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CENTRAFRIQUE : UNE RÉPUBLIQUE INDIVISIBLE, UNE DUALITÉ DE POUVOIR ET LES PRIORITÉS DU PEUPLE AUX OUBLIETTES.

La fonction présidentielle était jadis sacrée, y accéder est parsemée d’embûches et assimilée à un véritable parcours de combattant. Mais depuis l’ascension fulgurante de la présidente de transition « du milieu associatif au trône en passant par la mairie de Bangui » et désignée dans des circonstances et normes exceptionnelles tend à dénaturer le caractère sacré de la fonction présidentielle. À cela s’ajoute le passage éclair du président du RPR au palais de la renaissance. Le nombre à suffisance pléthorique des candidats aux dernières élections présidentielles justifie et légitime ce phénomène. Entre les deux (2) tours des présidentielles et avant la prestation de serment de l’élu de la nation, certains candidats malheureux, surtout le collectif des zéros pour cent (0%) ont fait les yeux doux au nouveau pouvoir et d’autres ont mangé leur totem en se fondant dans les différentes institutions étatiques y compris le gouvernement mais les velléités du pouvoir les habitent et les hantent à jamais. Il est important de rappeler que les potentiels candidats aux élections présidentielles de 2021 sont disséminés partout, ils murmurent en douce et peaufinent leurs stratégies ou approches de combats. Certains membres du cabinet présidentiel, de la présidence, du gouvernement ainsi que de l’assemblée nationale aiguisent leurs lames au profit de l’immobilisme en attendant le moment fatidique. D’autres mettent en place un véritable gouvernement parallèle à l’assemblée nationale avec un effectif qui fait un pied de nez à l’organigramme de l’assemblée nationale défini par le règlement intérieur, le tout dans le seul et unique but de créer artificiellement un équilibre politique en vue d’exister. Choqué, le citoyen lambda qui ne comprend toujours rien au régime parlementaire centrafricain s’interroge : La Centrafrique est-elle pilotée par deux (2) gouvernements ? Pourquoi cette dualité au sommet de l’Etat ? S’agit-il d’un gouvernement bis implanté à l’assemblée nationale ? Pourquoi et pour quel motif la bergère répond toujours au berger quand le gouvernement légitime pose un acte ? À quand cesseront ces combats mélangés à distance qui ne profitent au peuple centrafricain ? Pour revenir sur l’entourage du président de la république, la proximité du pouvoir donne t-elle des envies et ambitions présidentielles ? Par ailleurs, peut-on servir et aider valablement un président de la république lorsqu’on projette en douce de le combattre aux présidentielles de 2021 ? Le cercle des fidèles et caciques du président de la république communément appelés les « noyaux durs » peuvent avoir eux aussi des ambitions présidentielles ? Dans l’affirmative, existe t-il des traîtres, des taupes, des corbeaux dans l’entourage du président de la république ? S’ils existent…qu’ils se dénoncent. Évidemment qu’ils existent…mais cette question dérange. Les « juda » en puissance se reconnaîtront et même s’accuseront mutuellement. Désormais tout le monde surveille tout le monde et tout le monde aura peur de l’ombre de tout le monde. Avec ce relent de méfiance qui pollue l’environnement politique, peut-on espérer la paix, la sécurité, la réconciliation nationale et la cohésion sociale tant attendues ? Pourquoi se voiler le visage dans le sillage du pouvoir le temps de s’engraisser, de garnir son carnet d’adresse, de s’opposer et enfin de candidater aux présidentielles dans la dernière ligne droite de 2021 ? Devant cette anarchie qui semble s’installer durablement, la Centrafrique fait montre d’une société sans État.

En de termes simples, une société sans état est une société qui n’est pas gouvernée par un « État » dans le sens juridique. Territoire occupé en majorité par les groupes armés non conventionnels, le pouvoir politique se limite à la capitale et sa périphérie, les services sociaux de base sont inexistants, insécurité et absence de justice…tels sont les attributs d’une société sans État. Toutes ces situations n’ébranlent guère les velléités et la poursuite des intérêts égoïstes de nos autorités qui en dépit d’innombrables morts affichent une indifférence incomparable. Pour finir et en guise de contribution, nous sommons les acteurs de cette anarchie de redonner au peuple le minimum vital qu’il réclame et vous constaterez que vos combats mélangés à distance leur seront indifférents. Mais attention ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c’est moi.

Paris le 26 janvier 2018.

Bernard SELEMBY DOUDOU

Juriste, Administrateur des Elections

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