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Venez, discutons et voyons si sans la France la Russie seule peut sauver la Centrafrique !

Au nom de la souveraineté mais plus encore au nom du principe de l’autodétermination, la République Centrafricaine est libre d’avoir des relations de coopération avec tous les autres Etats du monde, pour peu que ces relations soient saines et profitables à son peuple. Deux années et demie après son accession au pouvoir, le Président Touadera a l’air de faire de la coopération, la mise qui apporterait la solution définitive à cette crise de plusieurs années qui continue de frapper le Centrafrique. Le Soudan, l’Angola, la RDC, le Rwanda, le Liban, l’Israël, le Vatican, la Russie et maintenant la Chine lui ont déroulé des tapis rouges avec ses proches et pour certains à maintes reprises. Mais à quel prix ? Quid de l’Angolagate ! Quid de l’Accord de San’t Egidio ? Et la France dans tout cela ? A-t-elle tourné le dos pour de bon à son ancienne colonie ? Les autorités centrafricaines dans leurs nouvelles stratégies diplomatiques, ont choisi de « blackister » la France pour ne compter que sur leurs alliés russes ? La France et la Russie se font-elles la guerre au pays de Boganda ? Alors qui en sortira vainqueur et vaincu ?

Le peuple a besoin de comprendre et nous avons l’obligation de l’informer même si cela n’est pas une chose facile à réaliser. Si la démocratie à la centrafricaine est aussi le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, les obstacles sont d’office levés. Mais si la démocratie à la centrafricaine, c’est le gouvernement de certains par certains et pour certains, c’est certain que notre lendemain commun sera incertain. C’est pourquoi il est intéressant de placer dans leurs contextes, les différents types d’interventions qui ont eu lieu dans le pays depuis le début de la crise.

La FOMAC entre 2012 et 2013 avait été mise en place en faveur d’une intervention de la CEEAC plus ou moins solidaire de la Centrafrique à cette époque. La MISCA lui a succédé entre 2013 et 2014 grâce à une résolution des Nations-Unies. Dans la même période, à la demande de la France par l’entremise de son haut représentant près le conseil de sécurité, M. Gérard Araud, une lettre du Secrétaire Général des Nations Unies sollicitait une intervention française en Centrafrique. C’est ainsi que la Sangaris a été déployée dans le pays, sur autorisation du conseil de sécurité par sa résolution 2127 du 5 décembre 2013. Ce serait mentir à l’histoire que de ne pas reconnaître que lorsque les premières troupes Françaises ont foulé le sol centrafricain, des scènes de liesse n’ont pas été observées, ne serait-ce que dans tous les quartiers de la Capitale. La MISCA a dû passer le relai à la MINUSCA parce que la guerre était devenue asymétrique. Par contre, la Sangaris qui est restée plus que six mois, devrait plier bagages pour raison des coupes budgétaires. Normal.

Cependant, parce que la France a le lead de l’UE, le départ des troupes françaises a été compensé par le déploiement des troupes européennes dont la présence aux côtés des FACA fait bonne presse à l’unanimité. Récemment en la faveur d’une résolution du Conseil de Sécurité, la Russie a été autorisée, à la demande une fois de plus de la France appuyée par l’Angleterre et les Etats – Unis faisant fi de leur droit de veto, de livrer des armes à la Centrafrique et s’est même proposée d’entrainer et de former les troupes centrafricaines au maniement des armes russes.

La France et la Russie ne font pas le chat et la souris…

Les praticiens du droit, les vrais intellectuels, les vrais politiciens et ceux qui ont la manie d’analyse politique n’ont pas besoin de s’arracher les cheveux pour comprendre le fonctionnement du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Combien de fois des résolutions du Conseil de Sécurité relatives à des interventions en Syrie ont été bloquées par la Chine et la Russie ? Combien de fois des résolutions du Conseil de Sécurité relatives à des sanctions contre Israël ont été bloquées par les USA ? Les cas sont légions. Mais en ce qui concerne le Centrafrique, mise à part la dernière demande de la Chine pour laquelle les membres du Conseil de Sécurité ont exigé plus de clarifications, aucun de ses membres n’a fait prévaloir son droit de véto pour empêcher une quelconque intervention ou résolution. C’est ainsi que la France n’a trouvé aucune objection à faire lorsqu’il était question d’autoriser la Russie à livrer des armes à la République Centrafricaine. Pourtant, elle pouvait le faire, car tant d’autres anciennes puissances coloniales ou bien de puissances alliées l’ont fait ces derniers temps.

Malheureusement, il y a une tendance qui s’est développée depuis le rapprochement des autorités centrafricaines avec la Russie, laquelle tendance perçoit ce rapprochement comme étant une victoire de la Centrafrique sur la France ou bien une victoire de la Russie sur la France. Rien de tout cela ne peut militer tout naturellement pour le bonheur des Centrafricains. La réponse est toute simple. Il y a quelques années, une des éminences grises de la République, le philosophe et ancien Premier Ministre Jean Paul NGOUPANDE écrivait : « L’Afrique sans la France, la France sans l’Afrique » et était parvenu à la conclusion selon laquelle le continent Africain aura toujours besoin de la France tout comme la France aura toujours besoin de l’Afrique pas forcement et nécessairement dans le format de la France-Afrique qu’on lui connaît. Il n’est pas donc à se dénier que les relations entre deux Etats tels que la France et le Centrafrique ne pourraient être gagnant-gagnant que si et seulement si les Gouvernants des deux Etats fassent preuve de la bonne gouvernance et de la défense réciproque des intérêts de leurs Etats respectifs. Ce n’est pas à la France de construire ses routes, de bâtir des hôpitaux, des écoles pour faire développer le Centrafrique à la place des Centrafricains. La RCA n’est pas sous tutelle, ce n’est plus un protectorat français. Ce n’est pas à la France de combattre la corruption, le népotisme, le clientélisme. Ce n’est pas à Macron d’exiger aux Centrafricains d’être à l’heure sur les lieux de travail. Ce n’est pas non plus à lui d’exiger l’augmentation de salaires en faveur des fonctionnaires etc. C’est trop facile d’accuser les autres mais « les mauvais danseurs accusent toujours leurs pantalons ». C’est au nom d’une quête perpétuelle de paternalisme que d’aucuns perçoivent le rapprochement de la RCA avec la Russie comme une victoire sur la France. Mais si l’on n’y prend pas garde, on risque de déshabiller Saint Pierre pour habiller Saint Paul. Toujours sera-t-il qu’un saint sera nu et le problème ne sera pas résolu. Et comme le dit Blé Goudé : « Soyons la fièvre mais ne cassons pas le thermomètre ».

En coopération, pas d’intérêt, pas d’action…

Le commun des mortels est en train de vivre de visu, une ruée vers la Centrafrique de partenaires tous azimuts. C’est quand même curieux étant donné que les ¾ du territoire sont et demeurent sous le contrôle des groupes armés. Evidemment, il n’y a rien sans rien. Comme les juristes d’affaires aiment le dire : « pas d’intérêts pas d’actions ». Toutes les relations de coopération sont essentiellement basées sur ce principe. Ce n’est la Russie qui en fera l’exception. Ticken Dja FAKOLLY chantait : « si tu me donnes du blé, je combattrai à tes côtés, si tu me donnes de l’or, je t’aiderai à mettre le Général dehors ». Les armes russes sont certes fabriquées par la Russie mais grâce aux efforts du contribuable russe. Ce n’est pas de la gratuité. Que gagnent alors les russes lorsqu’ils livrent des armes à la République ? Qu’est-ce que gagneront les russes, lorsqu’ils aideront Touadera à mettre les Généraux d’opérettes des groupes armés dehors ? Qui remboursera les 25 Millions que Maxime Mokom, Ali Darass, Alkhatim, Abdoulaye Hissein et Nourredine Adam ont perçus entre les mains des russes et des Soudanais lors de la rencontre du Soudan ? On a vu, l’annexion de la Crimée avait un but stratégique pour la Russie qui voulait non seulement faire plier l’Ukraine mais bénéficier du gaz de la Crimée. Et la Russie a gagné. Curieux que la coopération militaire avec la Russie s’accompagne de l’arrivée des groupes de mercenaires tels Wagner et d’investisseurs mi-figue mi raisins tels que ceux de Lobaye Invest Sarlu et de Sewa Security.  Tôt ou tard, on y verra clair. Comme le dit un adage du terroir : « on ne chasse l’écureuil qu’au milieu du feu de brousse ». L’opportunité qu’offre la crise centrafricaine est tellement énorme qu’il faudra en profiter hic et nunc avant que les Centrafricains n’en viennent à se réveiller. Ce sera trop tard. Regardons de près la coopération centrafricano-russe pour nous convaincre déjà d’un certain asservissement qui nous pèse dessus. On reprochait à la France d’avoir flanqué des conseillers techniques dans les départements ministériels.

Aujourd’hui, il y a des conseillers russes partout. Le pire est que le Conseiller Politique Russe de Touadera se comporte en gouverneur. Il peut convoquer qui il veut, quand il veut où il veut comment il entend. Comme il l’a fait quelques jours à l’hôtel Ledger en convoquant des élus de la nation comme de vulgaires individus pour discuter de la déclaration d’entente de Khartoum du 29 août 2018. Il ne lui reste plus qu’à convoquer Boganda, Mahomet, Saint Esprit, Jésus et Dieu.

Voilà ce monsieur qui a convoqué des groupes armés au Soudan pour discuter avec eux sans même informer Touadera qu’il est censé conseiller. Drôle de conseiller pour une drôle de stratégie. Ce n’est pas Maxime KAZAGUI ou bien Faustin Archange Touadera qui nous démentirait puisque le Gouvernement a été ridiculisé à la fois par les russes et par les groupes armés, car Abdoulaye Hissein dont le procès a été reporté à nouveau, estime que ce n’est pas un accord qui a été signé au Soudan mais plutôt un simple communiqué qui engage même les FACA qui doivent faire partie de leur fameux Rassemblement.

Pauvre Boganda !

Par ailleurs, avec Sarandji et Ngrébada, Faustin Archange Touadera est train de rééditer et de se comporter exactement comme François Bozizé et Sylvain Ndoutingaye dans les dossiers URAMIN, AREVA Green BERG où ils avaient leurs intérêts prévus dans les clauses des contrats qu’ils avaient conclus au dos du peuple. Normal ! Sarandji, Ngrébada et Touadéra étaient là, ils ont vu comment ça se faisait. C’est pourquoi ils peuvent le faire à leur tour. C’est ce qui explique la mise en berne du Ministère des affaires étrangères et la diabolisation du Ministre Charles Armel DOUBANE. Le problème est que l’entourage de Touadera n’a pas conscience que d’ici 2021, il y  aura de nouvelles élections dans le pays. Ce n’est pas dit que Touadera gagnera ces élections. Et si Bozizé rentre, Touadera ne postulera pas, bien sûr à moins qu’il veuille la guerre avec son père Bozizé la partition de son empire de Boy Rabe.

Fort de tout cela, combien de temps durera la coopération avec la Russie ? Et même si Touadera gagne les prochaines élections, ce qui est discutable, qu’en sera-t-il après 2026 ? Un autre régime n’est pas obligé de compter sur les russes pour bouter hors du territoire tous ces mercenaires qui écument le pays. Pour rire un peu, la France a organisé son mondial en 1998, elle l’a remporté. La Russie à son tour a organisé son Mondial vingt ans plus tard mais c’est la France qui a remporté. Le remake est-il possible ?

Albert DIMBILIMBI

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