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Dialogue Politique Inclusif : Analyse de la Feuille de Route pour la Paix et la Réconciliation

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

 

Depuis 2013 la République Centrafricaine est confrontée à une crise sans précédent : des groupes armés aussi bien centrafricains (Goula, Runga, Youlou…) qu’étrangers (Tchadiens, Soudanais, Haoussas du Niger et du Nigéria) ont mené des actions en vue de conquérir le pouvoir. C’est ainsi que le 24 mars 2013, le Centrafricain DOTODJA s’est emparé du pouvoir en s’autoproclamant Président de la République. Dans l’un de ses discours, il a justifié sa prise de pouvoir  par le décèlement  d’un piège qu’on lui aurait tendu au niveau de SIBUT. La suite des évènements nous a édifiés.

L’indien Shafique KESHAVJEE, pasteur de l’Eglise protestante disait : « Lorsqu’un problème est mal posé, toutes les solutions sont fausses ». En effet, dès le commencement de la crise centrafricaine, les conspirateurs, dans leur esprit de diviser le pays, en vue de profiter de ses  ressources pour redresser leur économie en perte de vitesse, avaient cru bon de présenter la situation, comme étant un conflit opposant les chrétiens et les musulmans centrafricains, alors qu’il s’agissait clairement  d’une invasion étrangère, ourdie par eux-mêmes, en  manipulant nos frères du Nord, afin de déstabiliser la RCA, pour piller aisément ses ressources.

Ainsi, le matin, ont-ils fabriqué les SELEKA et le soir les ANTI-BALAKA. En se référant à la chanson de TICKEN FAKOLY, on peut comprendre la méthode employée : « Ils allument le feu, ils attisent et après ils veulent jouer aux pompiers ». Les Centrafricains ont tout compris.

Mais pourquoi en est-on arrivé à cette situation ?

Je peux dire sans risque de me tromper, qu’après la chute  de l’Empereur BOKASSA, les autorités politiques centrafricaines ont, dans l’ensemble, négligé la protection du pays, soit par ignorance, soit par incompétence, soit pour préserver leurs intérêts personnels. C’est ainsi que progressivement, des cartes d’identité nationale sont délivrées aux étrangers, certains sont incorporés dans l’armée nationale, d’autres occupent des postes électifs et tout cela, sans une enquête préalable et sérieuse de moralité.

A cause de cette légèreté de nos autorités politiques, de l’inconscience de certains compatriotes dans l’exercice de leurs fonctions (policiers, gendarmes, douaniers, cadres administratifs et même des magistrats), ces étrangers ont commencé à s’intéresser à la politique nationale et constituent donc une aubaine pour ceux qui veulent avoir une main mise sur la RCA.C’est tout ce qui précède qui a conduit à cette situation  complexe d’aujourd’hui.

Plusieurs tentatives de réconciliation  et de retour à la paix ont échoué. On peut se rappeler de l’Accord de BRAZZAVILLE, du Forum de Bangui, de l’Accord de SANT’ EGIDIO pour arriver aujourd’hui à cette FEUILLE DE ROUTE, née de la  rencontre du Président Faustin Archange TOUADERA et de son homologue tchadien, le Président Idriss DEBY ITNO, à NDJAMENA le 10 novembre 2016.

Le 30 novembre de cette même année  à LIBREVILLE, les Chefs d’Etats et de Gouvernements de la CEEAC, lors d’un sommet extraordinaire, ont décidé de soutenir cette initiative, laquelle doit être conduite par l’Union Africaine, en étroite collaboration avec la CEEAC, les Nations Unies et d’autres partenaires.

L’idée maitresse de la FEUILLE DE ROUTE est celle-ci :«Pardonner tous les criminels en les amnistiant avant de les incorporer, soit dans l’armée nationale, soit  dans les structures socio-économiques appropriées de l’Etat ».

La question que les Centrafricains se posent au sujet de cette initiative africaine  est la suivante : «   Est-ce que la Communauté internationale avait aussi imposé à la France de naturaliser tous les criminels allemands et d’incorporer certains dans leur armée nationale ou dans les structures socio-économiques françaises après la 2ème guerre mondiale, pour qu’aujourd’hui, celle-ci impose implicitement à la RCA, de reconnaître ces étrangers comme de nouveaux centrafricains ? »

L’article 27 alinéas 1, 2 et 3 de la Constitution énonce clairement que : «  Les forces de défense et de sécurité sont au service de la Nation. Elles sont composées exclusivement de citoyens Centrafricains. Elles  sont professionnelles, multiethniques, républicaines et non partisanes ».

Alors, comment comprendre une possible cohabitation entre ces bourreaux étrangers et les militaires centrafricains dont les parents ont été victimes de leurs atrocités?

Une analyse minutieuse de cette FEUILLE DE ROUTE va nous dévoiler tous les pièges qu’elle renferme :

Introduction et contexte

L1.2 : De prime abord, la mission de maintien de la paix des Nations Unies (MINUSCA) avoue être dépassée par les Groupes armés qui menacent le pays d’une partition.

L1.3 : Pour trouver une solution, le Président Faustin Archange TOUADERA a cru bon de tendre la main à ses frères africains pour qu’ils lui viennent en aide dans la démarche de recherche de la paix. Mais s’il avait  pensé que ceux-ci pouvaient l’aider dans la résolution de la crise centrafricaine, croit-il actuellement que tous sont de bonne foi et prêts à l’aider franchement et de manière désintéressée ?

L1.4 : Le sombre tableau du pays que déplore ici la FEUILLE DE ROUTE,  ne serait-il pas dans la logique des conspirateurs de cette crise, à savoir : la politique de la terre brûlée au profit d’un sionisme planifié, en vue de réduire la population autochtone ? En effet, une étude de la cartographie du KM5 pourrait permettre de voir les quartiers qui sont en train d’être annexés, et de se rendre compte de la stratégie subtile de conquête mise en place par les ennemis de notre pays. La même étude pourrait se faire en province.

L1.5 : Le 10 novembre 2016 à NDJAMENA, les Présidents TOUADERA et DEBY se sont rencontrés et il a été décidé de confier le dossier centrafricain à l’Union Africaine, laquelle doit collaborer avec la CEEAC, les  Nations Unies ainsi que d’autres partenaires. A ce sujet, il convient de relever que les Centrafricains n’oublient pas que c’est depuis que le Président Idriss DEBY ITNO a commencé à s’immiscer dans la vie politique centrafricaine, d’abord par une amitié sournoise, pernicieuse avec le feu Président Ange Félix PATASSE qu’il a réussi à faire partir au profit du Président François BOZIZE, lui-même transformé en élève au point d’incorporer des ressortissants tchadiens dans l’armée centrafricaine, lesquels seront encore utilisés par le même DEBY pour l’évincer au profit de DOTODJA qui n’a compris le mécanisme que quand les carottes étaient cuites pour lui-même. Aujourd’hui, toujours téméraire, il vient encore berner  TOUADERA dans un autre coup fourré, à savoir : canaliser le destin de la RCA en l’amenant à accepter une FEUILLE DE ROUTE qui n’a rien à voir avec les intérêts des Centrafricains. En effet, une fois signée, cette FEUILLE DE ROUTE sera un chèque à blanc donné par le Président TOUADERA aux étrangers qui feront de notre pays ce qu’ils voudront. Je me demande qui va sauver la RCA puisque le Président TOUADERA et son Gouvernement semblent déjà approuver l’idée  de cette initiative africaine.

L1.6,7,8 : Dans la perspective de la mise en œuvre de cette FEUILLE DE ROUTE, on relève un engouement particulier des uns et des autres ( Union Africaine, CEEAC, CIRGL, MINUSCA, ANGOLA, CONGO, GABON, TCHAD) surtout en direction des Groupes armés. Je me pose la question de savoir si une telle démarche ne suscitera pas la création d’autres Groupes armés. Par ailleurs, je note que la MINUSCA qui a déjà affirmé son incapacité d’assurer convenablement sa mission devant les Groupes armés qui se renforcent, selon les termes de la FEUILLE DE ROUTE,  s’est attribué une nouvelle mission technique. Pourra-t-elle vraiment s’en sortir ?Les Centrafricains osent  espérer cette fois-ci à la sincérité de toute cette conjugaison d’efforts.

L1.9 : Selon la FEUILLE DE ROUTE, le Gouvernement Centrafricain «  soutient sans ambages cette initiative africaine ». Pour les Centrafricains, c’est le contraire qui les aurait étonnés, car il a toujours été  impuissant devant la pression des conspirateurs.

L1.10 : Il est dit que le peuple centrafricain  attend la réalisation de la FEUILLE DE ROUTE. De quel peuple centrafricain il est question car le vrai peuple centrafricain comprend qu’il s’agit tout simplement d’un  pot – aux- roses. Quant au FORUM de Bangui auquel il est fait allusion, ses importantes résolutions, à savoir : le réarmement des FACA, les sanctions des coupables, le rapatriement des étrangers…)demeurent malheureusement sans suite jusqu’à ce jour.

L1.12 : La vision dont il est question dans la FEUILLE DE ROUTE est-elle réellement celle du peuple centrafricain, notamment : rapatrier les étrangers, punir les coupables, réarmer les FACA en vue de rétablir  la sécurité, l’autorité de l’Etat pour la reconstruction nationale ? Par conséquent l’adhésion du Gouvernement à une vision conçue et proposée par l’extérieur, constituera une haute trahison du peuple centrafricain. En tout cas Emile Zola disait : «Quand on enferme la vérité sous la terre, elle s’y amasse, y prend une forme telle d’explosion que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle ». Donc une conciliation conçue à l’extérieur, ne pourra que relancer de plus belle la crise, parce que contestée, inadaptée, incommode, révoltante.

S’agissant d’un dialogue franc et sincère avec les Groupes armés,  je me demande si dans les pays des acteurs de cette nouvelle initiative, on dialogue aussi avec les bandits. Si tel est le cas, à quoi sert donc la Cour Pénale Spéciale créée en RCA en 2015 ? Une coquille vide !

L1.13 : La FEUILLE DE ROUTE semble oublier un dernier partenaire de la RCA qui est la RUSSIE. Pour quelle raison ? Puisqu’on y cite bien d’autres membres de l’ONU comme les Etats Unis, la France, l’Italie, le Gabon, le Tchad….

L1.14 : Abordant les modalités pratiques de la mise en œuvre de la FEUILLE DE ROUTE, il est prévu sa validation par les instances de l’UA. Il convient de noter ici que depuis la crise centrafricaine, le peuple centrafricain se méfie du Tchad et du Tchadien, fut-il X ou Y. Donc  cette validation sous l’égide de l’UA, dont le premier Responsable est un Tchadien, ne lui inspire pas trop confiance, même si les autorités centrafricaines  acceptent docilement cette proposition.

Objectifs des efforts de paix et résultats attendus

L 2.1 : Même si le problème de Groupes armés a déjà été soulevé plus haut, nous y revenons pour confirmer que ces Groupes armés sont constitués en grande partie d’étrangers qui doivent, soit regagner leurs pays, soit être punis, doublé  d’un traitement psychanalytique. Si la Communauté internationale veut sincèrement aider la RCA comme elle le prétend, qu’elle s’implique pleinement dans le désarmement et la sanction de ces bandits ; que les FACA soient rétablies pour le plus grand soulagement des Centrafricains, aussi bien dans la capitale que dans l’arrière-pays. Sinon comment comprendre que, d’un côté on met l’embargo sur les armes au détriment des forces légales, et de l’autre côté on arme les forces non conventionnelles ?

L 2.2 Concernant l’inclusion d’éléments dans la Feuille de Route :

L 2.2a) : La Feuille de Route insinue une disparité entre les différentes communautés centrafricaines d’une part, et les régions d’autre part.

Il convient de préciser ici que toutes les régions connaissent plus ou moins les mêmes problèmes. La géopolitique a toujours été prise en considération par les différents gouvernements.

En ce qui concerne nos frères du Nord, à savoir les GOULA, les RUNGA, les YULU, ils sont tout simplement victimes d’une manipulation de certains ennemis de la RCA qui cherchent leurs intérêts, lesquels ne sont pas du tout ceux des minorités. En effet, quand ZOUNDEKO, appartenant à cette minorité,  avait compris la fourberie de ceux-là, il avait été immédiatement éliminé alors qu’Ali DARAS, NOURREDJINE, SIDIKI, pour ne citer que ces grands criminels étrangers, sont entretenus, protégés  par ces mêmes gens, qui feignent de se plaindre du sort des minorités. Alors, ZOUNDEKO ne faisait-il pas partie de ces minorités qu’ils donnent l’air de défendre ?D’ailleurs, peut-on encore parler de minorités lorsque celles-ci sont puissamment armées en face d’une majorité sans défense, qui est cruellement massacrée par lesdites minorités ?

L 2.2b) :S’agissant de l’intégration des Groupes armés dans les structures sécuritaires et socio-économiques appropriées de l’Etat et de la société centrafricaine sur la base des principes énoncés par la FEUILLE DE ROUTE, c’est-à-dire la fraternité, la justice, l’inclusion et la cohésion nationale, je crois qu’aucun Centrafricain normal, sérieux, responsable, aimant son pays, ne considérera ces bourreaux comme ses frères et la réconciliation nationale n’est possible qu’entre les Centrafricains et  je suis convaincue que cela se fera naturellement ;l’exemple des partisans du RDC  et ceux du MLPC suite à la crise de 2001 qui, aujourd’hui vivent en parfaite cohésion, sans une quelconque intervention de la Communauté internationale, est une preuve de cette conviction. Mais si la crise perdure encore, c’est uniquement à cause de ces étrangers qui en profitent énormément et qu’on caresse continuellement dans le sens du poil.

Selon toujours la FEUILLE DE ROUTE, les Tchadiens, les Soudanais, les Haoussas doivent être intégrés dans les structures sécuritaires et socio-économiques de la RCA ;je pense que ceux-là seront mieux accueillis au Tchad, au Soudan, au Niger voire chez  BOKO HARAM puisqu’ils sont des terroristes.

Les principes directeurs

L 3.1c : La Communauté internationale reconnait dans ces principes directeurs que la violence, la force et l’usage des armes ne constituent pas une solution aux nombreux défis auxquels fait face la RCA. Qu’attend-elle donc pour empêcher tous ces bandits qui usent continuellement de la violence, alors qu’elle dispose des moyens pour les en empêcher ?Aujourd’hui cette Communauté internationale propose une FEUILLE DE ROUTE qu’elle veut comme unique et dernière solution de paix en RCA, alors que le KM5 qui est une République dans une autre République n’est toujours pas désarmé. Cela démontre cette ambiguïté de la Communauté internationale.

L 3.1e) : Concernant l’idée de la présomption d’innocence, il faut préciser que le peuple centrafricain connait tous les criminels qui jouissent encore d’une protection spéciale de la Communauté internationale. Ces derniers ne sont même pas inquiétés.

Les parties concernées

L 4.4.4 : Est-ce normal que les Parlementaires, les acteurs politiques, la société civile et les victimes  centrafricains ne soient consultés qu’après la conception de cette FEUILLE DE ROUTE qui concerne l’avenir de leur pays ?

C’est pourquoi nous tenons à attirer l’attention de nos parlementaires, des acteurs politiques centrafricains, de la Société civile, que cette FEUILLE DEROUTE est l’arbre qui cache la forêt ; il s’agit de l’avenir de notre pays, c’est-à-dire de sa survie. D’où il est important, une fois, de faire preuve d’une maturité, en résistant aux pressions multiformes, pour empêcher que notre pays ne tombe définitivement entre les mains des étrangers, compromettant ainsi l’avenir de nos enfants qui ne le leur pardonneront jamais. Pour une fois, je vous supplie d’agir au moins, comme nos frères du RWANDA qui avaient fait preuve d’un patriotisme louable, en défendant, en protégeant les intérêts de leur Nation. La jeunesse centrafricaine vous en sera reconnaissante, les ancêtres vous béniront. Je voudrais vous rappeler une phrase de notre Hymne national :«  De nos ancêtres, la voix nous appelle ».Sans prétendre modifier cette phrase, je vous dis aujourd’hui : « De nos ancêtres la voix nous interpelle ».

Facilitation et Coordination

 

Panel de facilitation

L 5.2 : En ce qui concerne les acteurs du Panel de facilitation, les préoccupations de la L 1.14, notamment la méfiance vis-à-vis du Tchad et du Tchadien demeurent valables. Quant aux canaux de communication, j’attire l’attention de tous, que la RFI fait partie des canaux de communication dont on connait son penchant à déformer la vérité, en fonction des directives de son pays. Par conséquent, ses informations doivent être prises .avec des pincettes.

Comité technique

L 5.4 : On constate une fois de plus que la FEUILLE DE ROUTE confie le sort des Centrafricains uniquement aux étrangers en ce qui concerne la composition des membres du Comité technique devant assurer le Secrétariat.

  1. Point focal national de Coordination

L 5.5 :La FEUILLE DE ROUTE charge le Président de la République Centrafricaine du choix d’un Point focal pour assurer la coordination avec le Panel de  facilitation. Si celui-ci ne prend pas en compte les aspirations profondes du peuple centrafricain et accepte un dialogue imposé par l’extérieur, en plus de tout ce que nous avions fait et qui n’avait abouti à rien, je lui conseillerais cette fois-ci d’avoir le courage, le sens de l’intérêt général, pour désigner comme point focal un homme de qualité, c’est-à-dire un homme qu’il faut, pour sauver la RCA. Mais si cela devait se passer autrement, le monde se moquerait des intellectuels centrafricains et il aurait raison, car on comprendrait mieux qu’une telle bêtise soit faite par quelqu’un qui n’a pas mis pied à l’Université, que par vous qui enseignez à l’Université. Sachez que vos étudiants vous observent, les intellectuels, aussi bien centrafricains qu’étrangers, vous apprécieront.

Coordination et partage d’information 

L6.1  Au sujet du partage d’un même d’information, les Centrafricains savent que certains ONG et canaux de communications ne sont que des satellites de certains acteurs de cette médiation dont on connait le degré de nuisance. Les exemples de l’ OIM chez qui, il a été trouvé de quantité de munitions à un moment donné et de RFI qui déforme souvent la vérité, sont édifiants.

Projet d’agenda

 

  1. Les questions politiques et socio-économiques

L 7.1, 4 : La FEUILLE DE ROUTE fait état des mesures d’accompagnement :on peut y opposer cet adage centrafricain qui dit : «  On attire le porc avec le tubercule de manioc ». En effet, les propositions en ce qui concerne l’investissement dans certaines régions, l’octroi des primes aux régions qui ont préservé la paix et la concorde sociale, la transformation de la ville de BAMBARI en un modèle de retour de l’autorité de l’Etat, le Statut des anciens chefs d’Etat etc…sont bien sûr alléchantes. Cependant, jeme pose la question de savoir ce qui est encore caché derrière ces propositions. La ville de BAMBARI semble intéressée davantage la FEUILLE DE ROUTE ; ne serait-ce pas encore cette idée de faire d’elle la capitale de la nouvelle République en cas de partition qui est en train de se mettre implicitement en place ?

Quant au Statut des anciens chefs d’Etat, la Constitution du 30 mars 2016 parle d’anciens Chefs d’Etat irréprochables. Mais si l’on s’en préoccupe ici, c’est tout simplement  pour amener ces derniers à adhérer à cette FEUILLE DE ROUTE.

Les questions de sécurité et de défense

L 7.2. Parmi les différentes actions préconisées dans cette rubrique, dont la constitution d’unités de sécurité de proximité, je me  demande si le Groupe International de Soutien à la RCA (GIS-RCA) s’est enfin rendu compte des limites de la MINUSCA,  pour ainsi  proposer une nouvelle entité de sécurité. Cela confirme bien la préoccupation des Centrafricains quant à la capacité de la MINUSCA d’assurer une  mission supplémentaire. (voir L 1.8)

Schéma opérationnel du déroulement du dialogue

L 8.1.2 : Ici la FEUILLE DE ROUTE indique les modalités de négociation. Mais ce faisant, croit-elle déjà à l’approbation de cette FEUILLE DE ROUTE par les centrafricains ?  En tout cas, ceux-ci pensent qu’aller à un dialogue avec des bandits, de surcroît étranger, c’est reconnaitre et accepter leurs statuts. Par ailleurs, il faut remarquer que dans tout dialogue, c’est toujours la position du plus fort qui l’emporte. Donc, la Communauté internationale veut-elle que les centrafricains aillent cautionner ce que les plus forts ont déjà arrêté ?

Moyens logistiques et financiers

L9.1,2,3 : La FEUILLE DE ROUTE demande une contribution importante du Gouvernement centrafricain à l’effort collectif africain. Sachant d’une part que le parc automobile de l’Etat centrafricain a été vidé par les envahisseurs, et que d’autre part celui-ci dépend actuellement des financements étrangers, et que ces Groupes armés dont il est question, empêchent le Gouvernement de réaliser les recettes fiscales et douanières qui jadis, lui permettaient de faire face à ses obligations régaliennes, je me demande avec quels moyens elle pourra honorer cette demande. N’est-ce pas une moquerie ?

Conditions de succès

L.10.1.a, b, c) : Je fais  remarquer aux initiateurs de la FEUILLE DE ROUTE qu’on ne peut raffermir que ce qui existe déjà. Or, depuis le début de la crise, le peuple centrafricain n’a senti aucune volonté, aucun soutien franc de la Communauté internationale, tendant à ramener définitivement la paix. La preuve est que ce n’est que maintenant qu’ils pensent à l’utilisation du droit international pour sanctionner les récalcitrants. Mais de quels récalcitrants s’agit-il ? Ceux qui existent depuis toujours ou ceux qui s’opposeront à la FEUILLE DE ROUTE ?

Dispositions finales

L 12.1.2 : La FEUILLE DE ROUTE compte sur le Gouvernement centrafricain, en tant que leadership  pour faire avaler cette couleuvre à la population.

Par ailleurs, elle évoque l’Accord de SANT’EGIDIO pour renforcer sa position. Or, l’on sait que cet accord qui n’était qu’une autre duperie,  était conçu dans le même esprit de cette initiative africaine, au point d’amener à se demander si ce n’est pas la même main qui était derrière.

CONCLUSION

Tout  Centrafricain doit savoir que son pays est hautement convoité à cause de ses innombrables richesses, dont certains pays y comptent pour se développer, voire redresser leur économie. Aujourd’hui, le pays ressemble à une jungle où les plus forts cherchent à écraser les plus faibles. Donc la France et le Tchad se sont entendus pour, d’un côté, tendre un piège au Président TOUADERA à travers la FEUILLE DE ROUTE, et de l’autre côté, en profiter pour protéger leurs poulains qui ont posé des actes relevant du Droit international et aussi imposer leur volonté au Président de la République. Par ailleurs, ils se sont rendu compte que la plupart des Centrafricains, par leur comportement n’aiment pas leur pays. L’exemple de notre frère, le centrafricain SAYO dans l’OUHAM PENDE traduit suffisamment cette inconscience. Ainsi, profitent-ils de notre faiblesse pour tenter de quelque manière de s’accaparer de notre pays : le retour à la paix qui tarde, l’entretien des Groupes armés, le refus systématique de rétablir les FACA, l’armement des bandits, montrent à suffisance leur détermination à nous déposséder de notre terre.  C’est pourquoi, nous devons, à partir d’aujourd’hui, être plus que vigilants, unis, courageux, abandonner nos tares, notamment l’inconscience, l’insouciance, l’irresponsabilité, la paresse, la jalousie, le clanisme, le clientélisme et le manque de courage… pour prendre en main le destin de notre pays.

En tout cas, cette FEUILLE DE ROUTE n’est qu’un CHEVAL DE TROIE.

J’ose espérer qu’avec cette analyse, mes compatriotes vont comprendre maintenant  ce qui nous guette.

Cette Etude va être complétée par le prochain intervenant qui parlera des différents enjeux de la FEUILLE DE ROUTE.

Je vous remercie.

Par Mme Yvette NDIAPOU

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