Centrafrique : le contrat de confiance entre l’Imposteur de Bangui et le peuple est rompu à jamais !

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« La haute trahison doit cesser d’être un bout de phrase et un slogan ornant notre Constitution du 30 mars 2016. En nous fondant dans les meilleurs délais sur l’initiative de certains élus de la nation, réfractaires à l’entreprise de la majorité parlementaire présidentielle en cours, visant à obtenir vaille que vaille la rédaction d’une nouvelle constitution et le recours au référendum constitutionnel, les leaders de tous les partis politiques membres du BRDC, les représentants de l’ensemble du corps social et les activistes de la société civile doivent enclencher la procédure de la destitution de l’Imposteur de Bangui, un certain Faustin Archange Touadéra, conformément aux dispositions des articles 123 et 124 de la Constitution, devant la Haute Cour de Justice. Le faire, c’est respecter notre loi fondamentale et c’est permettre à l’avenir, par « l’instauration du référendum citoyen révocatoire », au peuple souverain de démettre le cas échéant tout dirigeant se prenant pour Dieu », s’est – exclamé un retraité assis sur l’esplanade du Bloc – Finances, l’ait dépité, fatigué et affamé. Un homme désenchanté, totalement déçu et désespéré.

Dans toute société humaine digne de ce nom, tout véritable leadership repose sur la crédibilité, autrement dit la capacité à faire vivre l’espoir et à inspirer la confiance en termes de compétence, d’engagement sincère et de probité. « N’intronisez qu’un méritant » et veillez à « rechercher, pour assumer la fonction d’Almamy, un homme désintéressé, qui ne mobilise les biens de ce monde ni pour sa personne ni pour ses proches », et le cas échéant, « remplacez-le par un homme compétent quelle que soit sa lignée ». D’une brûlante actualité dans le contexte socio – politique centrafricain, restent et demeurent ces quelques recommandations, entre autres, formulées déjà en 1776, ici au Fouta, par l’Almamy Cerno Suleymaan Baal.

Sur le même registre, dans toutes les cultures et toutes les civilisations, la parole donnée est sacrée. La parole donnée, c’est une promesse, et comme le dit l’adage, « la promesse est une dette ». Quand le président du Sénégal Abdoulaye Wade, acculé et dépité, s’était réfugié derrière son tristement célèbre « Maa waxoon waxeet », « J’ai dit, je me dédis », pour tenter de forcer le passage vers le 3ème mandat et le ticket de la dévolution monarchique du pouvoir, le peuple souverain lui avait alors asséné une chiquenaude décisive le 23 juin 2011, avant de lui infliger un carton jaune le 26 février 2012 et le coup de grâce du carton rouge le 25 mars.

En outre, Karl Marx a eu à écrire : « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages de l’histoire du monde se produisent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme une grande tragédie, la seconde fois comme une farce sordide. » Que ne nous a pas promis M. Faustin Archange Touadéra, du « mandat chaotique de la transition » à la « gestion sobre et vertueuse, selon les recommandations du Forum de Bangui », sans compter « la patrie sans parti et sans culte de personnalité » ? Au bout de ces beaux slogans, ces aveux tragi-comiques : le coude du prince « sur des dossiers sensibles qui risqueraient de brûler le pays », ses combines, ses arrangements et ses compromissions avec des leaders des groupes armés, des organisations nationales, sous – régionales, régionales et internationales criminelles, en flagrantes violations de la Constitution, « des élections catastrophiques, truquées et non – démocratiques », « exclusion de l’ancien président François Bozizé et de 300.000 Centrafricains », « coopération bilatérale avec des mercenaires du Groupe Wagner et rwandais », « des actes de graves atteintes de droits humains, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité », « diplomatie agressive et instauration de SangoCoin comme monnaie nationale », « bradages de nos terres et de notre nationalité à des étrangers et des rwandais » et patati et patata !

Mais fort heureusement les résistants sont là ; des professeurs, des fonctionnaires et agents de l’état, des retraités, des journalistes engagés, des liveurs et toute la cohorte des migrants et d’immigrés de la diaspora, déterminés à faire bouger toutes les lignes dans leur pays s’y opposent pour dire NON et, soit dit en passant, l’explosion d’une nouvelle génération et d’une jeunesse combattante en quête du changement et aux talents multiples est un signe des temps ; et elle ne se laisse guère désarçonner par le nouveau « spectre du terrorisme » agité par les faussaires au pouvoir et que la bourgeoisie internationale tente cyniquement de substituer au « spectre des partis uniques » d’antan. Cette jeunesse debout, solidement encadrée par le Mouvement Citoyens debout et Solidaires et le BRDC,  monte la garde et, tel cet arbitre de foot, elle n’hésite pas à prendre la VAR à témoin – Assistance vidéo à l’arbitrage – pour démasquer les Tontons Macoutes et leurs chefs, sans qu’elle ne soit comprise.

« Je vous ai compris », avait lancé le Général de Gaulle le 4 juin 1958 à Alger aux masses mobilisées et assoiffées d’indépendance. Si pour les Algériens « je vous ai compris » n’avait qu’une seule signification : l’indépendance, De Gaule lui à ce moment-là ne faisait que ruser : il a donc fallu au FLN poursuivre la lutte jusqu’en juillet 1962 pour arracher l’indépendance. « Je vous ai entendus, je vous ai compris » : quand l’Imposteur de Bangui lâche ces mêmes mots à la jeunesse centrafricaine en révolte contre l’Ami du Patron du Groupe Wagner Evgueni Prigojine et la dictature des prédateurs des républiques socialistes soviétiques, contre l’injustice de leur justice, contre leur « Parlement » transformé en chambre d’applaudisseurs, d’enregistreurs, de corrompus et de corrupteurs, contre la mainmise des multinationales criminelles sur notre économie, contre le chômage et la pauvreté des desperados de nos villages et nos quartiers, la jeunesse résistante aux mains nues ne peut en toute bonne foi se satisfaire des mensonges de ce Monsieur éclatés au grand jour.

Où sont passés en effet les 2,2 milliards de dollars d’aides financières, octroyées au gouvernement centrafricain, après le sommet de Bruxelles en novembre 2016 ? Et les milliers d’emplois, les 100 000 logements, les fonds de DDRR, les routes et les édifices publics devant être réhabilités sur les fonds saoudiens, les 2.000 milliards de Fcfa de crédits ouverts dans les lois de finances de 2016 à ce jour, et j’en passe ? Pourquoi n’y a – t – il pas d’écoles, d’hôpitaux, et de routes ? Pourquoi les armes continuent – elles de tonner dans nos préfectures, nos sous – préfectures, nos communes et nos villages ? Pourquoi constater « in dies singulos » des actes permanents de violations de la Constitution, des droits humains, des principes et des valeurs démocratiques, avec des pratiques régulières d’instrumentalisations de la justice, de politique de désinformation et de manipulation de l’opinion, de restrictions des libertés publiques, individuelles et collectives, de chasse aux opposants, de compromissions légalisées et de pactes légaux avec des mafiosi ?

In hoc casu, quelle est, donc, l’urgence de réécrire une nouvelle constitution ? Il n’en a aucune, si ce n’est la volonté d’un homme de s’octroyer une présidence à vie et des Discours d’un autre âge, faisant suite à la résistance citoyenne des journées des dernières journées de meeting et à l’étincelle des bastonnades sur le terrain de l’Ecole de Bimbo par les forces spéciales de l’Imposteur de Bangui, s’il en est, arrogant et haineux de la part des pontes du régime aux abois, renvoyant à l’époque sombre de la dictature du parti unique « RDC », des répressions barbares et des anathèmes des années de braise : « conspiration, actes terroristes, forces occultes identifiées et certainement ‘‘téléguidées de l’extérieur’’, grand banditisme, insurrection organisée… » ; et les hâbleurs intarissables, fatigués de la révolution, devenus les plumitifs porteurs d’eau pour la défense et la justification des pires turpitudes de Touadéra, de surenchérir à grand renfort de coups de gueule contre d’imaginaires « talibans, djihadistes et salafistes, agents des lobbies » et autres balivernes.

Là où il y a oppression naît la résistance, c’est une loi universelle dans l’histoire des luttes des peuples. Les fatigués de la révolution et leurs nouveaux rois, qui injurient les masses en lutte, défendent « la stabilité » de leur gros fromage, mais certainement pas les intérêts du peuple souffrant, des jeunesses dans le désarroi en particulier, le présent et l’avenir pourtant de la République centrafricaine, comme de l’Afrique. À ceux qui ont encore des yeux pour voir, il n’échappe pas cette vérité crue : les casses des émeutes de l’injustice et de la faim ne sont ni suscitées ni encouragées par de prétendus « cagoulards experts en déstabilisation », elles ne sont que le reflet, grandeur nature, de la modification de la constitution, de l’extrême pauvreté, de misère sociale et de désespoir extrême qui est le lot de la majorité des populations de nos villes et de nos campagnes, face à l’opulence insolente, à la gouvernance des injustices et des inégalités si caractéristiques de ces élites de parvenus et de corrompus qui obstruent tout horizon de progrès pour nos pays. Et ces gens-là ne reculent jamais sincèrement, pour paraphraser F. Fanon, ils peuvent capituler, mais ils ne se convertissent jamais.

C’est pourquoi il serait périlleux de crier victoire et de baisser la garde : résistance populaire non violente et combat démocratique de masse, organisation, discipline, vigilance et persévérance, tel doit rester le viatique. Une leçon de chose politique s’impose à nouveau clairement : l’État, l’appareil d’État, ses organes de répression et ses institutions ne sont jamais neutres. L’unicité fondamentale des intérêts de classe de l’État néocolonial au service de l’impérialisme russe et rwandais et de ses sous-préfets qui occupent « le Palais du Gouverneur Général », ne saurait être gommée par la séparation fonctionnelle des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire : toute l’expérience et la pratique de la lutte en cours le démontrent amplement, même s’il existe nombre de magistrats, de parlementaires, de gendarmes, policiers et soldats, ou de décideurs de l’administration publique qui, par engagement et éthique personnelle, entendent rester des patriotes et des citoyens honnêtes.

La refondation des institutions et de la société sur la voie tracée par les Recommandations du Forum de Bangui, la refondation du modèle démocratique et de gouvernance de notre pays constituent aujourd’hui plus que jamais des enjeux et des défis incontournables. À titre d’illustration, la haute trahison doit cesser d’être un bout de phrase ornant notre constitution du 30 mars 2016, et la destitution, par l’instauration du referendum citoyen révocatoire, devrait permettre à l’avenir au peuple souverain de démettre le cas échéant tout dirigeant se prenant pour Dieu le Père et n’en faisant qu’à sa tête au point de vouloir brader nos terres et notre nationalité à des étrangers et des rwandais. Sur le même registre, les manifestations pacifiques encadrées en toute responsabilité par les forces de l’ordre de la République est un droit constitutionnel qui ne doit être objet ni de négociation ni de chantage ; et la nomination d’un juge des libertés devrait contribuer à restreindre les abus de certains procureurs abonnés à la délivrance de mandats de dépôt à tout-va.

Par conséquent, l’Imposteur de Bangui doit savoir dès maintenant que le peuple est debout et mobilisé, les yeux ouverts. Venu le temps de la promotion en actes d’une nouvelle façon de faire la politique au service prioritaire des peuples de République centrafricaine et de l’Afrique, loin de toute approche de corruption, de concussion, de recherche de privilèges personnels, de reniement ou de trahison de la parole donnée, mais au seul nom de la vérité vraie et de la vraie justice. « Ni Messie ni Sauveur. Révolue l’époque des prophètes, désuète l’ère du JE, du MOI ou de l’EGO de la suffisance et de l’arrogance, finis la roublardise, le spectacle et l’artifice érigés en stratégie politique, finie la tyrannie du bavardage et de la politique politicienne. Il est venu le temps de l’effort collectif, le temps de l’engagement solidaire au service de l’intérêt général et de l’épanouissement individuel, le temps de l’obligation de rendre compte, le temps de la participation et du contrôle citoyens vigilants, le temps d’un leadership nouveau fondé sur la capacité d’anticipation, la compétence, l’humilité, la proximité et le terrain, la pédagogie de l’exemple et le respect dû au citoyen en tant que COMBATTANT, conformément au principe selon lequel le dirigeant n’est que le « primus inter pares », choisi comme premier responsable parmi des hommes libres et égaux, pour piloter le navire de leurs espérances communes », comme l’avait dit Madieye Mbodj, le 5 octobre 2006.

À ces propos, font écho ces mots d’Ousmane Sonko : « Le Sénégal n’a pas besoin de messie ni de héros, mais d’une masse critique de citoyens conscients des enjeux et qui ont le courage d’agir ». Tâchons donc tout simplement d’être du contingent de ces « citoyens conscients des enjeux et qui ont le courage d’agir », afin d’incarner, de mériter et de ne point décevoir le nouvel espoir en train de germer sur notre terre du Centrafrique et d’Afrique. Le contrat de confiance est bel et bien rompu entre l’Imposteur de Bangui, un certain quidam du nom de Touadéra et le peuple centrafricain, sa jeunesse en tête. Et sans le capital confiance, sans la flamme de l’espoir, point de leadership qui porte en avant : le roi est nu, nous devons le faire partir par tous les moyens, vive la République !

Jean – Paul Naïba

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