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L’an II de Touadéra : lettre d’un prêtre centrafricain au président de la République

« Message au président de la République Centrafricaine, Faustin Archange TOUADERA. Mr le président, à la veille de l’anniversaire de votre investiture, comme il est de coutume, vous allez vous adresser au peuple centrafricain (il serait mieux que le peuple s’adresse à vous et vous l’écoutez. Mais cela ne sera pas le cas) pour présenter le bilan de deux ans de présidence. Vous allez fêter, certainement avec vos amis. Le peuple centrafricain vous a fait confiance c’est pourquoi il vous a élu, du moins si on se réfère aux résultats des urnes. Vous êtes conscient que le pays était dans une situation chaotique (il l’est encore), quand vous vous êtes porté candidat à la présidence de la République. Cela sous-entend que vous avez une recette pour sortir le pays de sa situation, surtout de l’insécurité due à la présence des groupes armés. Permettez que je m’adresse aussi à vous. Pensez-vous, qu’après deux ans de présidence, vous avez répondu aux attentes du peuple centrafricain, (du moins sécuritaire) ? Je suis conscient que les attentes sont immenses et vous ne pouvez pas faire face en si peu de temps. Sur le plan sécuritaire, qu’est ce qui a réellement changé ? Peut-être Bangui ? Mais le km5 n’est pas encore sous contrôle jusque-là. Le rêve de beaucoup de centrafricains, en vous élisant, c’est de « ramener la sécurité » sur toute l’étendue du territoire. C’est la priorité des priorités. S’il y a la sécurité, le dernier centrafricain peut « se débrouiller » pour survivre.
Beaucoup de centrafricains continuent de dormir dans les brousses, continuent de mourir comme des mouches. A force de pleurer, de crier, le peuple n’a plus la force, n’a plus la voix. Il préfère mourir en silence car il a compris que cela ne sert à rien de crier : personne ne viendra à son secours.
Mr le président, votre silence sur certains actes barbares, crapuleux et sans nom m’étonne. Sous d’autres cieux quand un citoyen est tué, nous voyons tout de suite le Chef de l’Etat arrive sur le lieu, il convoque une réunion d’urgence. Des cellules de crise sont mises en place. Permettez moi une fois de plus de vous poser la question : pendant ces 2 ans, combien de fois vous vous êtes rendu en urgence sur les lieux où les centrafricains sont tués ? Combien de fois vous avez convoqué des réunions d’urgence ?
Pour l’anniversaire de votre investiture vous organisez un tournoi de football à Bangui, à votre honneur. Mr le président, je souhaiterais que ce tournoi soit organisé à Bangassou, à Zémio, Bandoro, Bambari, et bien d’autres parties du territoire. Et cette fête soit célébrée dans ces zones. Cela permettra d’assoir votre autorité du Chef de l’Etat. Il y aura des pagnes et des ti Tshirt avec votre effigie : n’oubliez pas qu’en province les gens sont sans habit. Ils sont dépouillés de tout par ces bandits sans cœur. Pendant que vous allez fêter à Bangui, rappelez-vous qu’en province les gens sont entrain de mourir. Peut-être que ce jour même il y aura des morts.
Assurer la sécurité du peuple centrafricain cela nécessite beaucoup de moyens pour équiper les FACA, la police et la gendarmerie. Pour cela chaque centrafricain doit apporter sa contribution. Voici ma contribution pour la troisième année de votre mandat.
L’Etat centrafricain a besoin d’argent pour faire face à ces nombreuses urgences. Cela signifie qu’avant de dépenser 1 FCFA, il faut réfléchir mille fois. Vous avez effectué plusieurs voyages officiels : Israël, France, Guinée,……. Je veux savoir si ces pays ont imprimés des Tshirt avec votre effigie pour vous accueillir. Imprimer les Tshirt avec l’effigie du président du Portugal, pendant les centrafricains sont dépouillés de tout en province : cela ne vous dérange pas ? Cet argent ne peut pas servir à autres choses pour venir en aide aux centrafricains qui continuent de vivre dans la brousse comme des animaux ?
Certes, vous avez été soutenu au second tour des élections par de nombreux candidats. Vous avez des « dettes » envers ces derniers. Certes le pays est dépourvu d’entreprises : la seule entreprise qui embauche c’est l’Etat. C’est pour cette raison que, pour récompenser ceux qui vous ont soutenu au second tour, vous avez multiplié les ministères : c’est le partage du gâteau. Pour un pays avec tant de problèmes, à quoi réellement sert les 34 ministres ? Sans parler des conseillers spéciaux à la présidence. Chaque ministre gagne combien à la fin du mois ? Et les avantages que les ministres ont en plus de leurs salaires : cela ne vous dit rien ? S’il vous plait : réduisez le nombre des ministres. Il y a des ministères qui existent sur papier mais concrètement, je ne vois pas leur utilité. Vous pouvez récompenser ceux qui vous ont soutenu autrement.
Mr le président, vous êtes scientifique. Vous savez bien que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Regardez autour de vous : les nombreuse causes qui ont été à la base des échecs des précédents régimes sont toujours présentes. Elles rodent autour de vous : pensez-vous que vous pouvez espérer des effets différents ? Pour finir, je ne prétends pas qu’en deux ans vous n’avez rien fait : ça sera méchant et insensé de ma part. Je veux juste dire que la troisième année que vous commencez soit différente. Le peuple centrafricain a beaucoup souffert et continue de souffrir.
Patriotiquement »

Père Dreyfus Yepoussa

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