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Paoua : Quand le déploiement des Faca est assuré par la Minusca en lieu et place de Touadéra et Sarandji

Chaque année, l’examen et l’adoption du projet de la loi de finances constituent, à n’en point douter, un exercice obligatoire, républicain et constitutionnel auquel est assujettie la représentation nationale. Un exercice difficile du point de vue du caractère hautement technique de la matière à examiner, celle des finances publiques  et du droit budgétaire dont la maîtrise n’est pas accessible à tous. Mais un exercice noble et exaltant, car permettant aux représentants de la nation d’exercer l’une des leurs plus importantes obligations envers leurs électeurs : celle du contrôle d’action gouvernementale.

En effet, comme vous le savez, toute loi de finances n’est que l’expression chiffrée ou la traduction en projets et en actions lisible et visible du programme de politique générale d’un gouvernement, et en l’espèce celle qui a été votée en 2017. Parler donc du projet de la loi de finances 2018, c’était parler d’abord incontestablement des réalisations de la loi de finances de l’exercice 2017, sur le plan politique, sécuritaire, socio – économique et humanitaire. C’était  parler, en français facile et en termes de dépenses, de l’utilisation effective, faite par le gouvernement, les entités étatiques, institutionnelles et périphériques, des crédits qui y étaient ouverts, de l’état de leurs engagements, de leurs ordonnancements, de leurs liquidations et surtout de leurs paiements par le Trésor Public, afin de toucher du doigt leur impact dans la vie de nos populations et de la nation.

A ce niveau du débat, les guerriers de la plume et la plèbe avaient justement bien apprécié, in illo tempore, l’importance du discours du Président de l’Assemblée nationale du 2 octobre 2017 dans lequel il n’était pas passé par quatre chemins pour faire assujettir l’adoption dudit projet de la loi de finances à la présentation de la loi de règlement de 2017 qui n’est rien d’autre qu’un document comptable retraçant de manière claire et nette l’exécution de la loi de finances de 2017, titres par titres, chapitres par chapitres, rubriques par rubriques et lignes de crédits par lignes de crédits.

La production de ce document, lors de tout examen d’un projet de loi de finances, a le mérite incontesté et incontestable de faire constater par les élus de la nation, d’une part, et par les bailleurs de fonds , d’autre part, les résultats probants des  efforts déployés par le gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre des différentes politiques nationales de développement, à travers l’atteinte des trois (3) objectifs prioritaires que sont la discipline budgétaire, l’allocation stratégique des ressources et la prestation efficiente des services publics.

Son analyse leur donne l’opportunité d’évaluer les engagements pris par les pouvoirs publics, de mesurer les performances atteintes, de révéler les faiblesses en termes de prévisions et de réalisations et d’y faire des propositions adéquates afin d’éviter des politiques de pilotage à vue, des dépenses non prévues, des surcharges incontrôlées du portefeuille de la dette, et des actes de gabegie et de gaspillage pouvant avoir des incidences financières dispendieuses sur les ressources de l’Etat et contraires aux sacro – saints principes de la bonne gouvernance et de la transparence, gage de tout développement.

Mais hélas, pour des raisons dont nous  avions ignoré les causes profondes, ce document n’était pas disponible dans les dossiers versés dans ledit projet de la loi de finances.

Cette non disponibilité  ne pouvait que  nous  recommander d’observer une réserve sur l’appréciation technique et  l’évaluation des projets prévus dans la loi de finances 2017, dans les domaines prioritaires que sont les routes, les écoles, les hôpitaux et les actions humanitaires en faveur des milliers de personnes déplacées. Cette réserve nous avait empêchés  du coup de nous perdre à des conjectures sur les propositions de projets et actions inscrites dans le projet de la loi de finances 2018.

Mais, ce que nous craignions à juste titre, depuis l’adoption et la promulgation de cette loi de finances, vient de se matérialiser : Touadéra et son cher aîné Sarandji n’ont pas les moyens financiers pour supporter le redéploiement des Faca sur le terrain. Il ne saurait en être autrement tant aucun crédit n’a été prévu à cet effet dans la loi de finances 2018. La vérité a été révélée, après  les dernières attaques de toutes les communes de Paoua, suite à de violents affrontements entre les éléments du mercenaire tchadien Bahar et les combattants de RJ, et quand il s’était agi de faire intervenir les faca en appui aux soldats onusiens dans la zone.  

Pour ce faire, il a fallu d’âpres négociations pour que les dépenses indispensables à la réalisation de cette mission, fussent prises en charge, pendant un mois ou tout au plus deux mois, sur le budget de la Minusca. A quoi alors a servi l’adoption de la loi de finances 2018 ? Où est la volonté manifeste de Touadéra et de son cher aîné Sarandji à pacifier et sécuriser le pays ? A rien ! Si ce n’est à faire augmenter de plus  de 300% leurs fonds spéciaux.

Et pourtant, l’URCA dont le président AGD passe aujourd’hui pour l’homme à abattre du régime, par la voix du président de son groupe parlementaire, avait lancé la sonnette d’alarme. Mais, personne n’avait tenu compte de ses propositions, ni le ministère des finances et du budget, ni la commission finances de l’assemblée nationale. Un message prophétique qui prédisait déjà les conséquences néfastes à venir  de l’absence de ces crédits sur le redéploiement de nos forces de défense et de sécurité sur le terrain.

Afin que nul n’ignore et pour démontrer que le mathématicien de Boy – Rabé et son cher aîné Sarandji n’en ont cure de la défense de l’intégrité du territoire national, de la protection des biens et des personnes et de la préservation des intérêts fondamentaux de l’Etat, le journal  en ligne « la Voix des Sans – Voix », www.lavoixdessansoix.com  revient sur ce qu’avait dit, à ce propos, M. Nalke – Dorogo, dans l’hémicycle de l’assemblée nationale :

 

Aux dernières nouvelles, une réunion sur cette question de financement de l’armée a eu lieu, hier à Bangui, regroupant les plus hautes autorités de la hiérarchie militaire, l’EUTEM et évidemment la Minusca. « L’armée centrafricaine est en train de monter en puissance et cela impose l’élaboration de certains textes », a déclaré à la presse Jean-Pierre Dolle-Waya, Inspecteur général de l’armée nationale au cours d’une session de réflexion ouverte ce 13 février à Bangui. 
L’objectif étant d’évaluer les besoins de l’armée centrafricaine et faire des recommandations au gouvernement et aux partenaires.  Selon M. Dolle-Waya, outre la politique nationale de sécurité validée par le Chef de l’Etat, et le « concept d’emploi de force » signé par la ministre de la défense, l’armée centrafricaine devra aussi disposer d’une « loi de programmation militaire ». Ce sur quoi sont focalisés les travaux de la session de réflexion de trois jours qui réuni les officiers de l’armée centrafricaine et ceux de la mission Européenne EUTM. Cette session, selon lui se focalisera sur l’aspect « finance », pour ainsi satisfaire la trilogie de l’armée constituée  » des hommes, les finances et les équipements ». Jean-Pierre Dolle-Waya précise que l’armée centrafricaine a aujourd’hui les « hommes », les « équipements qui commencent à venir » mais il manque ce qu’il considère comme le « nerf de la guerre », à savoir les « moyens financiers ».  Lesquels, selon lui devront prendre en compte les « infrastructures, les équipements, l’entrainement », afin d’orienter de manière pragmatique les « capacités militaires des FACA » de manière à remplir parfaitement leur mission.

Pourquoi n’avait – on pas tenu compte des propositions de l’URCA ?

Jean – Paul Naïba

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