerre de positionnements et des luttes intestines pour des jeux d’intérêts que par la défense de manière désintéressée  de la cause nationale.

De tous ces acteurs de la crise centrafricaine, la pire et l’impardonnable de toutes les responsabilités incombe à Abdoul Karim Méckassoua et à tous les députés de nation, à qui le peuple centrafricain a confié dans les urnes la gestion de sa destinée et celle des générations futures. Liés à ce peuple, c’est- à – dire à leurs électeurs sur toute l’étendue du territoire national, par un contrat social, régi par le noble principe de la redevabilité selon lequel tout élu est tenu de rendre compte de sa gouvernance, ils passent pour le meilleur avocat auquel les uns et les autres doivent recourir pour défendre leurs droits face à la mal – gouvernance ambiante, à la crise insécuritaire sans fin et à la propension inouie du régime de Touadéra à la déchéance morale et à la liquidation de la République. En cela, ils disposent de l’arme la plus redoutable que la constitution leur a donné en son article 61, celle de la motion de censure pour contraindre le gouvernement à changer le fusil d’épaules. Mais, eux aussi englués et trempés jusqu’au cou dans de sales affaires de mal – gouvernance, de querelles intestines et de jeux de positionnement et d’intérêts, ils se laissent aller comme Touadéra et son gouvernement à des actes de diversions pour tromper le peuple et l’opinion et laisser la situation pourrir d’elle même.

C’est le pathétique constat auquel est parvenu le journal en ligne « La Voix des Sans – Voix », en apprenant des sources très proches de l’assemblée nationale, l’annonce de la demande d’interjection d’appel du jugement rendu par le TA dans l’affaire « Mme Dékono C/ le président de l’assemblée nationale ». une affaire qui en réalité n’est qu’un épiphénomène ou une tempête dans un verre, comme dirait l’autre et qui comme tel aurait dû mourir de son propre poison !

Ainsi comme les bourreaux du peuple qui sont au pouvoir, Méckassoua veut rendre coup sur coup et foncer tête baissée dans ce jeu de pugilat que veulent lui imposer coûte que coûte ses détracteurs et tous les ennemis de la République. Ce faisant, il apparait exactement aux yeux du peuple centrafricain comme celui qui veut faire comme les autres dans le seul but inavoué de défendre des petits intérêts. Et en agissant de la sorte, il se détourne de sa mission du défenseur légitime du Temple du peuple, oublie d’œuvrer à la résolution des vrais problèmes du pays, et aux besoins réels du peuple centrafricain qui veut la paix, le pain, la fin de l’impunité, la bonne gouvernance, la moralisation de la vie publique et le respect scrupuleux de la constitution du 30 mars 2016.

Du coup, il se rend lui – même bourreau de ce peuple et sa sentence sera aussi lourde que celle de ses complices devant l’histoire et la nation tout entière. Ceci n’est plus un appel à la pitié, mais un appel à colère; car le peuple en a assez des capitulations continues, des pires  humiliations,   des trahisons sans fin, des fuites de responsabilités,  de permanentes démissions de ses représentants , des lâchetés accumulées et des injures collectionnées tous les jours.

Jean – Paul Naïba

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