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Dossier Tchad / 3 avril 2014 : M. Touadéra, le Tchad se retire de la force africaine

800 soldats tchadiens vont quitter la force de l’Union africaine déployée en Centrafrique. En cause, la multiplication des accusations envers leur comportement dans la Misca.

Le gouvernement tchadien a annoncé jeudi le retrait de son contingent de la force de l’Union africaine en Centrafrique, la Misca. Il dénonce «une campagne gratuite et malveillante» contre ses troupes.

Face à des «accusations répétées» contre le comportement des soldats tchadiens de la Misca, dont ils constituent une des principales composantes, «le Tchad, après avoir informé la présidente de la transition centrafricaine, la présidente de la Commission de l’Union africaine et le secrétaire général des Nations unies, décide» de se retirer de la force africaine. «Face à ces accusations répétées, le Tchad […] décide du retrait du contingent tchadien de la Misca», précise le gouvernement. «Les modalités pratiques de ce retrait seront arrêtées de commun accord entre le Tchad et l’Union africaine.»

Le gouvernement assure qu’en attendant, le Tchad assumera «sans failles» sa mission de paix dans les zones relevant de sa responsabilité, sans toutefois préciser quelles sont ces zones.

Des accusations de connivence répétées

Avec environ 800 hommes aguerris, le Tchad fournit l’un des plus importants contingents de la Misca, forte de 6 000 militaires et déployée aux côtés de la force française Sangaris, qui réunit 2 000 soldats. Les militaires tchadiens ont été régulièrement accusés, depuis la prise du pouvoir à Bangui en mars 2013 de la coalition rebelle à dominante musulmane Séléka, de connivence avec ces combattants, voire de passivité face à leurs exactions. Le gouvernement a toujours démenti. Cela leur a valu l’hostilité d’une partie de la population centrafricaine. Le week-end dernier, des Tchadiens ont tué au moins 24 personnes à l’entrée de Bangui après avoir été la cible d’une attaque à la grenade, selon la Misca et le gouvernement centrafricain.

La présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba-Panza, de passage à Paris avant le sommet de Bruxelles, a annoncé mardi l’ouverture d’enquêtes sur cette affaire. Cet incident est le plus grave impliquant des troupes étrangères en Centrafrique depuis la chute du président François Bozizé. Une version démentie par les représentants des milices majoritairement chrétiennes anti-balaka.

La polémique a rebondi au niveau international avec de nouvelles déclarations mardi du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme et de la diplomatie française. «Il semble que les soldats tchadiens aient tiré sans discrimination dans la foule», a accusé à Genève une porte-parole du Haut Commissariat, Cécile Pouilly. Pour Paris, au contraire, la responsabilité incombe «pour une large part aux anti-balaka», selon le porte-parole du Quai d’Orsay, Romain Nadal, qui a demandé «que toute la lumière soit faite sur ces violences».

Depuis un an, l’ancienne colonie française, pays parmi les plus pauvres de la planète, habitué aux coups d’Etat à répétition et aux rébellions, traverse une crise sans précédent qui a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

Par AFP — 3 avril 2014 à 17:12

 

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