
Le Conseil d’administration du FMI achève la deuxième revue de l’accord de facilité élargie de crédit en faveur de la République centrafricaine et approuve un décaissement de 25 millions de dollars
24 juin 2024
Le Conseil d’administration du FMI a achevé aujourd’hui la deuxième revue de l’accord de facilité élargie de crédit en faveur de la République centrafricaine (RCA). L’achèvement de la deuxième revue permet un décaissement immédiat de 18,60 millions de DTS (environ 25 millions de dollars) à la RCA pour répondre à ses besoins prolongés en matière de balance des paiements et soutenir les dépenses prioritaires en faveur des services publics de base.
L’économie devrait croître de 1,4 % en 2024, contre 0,7 % en 2023, tandis que l’inflation diminuera progressivement au cours des années suivantes. Ces projections dépendent de l’accélération des réformes du marché des carburants. La mise en œuvre du programme a été globalement satisfaisante compte tenu des fragilités et des incertitudes importantes.
Washington, DC : Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé aujourd’hui la deuxième revue de l’accord de facilité élargie de crédit (FEC) d’un montant de 147,48 millions de DTS (environ 197 millions de dollars) en faveur de la République centrafricaine (RCA). La FEC a été approuvée par le Conseil d’administration du FMI en avril 2023 (voir communiqué de presse n°23/129). L’achèvement de cette revue permet le décaissement immédiat de 18,60 millions de DTS (environ 25 millions de dollars), portant le total des décaissements au titre de la FEC à 49,07 millions de DTS (environ 65 millions de dollars).
En achevant la revue, le Conseil d’administration a également approuvé la demande de dérogation des autorités pour non-respect du critère de réalisation de non-accumulation d’arriérés extérieurs. En outre, le Conseil d’administration a achevé l’examen des assurances de financement au titre de la FEC. Le Conseil d’administration a également approuvé l’augmentation de l’accès au titre de la FEC pour permettre à la RCA de répondre aux besoins supplémentaires de la balance des paiements causés par le retard des décisions de dépenses en capital en 2023.
La FEC fait partie des efforts coordonnés des institutions financières internationales pour soutenir la population centrafricaine. Il continuera d’aider le pays à répondre aux besoins prolongés de sa balance des paiements et à soutenir les dépenses consacrées aux services publics de base, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. La FEC a permis d’ancrer d’importantes initiatives liées à la gouvernance, notamment le renforcement en cours de la Cour des comptes et de la cellule de renseignement financier. Les autorités se sont engagées à renforcer davantage les cadres de gouvernance, de transparence et d’intégrité financière.
Après une croissance modérée en 2023, l’activité économique devrait croître à un rythme plus rapide à l’avenir, sous réserve d’une mise en œuvre approfondie des réformes convenues sur le marché des carburants, celles-ci visant à améliorer l’approvisionnement en carburant et à réduire les prix à la pompe. En 2024, l’inflation devrait rester élevée, autour de 5 %, tirée par les prix de l’énergie et des produits alimentaires. Les pressions sur les dépenses continuent d’éclipser les améliorations dans la collecte des recettes. Atteindre l’objectif de déficit primaire de 2,8 % du PIB cette année nécessiterait davantage d’efforts. Un resserrement de la politique budgétaire est important pour remédier aux vulnérabilités croissantes en matière d’endettement.
La refonte du marché des carburants reste essentielle à la stabilisation macroéconomique et à une croissance à la fois durable et inclusive en RCA. Depuis la fin du système de subventions en 2022, le marché des carburants est en constante évolution, caractérisé par des pénuries récurrentes de carburant et des coûts d’importation prohibitifs. Cela a également créé les conditions propices au développement des marchés informels des carburants et à l’érosion des recettes fiscales. Le gouvernement, avec les missions d’assistance technique du FMI en février 2023 et 2024, a adopté un plan d’action de réformes dans ce secteur.
Suite aux débats du Conseil d’administration, M. Kenji Okamura, Directeur général adjoint et Président par intérim, a publié la déclaration suivante :
La République centrafricaine (RCA) a démontré son engagement en faveur des réformes structurelles dans le cadre de l’accord FEC malgré une fragilité profondément enracinée et une incertitude considérable. Le soutien financier et technique des partenaires de développement reste essentiel au succès du programme, pour surmonter la fragilité et atténuer les besoins humanitaires. La performance du programme a été globalement satisfaisante. Tous les repères structurels sauf un ont été respectés, les autres étant mis en œuvre avec retard. Tous les critères de réalisation sauf un pour fin décembre 2023 ont été remplis. Le critère de non-accumulation d’arriérés extérieurs n’a pas été respecté, tout comme les objectifs indicatifs en matière de dépenses sociales et de dépenses par le biais de procédures extraordinaires. Des actions correctives ont été prises en conséquence. L’adoption d’un nouveau code minier témoigne de l’engagement des autorités en faveur des réformes et du développement économique.
Des mesures décisives sont nécessaires pour mettre pleinement en œuvre le plan d’action pour le marché des carburants en vue d’améliorer l’activité économique, la collecte des recettes et de réduire le coût de la vie. Un marché des carburants qui fonctionne bien est essentiel à la fois pour la viabilité budgétaire et la stabilité macroéconomique. En outre, les autorités devraient continuer à renforcer les mesures de recettes non liées aux carburants, ainsi qu’à recouvrer les impôts en souffrance.
La performance du programme dépend également d’une gestion des finances publiques (GFP) plus rigoureuse, en particulier du contrôle des dépenses. L’amélioration de la GFP est essentielle pour contribuer à prévenir les arriérés, le recours excessif à des procédures extraordinaires et la sous-exécution des dépenses sociales. Une stratégie proactive de gestion de la dette reste cruciale dans un contexte de risques élevés de refinancement. Les subventions et les financements hautement concessionnels devraient être recherchés pour limiter la dépendance à l’égard de sources de financement coûteuses.
Les réformes de la gouvernance viendront compléter les efforts de GFP. Les autorités devraient mettre en œuvre le plan institutionnel de la cellule de renseignement financier et prendre des mesures pour rendre opérationnelle la nouvelle loi sur la Cour des comptes.
Le programme économique de la RCA restera soutenu par la mise en œuvre de politiques et de réformes convenues entre les institutions régionales de la CEMAC, qui visent notamment à soutenir une augmentation des avoirs extérieurs nets régionaux, qui sont en fin de compte essentiels au succès du programme.
FMI