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Touadéra, Sarandji et Koba, à quoi sert la majorité parlementaire présidentielle dénommée « Cœurs Unis » ?

Telle est la question que se posent aujourd’hui des centrafricains et des centrafricaines dont les vibrations intuitives ne sont pas encore ankylosées et dont l’âme ne semble pas déjà atteinte par les puanteurs dans lesquelles baigne la République.
Des questions qui fusent de toutes parts au lendemain de la publication de l’article intitulé  Simplice Matthieu Sarandji a présidé une réunion de la majorité parlementaire présidentielle dénommée « Cœurs Unis  », paru dans les colonnes du journal en ligne La Voix des Sans – Voix, en date du 05 août 2018 et tiré d’un post lisible et visible sur le mur du président de ce groupe, en l’occurrence M. Stève Koba, député indépendant de la circonscription de M’baïki 1.
Des interrogations légitimes émanant des citoyens qui ont accepté de confier, par la voie des urnes, la gestion de leur destinée au président Touadéra auxquels ce dernier devra rendre compte le moment venu, et qui veulent tout simplement savoir à quoi sert exactement ce machin comme dirait l’autre, c’est – à – dire le groupe parlementaire connu sous le nom de « Cœurs Unis ».
Croyez – moi, n’en déplaise à tous les thuriféraires du régime et à leurs laudateurs trop fieffés, trop émotifs et trop émotionnels, répondre à cette inquiétude, c’est accepter sans fioritures et sans ambages le débat contradictoire comme il en existe tous les jours partout ailleurs et dans toute société démocratique  digne de ce nom comme la nôtre. C’est aussi avoir le courage politique devant l’histoire et la nation tout entière de dire au peuple centrafricain quelles sont les conditions dont la satisfaction par les uns et par les autres ont conduit tout naturellement à la formation de cette structure politique. Et parler de ces conditions et de ces critères n’est rien d’autre que soutenir l’approche qui consiste tout simplement à expliquer aux militants et militantes des différents partis politiques qui composent ce groupe parlementaire quelles sont les obligations et les droits des uns et des autres, les buts poursuivis par les parties signataires des contrats relatifs à la constitution, à l’organisation et au fonctionnement de cette plateforme parlementaire et les conditions du retrait dont tout membre peut s’en prévaloir et celles de sa résiliation.
Si le député de M’baïki 1, Stève Koba, a été un peu plus explicite sur l’objectif dévolu d’une manière générale à cet intergroupe et qui consiste selon lui à « encourager et à servir d’aiguillon à la mise en œuvre de politiques publiques promptes à assurer la Stabilité du Cadre Institutionnel, la Sécurité, la Paix et le Développement économique et social de notre patrie », d’une part, et sur l’identité de ses membres qui sont tous des députés dont les missions sont celles de contrôler l’action gouvernementale, en tant que législateurs et représentants de la nation et dont la raison d’être vise à travailler à  l’amélioration des conditions de vie de leurs électeurs, il est pourtant resté tout silencieux sur les obligations et les droits des partis politiques en tant que membres  à part entière de cette plateforme.
 Et il l’a fait à dessein. Pourquoi ? Parce qu’il ne voulait pas en parler de peur de susciter de vives réactions de la part des militants et des militantes de ces partis politiques qui ont des députés siégeant au sein de la représentation nationale et qui sans leur consentement, leur mandat, l’avis technique et politique de leurs instances hiérarchiques, et surtout sans un accord politique dûment signé par le président de leur parti, d’un côté, et le président Touadéra, de l’autre, ont accepté à leur grand étonnement de faire partie de cette majorité parlementaire présidentielle. Pour des raisons dont ils ont seuls la réponse, ceux – ci ont élaboré des contrats politiques dont les termes n’ont jamais été débattus, analysés et adoptés dans l’intérêt de leur parti et de leurs militants, au bas desquels ils ont fort étonnement apposé leur signature et celle du député Stève Koba, président de cette plateforme. A ce titre, ils ont agi et continuent sans aucun gêne d’agir seuls, usant des voix de leurs militants et de leurs militantes et du nom de leur parti politique pour défendre et assouvir des desseins et des buts éminemment personnels, égoïstes et catégoriels.
Du coup, pour la majorité des centrafricains, la majorité parlementaire présidentielle dénommée « Cœurs Unis », placée sous l’autorité directe de son président Stéve Koba et qui est composée ainsi qu’il suit : «  Cœurs Unis: 35 députés UNDP: 14 députés MOUNI: 11 députés KNK: 09 députés RDC: 09 députés Apparentés : 5 députés Total « Cœurs Unis & Alliés « : 83 députés (60%) Allié MLPC : 10 députés Allié MNS: 05 députés Allié « Trait d’Union »: 05 députés Total Majorité Plurielle : 103 députés sur 140 (soit 73%) », ne sert absolument à rien du tout. Elle n’existe et ne se bat que pour elle – même, ses 140 membres et leurs maîtres qui ont pour noms Touadéra, Sarandji et Autres. Et Stève Koba l’a lui – même confirmé en disant dans son post qu’ « il y a bel et bien une Majorité Parlementaire Présidentielle « COEURS UNIS & ALLIÉS » à l’Assemblée Nationale qui se réunit sans tapage médiatique ».
 Malgré lui, le mot est tombé : se réunir sans tapage médiatique. Pourquoi donc se réunir sans tapage médiatique pour une structure composée de 140 membres et constitués des représentants des principaux partis politiques existant sur l’échiquier politique national ? Pour le respect des voix à eux confiées par le peuple centrafricain dans sa large majorité, les membres de ce groupe et leur président n’ont – ils pas plus d’intérêt à agir au vu et au su de tous que de se cacher, de tenir des réunions hautement secrètes dont l’ordre du jour n’est pas connu, et de prendre des décisions dont les motivations et les termes sont cachés à leurs électeurs dont ils sont censés gérer la destinée ? Telles sont de pertinentes questions auxquelles personne ne peut répondre à ce jour.
 Mais, comme dirait l’autre, quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup derrière. Et cela ne saurait en être autrement tant dans tout régime où le pouvoir appartient au peuple qui l’exerce à travers ses représentants, doivent prendre part impérativement à  toutes les réunions des partis politiques liés par des alliances politiques ou des accords politiques dûment signés par les différentes parties prenantes, les leaders de ces partis ou leurs délégataires, les présidents des différents groupes parlementaires composant le groupe, et au besoin avec la participation d’autres députés. Remarquez ici qu’il ne saurait donc être exclusivement question d’une affaire des députés eux – mêmes et d’une réunion entre parents, amis, connaissances ou partenaires du moment pour le besoin d’une cause ponctuelle ou de partage d’un quelconque  cadeau. Il s’agit d’une rencontre entre des partenaires  conformément à des engagements politiques pris de part et d’autre, dont les termes sont scrupuleusement consignés dans des documents écrits et dont le respect  ne doit souffrir d’aucune violation sous peine de dénonciation, de nullité et de  résiliation. Et Les points inscrits à l’ordre du jour sont tenus non seulement  d’obéir à la règle de la transparence, de la publicité et de la communication mais surtout faire préalablement l’objet d’une notification régulière par une lettre  d’invitation adressée sous quinzaine à tous les participants et déposée au siège de leur parti.
Ces dispositions pratiques qui relèvent des us et coutumes administratifs des échanges entre des services publics et des institutions de l’Etat au rang desquelles dont les missions se résument à l’animation de la vie politique pour la conquête du pouvoir et son exercice, traduisent ici un signe de respect à l’endroit de ces partis politiques et de leurs militants, et sont de nature à permettre tout naturellement à leurs différents états – major de s’imprégner des points retenus à l’ordre du jour, de  les analyser, d’y faire des propositions idoines et d’affûter leurs positions sur les grandes questions de l’heure qui touchent à la vie de la nation, aux intérêts des populations dont ils ont la charge de la destinée et à l’existence de leur plateforme.
 L’observation stricte de ces pratiques démocratiques, au regard de l’histoire centrafricaine, avait permis aux députés de la majorité présidentielle sous le règne du président Patassé, en 1995, d’avoir le courage politique de se faire violence et de recourir à la motion de censure contre leur propre gouvernement, celui de Jean – Luc Mandaba, incapable de trouver des solutions aux accumulations des arriérés de salaires dus aux fonctionnaires et agents de l’Etat. S’il devait en être ainsi, il y a longtemps que le député Stève Koba et sa majorité parlementaire présidentielle en auraient déjà fini avec leur propre gouvernement, celui de leur cher aîné Sarandji, impopulaire, honni et totalement vomi par leurs propres électeurs dont ils prétendent défendre le droit à la vie, au pain et à la paix.
 Or dans le cas d’espèce, tel n’a pas été le cas pour la simple raison que cette plateforme politique n’est pas l’expression d’une vision commune, d’une ferme volonté de cogestion des affaires de la cité, et d’une détermination des uns et des autres à taire leurs ambitions personnelles et partisanes, à mettre en commun leurs positivités et leurs pulsions créatrices et imaginatives au service de la communauté et à œuvrer inlassablement ensemble pour trouver des solutions aux problèmes qui se posent à ce pays et à son peuple depuis 2012. Elle est plutôt le fruit mûrement et astucieusement réfléchi et soigneusement entretenu de la volonté d’un groupuscule d’individus, bien déterminé et décidé à tricher avec le choix du peuple et  à user des voix de leurs électeurs pour consolider leurs petits pouvoirs et ceux de leurs mentors, s’en mettre plein la poche et assouvir des desseins matériels, terrestres et mortels.
Ne viennent – ils pas d’en faire la démonstration, en adoptant le plus douillettement le projet de loi de finances rectificative 2018, dont l’essentiel des crédits est alloué à la présidence et à la primature et affecté à des dépenses de prestige que sont les fonds spéciaux, les frais de missions, et les achats des véhicules de luxe, et ce, au détriment des départements techniques, prioritaires et porteurs de croissance que sont la santé, l’éducation, les routes et la sécurité ? Ne se sont – ils tus  devant l’évaporation dans les poches de leurs maîtres de  la coquette somme de 5 milliards de Fcfa de recettes des taxes aéroportuaires et des impositions fiscales prélevées sur les convois des véhicules sur l’axe Bangui – Garamboulaye, perçues régulièrement mais non reversées au Trésor Public ?
Affaire à suivre… !
 
La rédaction

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