Centrafrique : M.POLISSE-BEBE à la manifestation citoyenne du 20/01/2024 à Paris : « je mets en garde les Autorités centrafricaines contre l’instauration d’un Pouvoir dictatorial, antidémocratique et tyrannique en Centrafrique »

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Centrafricaines, Centrafricains, Mes chers compatriotes, Je suis ravi de vous voir si nombreux braver le froid, la fatigue (après une semaine harassante) et la campagne de démobilisation du perroquet ministre conseiller Fidèle Gouandjika afin de venir dénoncer les dérives autoritaires et dictatoriales du régime de Bangui. Mais, avant d’aller plus loin dans mes propos, permettez-moi tout d’abord de m’acquitter d’un devoir, celui de vous souhaiter, ainsi qu’à tous les compatriotes centrafricains, une bonne et heureuse année 2024. Je formule le vœu que celle-ci vous apporte, à tous, la santé, la prospérité, la paix
pour chacune et chacun d’entre vous et surtout un plein épanouissement à vos familles respectives.

Centrafricaines, centrafricains, Mes chers compatriotes, Voici aujourd’hui presque huit
(8) ans que Professeur Faustin Archange TOUADERA a accédé à la magistrature suprême de l’Etat centrafricain comme Président de la République dans les conditions que l’on sait. Malgré tout, son accession à cette fonction suprême a suscité beaucoup d’espoir dans le pays. Son discours d’investiture de l’époque, salué, à juste titre, par toutes les composantes de la société centrafricaine, ainsi que les observateurs étrangers, témoignait d’une réelle volonté de rupture recommandée ardemment par les citoyens lors du forum de Bangui. Le peuple centrafricain meurtri par des années de souffrance abominable générée par la crise militaro-politique avait cru trouver en lui «l’homme providentiel » qui allait enfin le sortir de l’ornière en lui assurant la paix tant espérée, la sécurité, la prospérité économique et sociale, la justice véritable.

Mais quelle n’a pas été la surprise de constater presque huit(8) ans après que les centrafricains s’étaient fait une énorme illusion. Le Président Faustin Archange TOUADERA donne aujourd’hui l’impression de ne pas s’être préparé suffisamment et sérieusement à cette fonction. Pis, il démontre chaque jour que Dieu fait un amateurisme déconcertant, pour ne pas dire une incompétence notoire, dans la gestion des affaires de l’Etat. En sept(7) ans de Pouvoir effectif, ce professeur des mathématiques promu, par la force des
circonstances, Président de la République, a multiplié les erreurs, voire les fautes politiques qui tranchent avec l’esprit de rupture, prôné à l’aube de sa mandature, dans les choix des
compétences, de sa ligne politique, des stratégies en matière de sécurité et de diplomatie. Résultat : la République centrafricaine est à l’heure d’aujourd’hui retombée plus bas qu’elle ne l’était il y a sept(7) ans. Dans presque tous les domaines, le régime actuel a essuyé un échec cuisant qui n’augure rien de bon quant à l’avenir du pays. Et ce n’est pas maintenant que le miracle pourrait s’opérer, surtout quand on voit le profil et la moralité de la plupart des personnes qui occupent actuellement les plus Hautes fonctions de l’Etat, aussi bien au gouvernement, à la Présidence de la République qu’à la Primature ; ce n’est certainement pas du management de ces gens-là que viendra le salut du peuple centrafricain. Bref, tout laisse penser que le Président TOUADERA manque de vision et de cap pour notre pays.

Faute de programme crédible et adapté à la situation du moment, il en vient à faire du « pilotage à vue » comme s’il gérait son multiple foyer plutôt qu’un pays en crise. En effet, un aperçu de la situation actuelle de la République centrafricaine permet de mesurer le bilan calamiteux de la gestion du régime : · occupation de la majeure partie du territoire national par les groupes armés qui font régner la terreur et une insécurité chronique pour
les populations civiles dans les zones occupées ; · isolement diplomatique dû aux conflits larvés (presqu’ouverts) avec la plupart des pays de l’Afrique centrale (notamment le Tchad, le Congo démocratique, par exemple) ainsi que les pays occidentaux (dont la France principalement) sur la base d’une diplomatie belliqueuse et clivante du Président TOUADERA; · délabrement des infrastructures routières, sanitaires, scolaires, énergétiques, hydrauliques (entraînant ainsi le manque de routes, d’hôpitaux, d’écoles, d’électricité, d’eau, etc) ; · aggravation des conditions sociales (entraînant le chômage excessif des
jeunes notamment, la paupérisation de la majeure partie de la population), etc. Même si on ne s’attendait pas à une évolution positive spectaculaire de la situation en sept(7) ans, on
peut cependant établir, sans risque de se tromper, que les choix politiques hasardeux, amateuristes, parfois laxistes, et manifestement irresponsables du Président TOUADERA et
de ses gouvernements successifs ont fortement contribué à aggraver celle-ci. Leur responsabilité directe est donc majeure dans la déchéance exponentielle du pays, autant que celle des mercenaires russes de groupe Wagner qui tuent, volent, violent impunément la population civile et même militaire des Forces armées centrafricaines.

Et comme si tout cela ne suffisait pas, un coup d’état constitutionnel a été effectué le 30 Juillet dernier par ce Président cynique pour se maintenir ad vitam aeternam au Pouvoir. C’en sont suivies les campagnes actives d’intimidation, d’arrestations et de condamnations arbitraires, de tentatives d’assassinat des adversaires politiques et personnalités civiles et militaires gênants. Les cas avérés des compatriotes les députés Dominique Yandocka, Molomadon, Meckassoua, les officiers et sous-officiers Modoua, Kamizolaye, Kohoté Gabia, le ministre Dounda, les citoyens Kaprang, Abdou, et beaucoup d’autres compatriotes anonymes, en sont une parfaite illustration. Je profite d’ailleurs de l’occasion pour demander la libération immédiate et sans condition de tous ceux de ces compatriotes qui croupissent encore injustement en prison. Si le régime actuel voudrait enliser encore davantage le pays, de par toutes ces dérives inadmissibles, il ne s’y prendrait pas autrement. Face à ce danger qui menace la stabilité d’un pays déjà fortement fragilisé par la récurrence des crises diverses et variées, je mets en garde les Autorités centrafricaines contre l’instauration d’un Pouvoir dictatorial, antidémocratique et tyrannique en Centrafrique.

J’appelle, par ailleurs, tous les centrafricains, notamment la jeunesse dynamique centrafricaine jusque-là lésée, spoliée, ostracisée, maltraitée, manipulée par les tenants du pouvoir et leurs affidés MCU compatibles, à se mobiliser afin de mettre un terme, non seulement au coup d’État constitutionnel du 30 Juillet 2023, mais surtout à l’instauration de la DICTATURE au pays de Barthélemy BOGANDA. Pour finir, je veux adresser un message personnel au Professeur TOUADERA : « Au regard de la situation catastrophique actuelle et de celle qui s’annonce, je vous exhorte vous, en tant que Président de la République encore aux affaires, de prendre toutes les mesures nécessaires et indispensables pour assurer une transition démocratique apaisée à la République centrafricaine et permettre ainsi à notre pays de sauver ce qui reste encore d’essentiel pour sa survie ». Vive la République pour que vive le Centrafrique !

Je vous remercie !

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