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Khartoum : les incohérences du gouvernement centrafricain

Que ce soit sur la question de la présence russe ou celle de la recherche d’un accord avec les groupes armés sous l’égide de l’Union Africaine, les incohérences du gouvernement centrafricain se multiplient. Et pour cause !

Il vous souviendra que le 20 août dernier, le ministre de la communication et des médias, porte-parole du gouvernement, Ange Maxime Kazagui, avait indiqué dans un communiqué que le gouvernement n’est pas à l’initiative d’une éventuelle réunion de Khartoum pour la recherche de la paix et réitère son attachement à l’initiative africaine.

Une semaine plus tard, c’est-à-dire ce mercredi 29, ce même ministre sur ce même sujet, se fend d’un autre communiqué pour nous dire que la Fédération de la Russie et le Soudan voisin, qui seraient préoccupés par la situation d’insécurité dans le pays, ont pris l’initiative d’une rencontre à Khartoum avec les responsables des groupes armés et que le gouvernement prend acte de la déclaration faite par les participants.

Et ce, au moment où le Panel des facilitateurs de l’Union Africaine se trouvait encore à Bouar pour rencontrer les représentants des 14 groupes armés.

Il faut dire que cette sortie gouvernementale est au mieux une grossière erreur de communication et relève au pire, de l’incompétence. Vous me diriez que ce n’est pas la première fois.

Car, comment communiquer sur un événement dont on a soi-même décrier l’initiative ?

Cette rencontre de Khartoum devait être en principe un non événement pour le gouvernement. D’autant que la fameuse déclaration d’entente qui en est issue n’est qu’un chapelet de bonnes intentions, un ensemble de voeux pieux. Rien de concret.

L’ambivalence et le double langage du gouvernement sur cette question prouvent inévitablement son peu d’égard pour l’Initiative Africaine. C’est contraint et forcé qu’il se sente obligé de proclamer, à reculons d’ailleurs, son attachement à la démarche africaine.

En réalité, les incohérences et les contradictions qui se multiplient au sein de ce gouvernement de façon inquiétante, démontrent une chose : le régime du président Touadera ne s’appartient pas et ne s’assume pas. Il est tourmenté, ballotté entre plusieurs commanditaires, donc livré à nombre d’idées contradictoires.

Pourtant, l’heure de vérité approche et l’épreuve se présente assez mal.

Adrien Poussou

L’ANALYSE DE BANGUI FM DU 30.08.18

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