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La responsabilité du malaise ambiant et de la grogne des 850 militaires retraités incombe à Mme Koyara

Comme nous l’avons annoncé dans nos dernières parutions, les nouvelles en provenance du ministère de la défense nationale ne sont pas du tout bonnes. La responsabilité de ce malaise qui règne actuellement dans ce département hautement sensible et stratégique, d’une part, et les en – dessous de la grogne qui se murmure et se susurre dans le rang des 850 militaires retraités, d’autre part,  incombent indubitablement, selon des sources proches de l’état – major des forces armées centrafricaines à la mal – gouvernance incarnée par Mme Marie – Noëlle Koyara, en sa qualité de ministre de la défense nationale et de la reconstruction de l’armée. Et pour cause.

En effet, il n’est aujourd’hui  de secret pour personne qu’à l’ère de la mondialisation, les notions de sécurité et de conflits ont beaucoup évolué. Ce constat impose désormais des réorientations stratégiques dans l’utilisation des moyens de défense au sein et à l’extérieur de notre pays. Selon des experts en la matière, la stratégie de défense et de sécurité nationale est définie grâce à  cinq grandes fonctions stratégiques : connaître et anticiper, prévenir, dissuader, protéger, intervenir.

Dans ce cadre, le rôle du ministère des Armées comme partout ailleurs et non seulement en Centrafrique, est d’assurer la protection du territoire, de la population et des intérêts centrafricains. Il répond aussi à d’autres missions dans le cadre des accords et traités internationaux ou régionaux. Au-delà de ces missions, le ministère des Armées s’implique également dans des missions de service public. Ses moyens humains et matériels soutiennent ou suppléent les actions d’autres ministères, au quotidien ou dans l’urgence, sur le territoire national et à l’étranger.

De ce qui précède, nous pouvons tout naturellement déduire que les missions dévolues à Mme Marie Noëlle Koyara, en sa qualité de ministre de la défense nationale et de la reconstruction de l’armée consiste en peu de mots à élaborer, mettre en œuvre, suivre et évaluer la politique du gouvernement Sarandji en matière de la défense nationale. Et par politique de sécurité nationale ou par stratégie de sécurité nationale, l’on entend la définition, par Mme Koyara et le gouvernement dont elle est membre, des objectifs à atteindre, des moyens à mettre en œuvre et des ressources à mobiliser par l’Etat pour protéger sa population, son territoire et ses intérêts vitaux. Cette mission doit être transversale aux grandes fonctions ministérielles traditionnelles des Etats, comme la défense, la politique étrangère ou la sécurité intérieure, en ce qu’elle appréhende dans une vision d’ensemble les menaces et les risques qui peuvent peser sur la sécurité nationale et auxquels les réponses, souvent multifonctionnelles, requièrent la mise en œuvre de politiques interministérielles cohérentes et coordonnées. A ce titre, elle ne peut exécuter cette bien lourde tâche qu’en s’appuyant sur une franche et parfaite collaboration avec le haut commandement militaire qui est une structure essentiellement technique dont le responsable est connu sous le nom de chef d’état – major des armées.

Selon le Code de la défense dont la République centrafricaine de tradition et de culture françaises a tiré la quintessence de l’organisation et du fonctionnement de son armée, le chef d’état-major des armées est directement placé « sous l’autorité du Président de la République et du Gouvernement ». La confiance doit donc être totale entre l’exécutif et le chef d’état-major des armées.

Nommé en conseil des ministres, le chef d’état-major des armées doit faire l’objet d’un relatif consensus autant dans l’armée qu’au sein de l’exécutif. Et pour cause : en plus d’être le supérieur direct des chefs de l’armée de terre, de l’air et de la marine, il est le conseiller militaire privilégié du gouvernement et du Président.

Le chef d’état-major sert de lien entre le pouvoir politique et l’armée. Il est l’intermédiaire qui transmet les ordres de l’exécutif et partage les attentes de l’armée. Il fait par exemple remonter au pouvoir politique les besoins matériels de l’armée, que ce soit en termes de « ressources humaines civiles et militaires « , qu’en matière « d’infrastructures interarmées ». A ce titre, il « participe à la définition de la politique des ressources humaines du ministère « , indique le Code de la défense. Il est responsable de cette politique devant les armées.

Le chef d’état-major est également chargé de transmettre les décisions politiques auprès des militaires. Il est ainsi responsable « de l’emploi des forces « , et « traduit les directives du Président de la République et du Gouvernement en ordre, dont il est rendu compte de l’exécution ».

Chef de l’armée, il a enfin des compétences purement militaires : il « assure le commandement des opérations ». Il est également un rouage important du renseignement militaire, dont il « assure la direction » et sur lequel il a « autorité ». Il définit enfin « les objectifs de la préparation » des armées et « contrôle leur aptitude à remplir leurs missions « .

Malheureusement, depuis sa nomination à la tête de ce ministère si sensible et si stratégique, non seulement Mme Marie Noëlle Koyara ignore totalement les missions qui sont les siennes mais surtout s’est accaparée de celles qui ne sont pas les siennes : celles du chef d’état – major armées. Au lieu de jouer exclusivement son rôle de ministre, c’est – à – dire de celui qui coordonne, élabore, met en œuvre, fait exécuter et veiller au suivi et à l’évaluation de toute la politique, tout projet et toute action en matière de la défense nationale et de la sécurité, elle veut en même temps être le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre. Et ce, tout simplement pour l’appât des gains faciles, comme dans l’affaire d’octroi du marché de gré à gré de transit de 98 lots de véhicules militaires à Mme Béa.

C’est ainsi que, pour avoir su que la mise à la retraite des 850 militaires sera accompagnée du décaissement de plusieurs centaines de millions de Francs CFA, elle en avait fait son affaire personnelle, alors que le traitement de ce dossier en amont et en aval   dépend  du domaine exclusif  de compétence du haut commandement militaire. A l’arrivée, des contentieux nés des décomptes erronés des droits à verser aux uns et aux autres, la non prise en compte des droits de certains soldats mutins dont les faits à eux reprochés à l’époque ont été amnistiés et dont les salaires régulièrement payés ont été systématiquement détournés par leurs billetaires, des anomalies constatées dans leur grade et leur dernier indice, la rétention d’informations à mettre à leur disposition en temps réel, etc.

Il en est de même pour  son implication à des buts éminemment politiques, cupides et inavoués dans le pilotage du dossier de recrutement de plus de 1.500 soldats dans l’armée, alors que la gestion des ressources humaines, comme il a été évoqué un peu plus haut, relève de la responsabilité du haut commandement militaire.

Cette confusion des attributions et missions, délibérément voulue et entretenue par Mme Marie Noëlle Koyara, ne peut  que saper les efforts fort louables des différents partenaires de la République centrafricaine en faveur de l’armée pour son efficacité et l’accomplissement de son devoir et contribuer à alimenter l’atmosphère délétère qui sévit à ce moment au sein du ministère de la défense nationale et de la reconstruction de l’armée.

La rédaction

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