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Affaire des 5 milliards de FCFA évaporés :  » les recettes du Barc constituent des deniers publics », dixit Parfait BIAKETE

Kangbi-ndara.com / Administrateur du Bureau d’Affrètement Routier Centrafricain (BARC) depuis mai 2013, Parfait BIAKETE, nous livre ses impressions sur son institution qui, selon lui, n’a connu aucune compression, ni de chômage technique bien que le contexte économique et financier soit difficile. Le BARC a même réalisé des économies et augmenté le niveau de son compte DAT à la CBCA. Interview !

Monsieur, veuillez-vous présenter pour nos internautes !

Je suis Parfait BIAKETE, Magistrat, Doctorant en Droit des Marchés Publics.

Administrateur du BARC depuis mai 2013, pourriez-vous nous faire un bref aperçu de l’institution que vous administrez ?

Le Bureau d’Affrètement Routier Centrafricain (BARC) est un organisme de facilitation de transport de marchandises par la route. Il a pour mission :

  • L’affrètement de véhicules de transport routier de marchandises en qualité de commissionnaire de transport ;
  • L’enregistrement des offres et des demandes de transport routier de marchandises en vue de leur publication pour l’information des opérateurs ;
  • L’application des accords bilatéraux de transport international conclus par la République Centrafricaine, lorsque ces accords comportent des clauses de répartition de trafic ;
  • La collecte et le traitement de statistiques de transports routiers ;
  • L’exploitation de transports postaux et de services de messageries.

Il s’agit des missions de service public qui ne peuvent être accomplies que par l’Etat ou par un établissement public. En outre, les ressources du BARC sont constituées essentiellement des redevances et commissions perçues au titre des transports de marchandises, donc de deniers publics. Ces deniers également ne peuvent être gérés que par l’Etat ou un établissement public.

En vous nommant comme Administrateur de cette entreprise paraétatique, quelle était la mission que vous a confiée le gouvernement ?

En mai 2013, le Gouvernement nous a assigné comme objectifs de :

  • Diligenter un audit financier et comptable du BARC pour les exercices 2007 à 2012 ;
  • Préparer la remise en place des organes de gestion du BARC suspendus depuis 2007 ;
  • Faire l’état et recouvrer les créances du BARC ;
  • Gérer d’une manière générale le BARC.

Peut-on avoir une idée sur le Capital social ainsi que les actionnaires du BARC ?

Permettez-nous de faire un survol historique du capital social de cette institution. Par ordonnance N°69/48 du 19 septembre 1969, l’Etat a créé l’Office National d’Affrètement (ONAF) dont le capital est constitué par les seuls apports de l’Etat.

Le 17 juin 1981, l’Etat a pris l’ordonnance N°81/030 pour créer le BARC, une société d’économie mixte, dont le capital social de cinquante millions (50.000.000) de francs CFA était ouvert aux opérateurs privés, notamment les transporteurs, les transitaires et le patronat.

Cependant, aucun de ces opérateurs privés, qui ont souscrit des actions c’est-à-dire qui ont pris l’engagement d’acheter des actions, n’a versé les montants nécessaires afin d’avoir les titres qui leur donneraient la qualité d’actionnaires. Ils ont néanmoins perçu des dividendes indûment. En plus, certains de ces opérateurs n’existent plus, c’est le cas de MORY, PONTECO et SAGA.

Par ailleurs, le bâtiment qui abrite le BARC d’une valeur de plus de cinq cent millions (500.000.000) de francs CFA, appartenant à l’Etat, n’a pas été pris en compte dans le capital social. Cette situation a été révélée par le rapport d’audit financier et comptable mené par le Cabinet FICADEX.

Enfin, l’ordonnance de 1981 qui a créé le BARC n’a pas été ratifiée par le parlement. Elle est donc caduque. Le BARC n’a alors pas de base légale. Ainsi, l’Etat a l’obligation d’élaborer au plus vite un support légal à cet établissement public qui joue un rôle très important dans l’économie nationale. Lorsqu’une loi de base sera adoptée et promulguée, tous les organes de gestion du BARC pourraient être remis en place.

De 2013 à ce jour, comment appréciez-vous l’évolution de la santé financière de votre institution ?

Le contexte économique et financier est certes difficile, mais le BARC n’a pas de problème particulier. Les salaires sont régulièrement versés et les factures des partenaires réglées.

Nous n’avons connu aucune compression, ni de chômage technique. Nous avons même réalisé des économies et augmenté le niveau de notre compte DAT à la CBCA.

En 2011, le BARC avait cautionné dix (10) transporteurs auprès de Ecobank Centrafrique. Ces transporteurs ont bénéficié d’un prêt qui leur a permis chacun d’acquérir un camion. Ce prêt remboursable en trois (3) ans n’avait pas été bien géré. Nous avons demandé et obtenu auprès de Ecobank la consolidation dudit crédit avec un nouveau tableau d’amortissement sur cinq (5) ans. Nous respectons en ce moment nos obligations en tant que caution.

Enfin, l’audit financier et comptable a fait l’état des créances du BARC qui s’élève à plus de six cent millions (600.000.000) de francs CFA. Des actions vont bientôt être menées pour le recouvrement de ces créances.

S’il vous était donné la possibilité d’émettre un vœu en tant qu’administrateur d’une entreprise qui renaît de ses cendres, ce serait lequel ?

Nos vœux sont d’abord ceux de paix, que la nouvelle année 2015 apporte à tout un chacun d’entre nous, la sagesse pour travailler dans l’intérêt général. Quant au BARC, nous prions tous les acteurs de la vie publique de mettre tout en œuvre pour que la réforme engagée puisse aboutir, car le transport de marchandises par la route occupe une place capitale dans l’économie nationale.

Propos recueillis par kangbi-ndara.info, Le Pays et Le Démocrate

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