Centrafrique : M. Touadéra, que font les égorgeurs et criminels Djoubaye et Issabi dans le comité d’organisation du Dialogue politique républicain ?

0
215

 

Dans la soirée du vendredi 30 juillet 2021, le ministre – conseiller en charge de la communication à la présidence de la République, le dragueur des femmes à autrui sur les réseaux sociaux, Albert Mopkem – Yaloké a lu, sur les antennes de la radio nationale, le décret entérinant la désignation des membres du comité d’organisation du Dialogue Politique Républicain.

Sans surprise, l’Imposteur de Bangui, celui qui a été élu seulement par 17% du corps électoral, à l’issue des calamiteux scrutins du 20 décembre 2020, marqués singulièrement par de graves et flagrantes irrégularités qui ont fini par leur dénier tout critère de démocratie, de liberté, de sincérité, de crédibilité, d’inclusivité, d’incontestabilité, de transparence et de légitimité, avec la complicité avérée de la communauté internationale et l’instrumentalisation de l’ANE et de la cour constitutionnelle dont la présidente Danièle Darlan est membre du parti – Etat, le MCU, et desquels plus de 300.000 Centrafricains ont été délibérément exclus, persiste et signe dans son entêtement. L’homme refuse d’organiser un Dialogue politique inclusif et veut plutôt imposer au peuple centrafricain un Dialogue politique républicain et exclusif.

Comme il en avait fait la démonstration, lors des travaux de l’Accord de compromissions de Khartoum, dans le seul but d’utiliser les expressions « Paix » et « Sécurité » et de se servir de son statut d’Imposteur professionnel pour assouvir des desseins politiques inavoués, égoïstes, personnels et partisans, Touadéra a préféré faire appel à des criminels de la pire espèce, au détriment des Centrafricains de la Diaspora dont les mains sont propres et de l’ensemble du corps social. Il s’agit de l’actuel ministre d’état à la justice Dr Arnaud Djoubaye Abazène, et de l’ancien ministre délégué auprès du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation Issa Bi Amadou.

Demi – frère du chef d’état de la transition Michel Djotodia, il a été l’une des éminences grises de la Séléka dont l’accession au pouvoir par un coup d’état contre le régime démocratique de François Bozizé Yangouvonda, le 23 mars 2013, a causé la mort de milliers de centrafricains, chrétiens et musulmans, des centaines de blessés, de milliers de familles déplacées, et qui a précipité la République centrafricaine au bord d’une guerre civile. Tout-puissant ministre d’état aux transports et à l’aviation civile, sous le règne de la Séléka, son nom est régulièrement cité dans plusieurs exactions, graves violations des droits de l’homme, et dans l’assassinat crapuleux du magistrat Martineau Modeste Bria, directeur général des services judiciaires, et de son aide de camp, le 16 novembre 2013, au quartier Sica 2. Point focal de la Cour pénale internationale (CPI), les Séléka craignaient qu’il rendît compte de leurs forfaits à cette juridiction internationale. Le 9 janvier 2018, les avocats et le procureur général, au cours du procès par contumace de ses présumés assassins Bienvenu Junior Boloyane et Malam Oumar  ont beaucoup insisté sur la disparition de téléphone portable de la victime, ainsi que son cartable. Son passeport et son ordinateur auraient été découverts plus tard chez un certain Côme Hassan, un magistrat, qui habitait chez le ministre de la justice et garde des sceaux Arsène Sendé.

Jadis procureur à Bouar, premier substitut du procureur puis premier vice-président du Tribunal de Grande instance de Bangui sous Bozizé, ce cadre de la rébellion Seleka a fait son entrée au gouvernement le 31 mars 2013 en qualité de ministre des transports grâce à son parent le président putschiste Michel Djotodia. Il sera ensuite reconduit au même poste sous tous les gouvernements de la transition de Catherine Samba-Panza. Une fois Faustin-Archange Touadéra élu président, il faudra attendre le gouvernement Ngrébada en mars 2019 au lendemain de la signature de l’accord de Khartoum, pour que Djoubaye Abazène retrouve le ministère des transports et soit élevé dans la foulée adjoint du « chef de race » de l’ethnie Goula par son chef, le cheik Tidjani Dahiya.

C’est à ce titre qu’il a été désigné, au mois de mai 2019, en toute incompatibilité avec les dispositions statutaires du magistrat lui faisant formellement interdiction d’exercer des activités politiques, par le MCU en compagnie de l’ancien 1er vice – président de l’assemblée nationale Jean – Symphorien Mapenzi, pour procéder à l’implantation et l’implémentation des organes de base de ce parti – Etat dans les préfectures de la Vakaga, de la Bamingui – Bangoran et de la Haute – Kotto. C’est à ce titre, afin de neutraliser militairement le FPRC, qu’il a été l’initiateur des affrontements intercommunautaires dont se sont rendus responsables les forces de la coalition PRCN/MLCJ/RPRC  de Nourd Grégaza, Toumoun Déya et Djhono Ahaba, et qui ont ébranlé les villes de Birao, Ndélé et Bria, avec des centaines de morts dont le bébé Amin et sa mère Assan, de nombreux blessés et de milliers de familles déplacées, fin 2019 et début 2020.

Dans son rapport d’Octobre 2020 (1), l’ONG « The Sentry » a prouvé que « Arnaud Djoubaye Abazène, par ailleurs ministre résident de la préfecture de la Vakaga a reçu un appui politique, militaire et financier du gouvernement centrafricain et du groupe Wagner pour appuyer la coalition de groupes armés pro-gouvernementaux RPRC, MLCJ et PRNC qui ont lancé en septembre 2019 des attaques meurtrières à Birao. Des dizaines de civils sont morts et des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées suite à ces attaques qui ont ciblé la communauté rounga affiliée au FPRC, groupe armé opposé au président Touadéra ». Ces graves accusations dont fait l’objet le ministre d’état Dr Djoubaye ont été confirmées dans le rapport du Groupe des Experts de l’Onu, publié le 25 juin 2021, en ces termes :

« Comme indiqué à l’annexe 4.4, au lendemain du coup d’État manqué de la CPC en janvier, des dirigeants politiques originaires de la préfecture de la Vakaga ont constitué, financé et déployé, sous la direction du Ministre des transports et de l’aviation civile, Arnaud Djoubaye Abazene, une milice composée de jeunes armés et recrutés localement. Ils avaient pour objectif de bloquer les itinéraires de trafic d’armes que la CPC empruntait pour se rendre en République centrafricaine depuis le Soudan, par la ville frontalière de Tissi (voir par.31), et de protéger les populations locales contre les attaques des milices soudanaises misseriya, semblables à celle menée à Boromata en décembre 2020 ».

Fort de ce qui précède, une seule question nous vient à l’esprit : Comment un rebelle avec un curriculum vitae si fourni  peut – il d’abord être nommé ministre de la justice et ensuite siéger dans le comité d’organisation du dialogue politique républicain ? Hallucinant, n’est – ce pas ?

Cette question doit être la même en ce qui concerne le nommé Issa Bi Amadou qui a été désigné représentant des minorités. En effet, chef traditionnel, président du conseil national des chefs traditionnels peulhs de Centrafrique, ancien maire de la commune d’élevage de Niem – Yeléwa, ancien conseiller national de transition et ministre délégué auprès du ministre de l’administration du territoire, chargé du développement local, celui – ci est réputé trop proche du mouvement de 3R et de son chef Abbas Siddicki, décédé en décembre 2020. C’est lui qui aurait rédigé les textes fondateurs de ce groupe armé, et c’est en son nom qu’il a été nommé ministre sous la gouvernance de Touadéra, au lendemain de la signature de l’Accord de Khartoum.

Alors que vient faire ce Monsieur dans le comité d’organisation du Dialogue politique républicain, quand nous savons qu’il est reproché à ce groupe armé la commission de plusieurs exactions, de graves violations des droits de l’homme, et pis, le massacre de plus de 50 civils à Koundjili, Lémouna, Djoum – Djoum et Bohong en mai 2019 ? Sur quels critères, a – t – il été retenu ? Quand on parle de minorités en Centrafrique, ne fait – on pas généralement allusion aux communautés « peulh et pygmée »? Mais, pourquoi donc particulièrement cet ancien ministre qui n’a plus de fonctions et  qui a déjà été utilisé par le roublard de Bangui ? Ce dernier ne va – t – il pas s’en servir une fois de plus pour torpiller les résultats des travaux de ce fameux dialogue ? L’idéal ne serait – il pas de désigner un pygmée et quelqu’un d’autre en lieu et place de Issa Bi Amadou pour représenter la communauté peulhe ?

Affaire à suivre……

Imamiah Imhotep Yamalet

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here