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Nation : M. Touadéra et M. Sarandji, votre pouvoir est plus important que la vie des centrafricains !

Dans toutes les nations du monde y compris des régimes dictatoriaux, quand on accède au pouvoir, c’est pour  défendre l’intégrité du territoire national, assurer la protection des biens et personnes et veiller à la préservation des intérêts fondamentaux de l’Etat. C’est le premier devoir. Pour le reste, il va de soi. Sans le respect scrupuleux de ce devoir sacré, aucun développement n’est possible. Tout le monde le sait. Touadéra et Sarandji le savent. Malheureusement, ils donnent outrancièrement et négligemment l’impression de l’ignorer et font preuve d’une insensibilité coupable et dangereuse à la souffrance de leur peuple et à la situation de partition de fait de la République centrafricaine.

Pour preuve : M.  Simplice Matthieu Sarandji, maître de conférences, premier ministre de la République centrafricaine – nation indépendante depuis le 13 août 1960- a fait une déclaration ahurissante, fracassante et révoltante le samedi dernier, au regard de la « révolte » qui a éclaté la veille dans la ville de Bangassou, chef lieu de la préfecture du Mbomou. Il a traité de mains visibles d’une manipulation politique ces compatriotes qui ont essayé et qui essaient tous les jours de défendre leurs épouses, mères, sœurs, enfants et autres parents, face aux exactions et aux tueries les plus horribles des mercenaires étrangers de l’UPC. C’est d’autant plus révoltant que le premier ministre n’en est pas à son premier essai.

En effet, les récentes crises violentes de Bangui en 2016 ont déjà donné lieu à une déclaration similaire, plus explicite, au cours de laquelle le premier ministre accusait les agitateurs de la crise de vouloir renverser le pouvoir de son mentor Touadéra. Mieux, nous sommes aujourd’hui en mai 2017, une année après la prise du pouvoir de Touadéra et l’arrivée de Sarandji à la primature.  Une année au cours de laquelle on attendait de ce régime démocratique, par la force de la légitimité qui le caractérise a priori, des avancées certaines et hautement significatives, dans le sens du retour de la paix, la sécurité, et de la libre circulation des biens et des personnes.  Mais hélas, en dehors de la ville de Bangui qui respire un bon air, grâce au courage et à la détermination des éléments d’autodéfense du Km 5 qui ont décidé d’annihiler les élucubrations des égorgeurs et autres coupeurs de tête qui sont protégés par des forces onusiennes de la Minusca, le reste du pays estimé à plus de 70% ne cesse de subir des avalanches d’âpres tempêtes de violences, d’exactions et d’actes de graves atteintes aux droits humains. Pour être clair et précis, les groupes armés qui sont régulièrement reçus à la présidence de la République et à la primature, au nom de la politique de mains tendues, tuent impunément, massacrent, égorgent, éventrent des femmes enceintes, s’ils ne font pas tout simplement brûler à vifs leurs otages, incendient maisons et greniers et contraignent hommes, femmes, enfants et personnes du 3ème âge à quitter leurs villages, trouver refuge en brousse et à y vivre comme des animaux. Au vu et au su de la Minusca qui ne fait que croiser les bras et laissent faire les éléments de l’UPC.

Entretemps, le premier ministre qui, visiblement, a changé de rhétorique, n’a pas hésité à condamner – tout naturellement d’ailleurs – l’assassinat des quatre casques bleus à Yongofongo, à 25 km de Bangassou, avant que le bilan ne soit revu à la hausse. Mais, et c’est le plus curieux summum de la montée au créneau, il annonçait l’ouverture d’une enquête par le gouvernement et la poursuite des auteurs de ce massacre devant les tribunaux afin qu’ils puissent répondre de leurs actes. C’est d’autant plus curieux d’entendre de tels propos de la part du premier ministre dont le peuple – qui a voté massivement Touadéra – se fait massacrer nuit et jour par dizaines voire par centaines comme à Agoudoumanga, Yassine, à Baïdou et au moment qu’il pérorait encore sur les ondes, les affrontements à Alindao ont donné un bilan provisoire d’au moins 130 morts. Sur ces coups, le gouvernement à travers la personne de son premier ministre n’a rien dit et ne dit absolument rien. Et c’est quand quelques éléments de la Minusca tombent du fait de leur laxisme, de leur passivité et même de leur complicité, qu’il  se permet le luxe de pomper tout le souffle de son thorax pour condamner et promettre une enquête à la plus haute et intelligible voix. Est – on en droit de penser raisonnables ceux qui disent que Touadéra n’est plus que le président de la communauté internationale et non des Centrafricains !

Dans tous les cas, l’insensibilité du pouvoir démocratiquement élu à la souffrance du peuple est telle que même les affligés qui ont survécu à des affres de l’UPC d’Ali Darass et du 3R d’un certain Sidiki Abbas, sont très loin de constituer un motif de préoccupation pour lui. A Mingala, bien avant Alindao, à Nzacko, à Bakouma, on a estimé à plus d’une centaine le nombre des morts. Ce qui se passe encore à Bangassou, dont on ignore tout du nombre des victimes et des faits, dans cette ville, ne semblent que commencer, d’après le courage héroïque et la détermination des éléments d’autodéfense.

Aujourd’hui, il faut remarquer qu’à la suite de la Ouaka longtemps enflammée, deux préfectures viennent de perdre brutalement leur communautarisme légendaire qui a su résister aux ardeurs de la Séléka. La Basse – Kotto et le Mbomou sont à feu et à sang, mais le premier ministre et le président de la République sont tranquilles. Ce silence ou cette bouche cousue des hautes autorités du pays indique clairement que les tueries en cours ne constituent nullement une préoccupation pour le pouvoir. La préoccupation, c’est lorsque des compatriotes prennent une vigoureuse disposition pour se défendre et protéger la nation contre des égorgeurs et des conquistadores : ça finira par une prise de pouvoir !

En tout cas, ce régime qui n’a qu’un an d’existence  fait outrageusement montre de pouvoir pour le pouvoir. Car outre cette insensibilité à la souffrance du peuple, il y a la propagande qui monte progressivement. Centrafrique, pays de tous les paradoxes et de tous les records négatifs, dixit Me Zarambaud Assimgambi.

Prince Coh

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