Centrafrique : le directeur national de la Beac Ali Chaïbou, un vrai pompier pyromane ?

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Il est souvent de coutume d’assister dans notre société à un phénomène qui frise une maladie chez certains sapeurs – pompiers qui déclenchent eux-mêmes délibérément des feux à un bâtiment et cherchent à les éteindre par la suite, et ce, par tous les moyens, dans le seul but d’apparaître comme des héros dans la société et forcer leurs hiérarchies à leur accorder promotion et avantages professionnels. Contrairement aux véritables altruistes, l’intention cachée de la personne qui est atteinte de ce phénomène est de combler son grand besoin d’admiration, d’existence et d’appartenance au rang des hommes courageux et exceptionnels aux yeux des autres.

Cette personne est, en réalité, dans la recherche permanente de la glorification, de la toute-puissance, voire de la déification. À son paroxysme, ce phénomène peut représenter un véritable danger puisque la personne qui en souffre, peut être être obligée de faire un passage à l’acte et mettre en danger la vie des autres. À titre d’exemple, les infirmiers qui sont pompiers-pyromanes risquent d’empoisonner les patients pour les sauver par la suite. De même, certains médecins peuvent mettre fin à la vie de leurs patients, en voulant jouer à ce jeu.

Fort étonnement, c’est le cas d’un certain Ali Chaïbou, directeur national de la BEAC, et comme il s’agit bien de lui, qui se prend pour un malin. Mais comme l’a dit un adage, «  à malin, malin et demi ». Lui qui se croit très rusé et qui se cache derrière son petit doigt vient d’être démasqué. En effet, originaire de la préfecture de la Vakaga, Ali Chaïbou apparaît aux yeux de tous ceux qui l’ont connu comme un fin et grand manipulateur. Durant tout son parcours professionnel, l’homme se révèle être un dangereux caïd. Il croyait dissimuler ce mauvais côté mais cela s’est retrouvé sur le devant de la scène. Dans le drame qui s’était joué dans la préfecture de la Vakaga et celle de la Bamingui – Bangoran, fin 2019 et début 2020, avec des centaines de morts dont des femmes et des enfants, d’innombrables blessés, des handicapés à vie, d’incendies d’habitations et de milliers de familles déplacées, Ali Chaïbou avait eu à tirer sur les ficelles et y avait tenu un rôle éminemment clé.

A ce propos, pour certains, depuis la Banque Maroco dont il fut directeur général-adjoint jusqu’à sa nomination à son poste actuel, Ali Chaïbou s’est toujours comporté en odieux maître – chanteur menaçant de fois ses collaborateurs. De gentilles indiscrétions laissent entendre que l’actuel directeur national de la BEAC était le grand financier des groupes armés qui s’étaient affrontés dans sa ville natale. Et oui, et comme tout le monde le sait,  Ali Chaïbou est de l’ethnie Kara. Et à ce titre, il avait mis la main à la poche pour appuyer financièrement les membres de sa communauté dans les violents combats fratricides qui les avait opposés à d’autres communautés locales, notamment les Goula. Ces sources ont révélé, en outre, qu’il avait alimenté et continue d’entretenir les crises inter- communautaires qui sévissaient et sévissent dans cette partie de la République centrafricaine, histoire de mettre la pression sur le pouvoir en place et s’imposer comme un potentiel médiateur.

De ce fait, il ne cesse de susurrer que Ali Chaïbou et ses soutiens appartiennent à la troisième colonne. Et c’est cette dernière qui feigne de soutenir le régime de Touadéra, mais passerait outre pour le combattre gravement dans le dos. Pour preuve, après la réélection du président Touadéra, il aurait mis tout en œuvre pour être nommé premier ministre. Il se serait même transformé en véritable fichiste – professionnel, initiant régulièrement des notes ou des pseudos – fiches de renseignements à l’encontre de certains ressortissants de la Vakaga, comme l’actuel ministre d’Etat en charge de la justice Arnaud Djoubaye Abazene, pressenti lui aussi à un moment donné pour devenir la 3ème personnalité de la République.

Fort malheureusement pour Ali Chaïbou, le président de la République n’a pas mordu à ses multiples hameçons. Aujourd’hui, les autorités dirigeantes nationales, ayant découvert le pot aux roses, chercheraient à le virer de ses « juteuses et alléchantes fonctions » de directeur national. Informé, l’homme panique et ne cesse de s’agiter. Pire encore, Ali Chaïbou veut coûte que coûte devenir Gouverneur de la BEAC, un poste qui revient de droit cette année à la République centrafricaine, selon les dispositions statutaires. Saperlipopette de saperlipopette ! Il remplirait toutes les conditions pour parvenir à ses fins, si l’Etat pouvait soutenir sa candidature. Seulement, d’après les informations ayant connu l’ombre d’une démonstration convaincante, Ali Chaïbou aurait aussi financé discrètement la rébellion CPC et espérait à travers ces manœuvres politiciennes, in fine, être nommé premier ministre, si jamais cette rébellion parvenait à prendre le pouvoir.

De tout ce qui précède, il faut retenir que son objectif est de prendre sa revanche sur ses frères ressortissants de la Vakaga comme Djhono Ahaba, Djoubaye Abazène, Toumoun Déya et autres qui ont eu la chance d’être nommés au sein des différents gouvernements qui se sont succédé depuis l’avènement du président Touadéra au pouvoir en mars 2016. Faute d’obtenir totale satisfaction, l’homme aurait juré sur tous les toits de combattre à fond le régime de Touadéra.  Averties, les autorités dirigeantes doivent se méfier de ce lévrier de la Vakaga qui ne fait plus mystère de ses ambitions politiques malveillantes et démesurées.

Nous y reviendrons dans nos prochaines publications.

Kassamongoda

 

La rédaction

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