Beac : M. Ali Chaïbou, que dites – vous des désagréments causés par la circulation des pièces et des billets détériorés ?

0
52

Regardez bien dans vos tiroirs, vous y trouverez sûrement des pièces de monnaie ou des billets de banque un peu abîmés. En effet, à force de passer de main en main, les billets peuvent se déchirer et les pièces s’user. D’ailleurs, il n’est de secret pour personne et il est même devenu une règle que dans les taxis et bus, les boutiques et les kiosques, on ne peut accepter ou prendre ni un billet ni une pièce usés. Heureusement, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale en abrégé Beac, en sa qualité de banque d’émission doit les accepter et les échanger. Problème : absence de communication et de sensibilisation sur son rôle dans son domaine. Un silence total dont ne cessent d’être victimes des fonctionnaires et agents de l’Etat, des salariés, des commerçants, etc. Bref, des usagers du Francs CFA qui n’en peuvent plus d’être rabroués et même insultés pour avoir été obligés de remettre à un chauffeur de taxi ou de bus un billet détérioré ou une pièce usagée. Un silence coupable comme si les uns et les autres avaient le droit de refuser un billet détérioré ou une pièce usagée. Alors que faire  des billets et des pièces sont détériorés ?

Billet_de_2000

Une durée de vie limitée

Du client au commerçant, du commerçant à la banque, de la banque aux clients… les pièces et les billets circulent beaucoup ! En peu de temps, ils peuvent donc s’abîmer. Ce sont les billets qui s’usent le plus rapidement, car ils sont en papier, une matière fragile. Leur durée de vie est de 1 an et demi, 2 ans. Grâce à leur métal résistant, les pièces peuvent être utilisées bien plus longtemps, jusqu’à plusieurs dizaines d’années ! 

La destruction des billets usés

Lorsqu’un billet est déchiré ou si, par exemple, quelqu’un a écrit dessus, il faut le retirer du circuit des échanges et le remplacer. Les billets que l’on doit changer le plus souvent sont ceux de 500 Francs CFA, car ils s’abîment très vite : ce sont ces billets qu’on manipule le plus souvent. Dans les Etats d’Afrique Centrale ayant en commun l’usage du Franc CFA comme monnaie, les billets abîmés doivent généralement être repérés par les banques puis renvoyés à la Banque Centrale. Pour qu’on ne les utilise plus et pour éviter la copie, les billets usés sont alors broyés à l’aide de machines. Pour les remplacer, d’autres billets sont imprimés. 

La longue vie des pièces

Les pièces sont beaucoup plus solides, elles ont une durée de vie bien plus importante que les billets. Néanmoins, à force de circuler, il arrive aussi qu’elles s’usent. Elles sont alors renvoyées à la Banque Centrale via les banques. Grâce à une machine spéciale, elles sont marquées comme endommagées pour ne plus être utilisées. Le métal de ces pièces est ensuite recyclé. 

Malheureusement, la procédure telle que developpée ci- dessus n’est pas scrupuleusement observée par les banques commerciales d’une part, à savoir CBCA, Eco Bank, Bisic, BPMC, et la Banque Centrale, d’autre part. Au lieu de communiquer régulièrement,  à travers une campagne de sensibilisation  du citoyen et de tout usager du Franc CFA par voie de presse écrite ou en ligne et sur les antennes des radios communautaires et privés, sur l’importance de leur rôle dans l’émission de la monnaie et dans leur circulation, d’une part, et sur l’obligation faite à tout détenteur d’un billet ou d’une pièce détérioré de ne pas le refuser, sous peine de poursuites judiciaires, et le faire changer à la banque à charge de le faire parvenir à la banque centrale, il a été décidé d’une pratique qui est loin d’être tout sauf une solution idoine à ces désagréments : faire changer seulement et individuellement tout billet détérioré et une fois dans la semaine directement à la banque centrale. D’où l’interprétation erronée de cette décision dans la conscience collective comme étant un refus tacite de prendre et d’échanger les billets ou les pièces détériorés par les banques et la banque centrale.

 Fort de ce qui précède, il est donc important que le directeur général de la Beac, Ali Chaïbou, qui a eu tout récemment le mérite de rappeler aux responsables des différentes banques commerciales de la place les missions devant être assumées par leur institution en vue d’améliorer la qualité de leurs services, puisse faire sienne cette revendication.

Kassa Mo Gonda

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here